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L’exil intérieur qui fait plus mal qu’une harga

8 novembre 2009

M. MOHAMMEDI

L’Algérie profonde (Mardi 01 Octobre 2002)


NOIR ET BLANC

CHRONIQUE DE MUSTAPHA MOHAMMEDI

Par : MUSTAPHA MOHAMMEDI

C’est l’incroyable histoire d’un fonctionnaire acariâtre mais droit comme un i qui a décidé, un jour, de s’enfermer chez lui et de zapper le monde entier.
Pour dire à la cité que sa plèbe autant que son élite  lui donnaient envie de vomir et que ni l’une ni l’autre ne méritaient d’être fréquentés.


Bref, l’homme avait décrété de baisser le rideau. Terminé le monde extérieur. Non pas qu’il avait quelque chose à reprocher à quelqu’un en particulier dans ce gros bourg de Hammam Bouhadjar à l’ouest d’Oran, mais parce qu’il n’arrivait plus à encadrer tous les villageois. Élevé à la spartiate et à la dure école de la rigueur, qui veut que l’on dise blanc quand c’est blanc et noir quand c’est noir, même si cela déplaisait et surtout quand cela déplaisait, ce commis de l’État, exceptionnel, que ses chefs appréciaient pour son franc-parler, s’était juré, une fois la retraite acquise, de ne plus franchir le seuil de sa porte.
Pour ne plus voir ses contemporains. Du plus riche au plus pauvre.
Il s’était juré de ne plus les approcher, de ne plus les croiser et encore moins de leur parler.
Il s’était volontairement retiré du circuit pour éviter de se frotter aux ploucs et aux voisins des ploucs. Mais pourquoi un homme, qui a servi avec tant de passions ses semblables, en était-il arrivé là ? Qu’est-ce qui a bien pu déclencher en lui ce rejet des autres au point de se terrer et de s’isoler ad viternum
dans sa maison ?
Il avait pourtant toute sa tête.
Ce qui le dérangeait au plus haut point et lui pendait au nez, c’était le laxisme des chefs qu’il a connus et leur hogra, le caporalisme de leurs supplétifs, l’à-plat-ventrisme de leurs administrés, leur lâcheté aussi.
Il s’était rendu compte que le microcosme dans lequel il vivait n’était qu’un sac de vipères où la paresse était érigée en institution et l’hypocrisie en valeur sûre.
Ce fonctionnaire modèle, qui est mort en 2005, a passé les dix dernières années de sa vie reclus dans sa tour, comme un moine dans sa cellule, entouré par l’amour des siens.
Il n’a pas eu besoin d’affronter clandestinement la furie des eaux pour on ne sait quel rivage.
Il a choisi un exil intérieur qui fait plus mal qu’une harga.

M. M

À propos de Artisan de l'ombre

Natif de Sougueur ex Trézel ,du département de Tiaret Algérie Il a suivi ses études dans la même ville et devint instit par contrainte .C’est en voyant des candides dans des classes trop exiguës que sa vocation est née en se vouant pleinement à cette noble fonction corps et âme . Très reconnaissant à ceux qui ont contribué à son épanouissement et qui ne cessera jamais de remémorer :ses parents ,Chikhaoui Fatima Zohra Belasgaa Lakhdar,Benmokhtar Aomar ,Ait Said Yahia ,Ait Mouloud Mouloud ,Ait Rached Larbi ,Mokhtari Aoued Bouasba Djilali … Créa blog sur blog afin de s’échapper à un monde qui désormais ne lui appartient pas où il ne se retrouve guère . Il retrouva vite sa passion dans son monde en miniature apportant tout son savoir pour en faire profiter ses prochains. Tenace ,il continuera à honorer ses amis ,sa ville et toutes les personnes qui ont agi positivement sur lui

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