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« J’ai écrit un roman qui dit des vérités dérangeantes »

4 novembre 2009

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« J'ai écrit un roman qui dit des vérités dérangeantes »

Hamid Grine-Écrivain et Prix des libraires algériens 2009

« J’ai écrit un roman qui dit des vérités dérangeantes »

Si je vois la réaction du public et de certains journalistes, je me dis que j’ai touché le mou, comme on dit dans le jargon journalistique. Il ne fera pas long feu a été bien accueilli, car c’est un roman qui dit des vérités dérangeantes.

Le journaliste et romancier, Hamid Grine, auteur du best-seller, Lakhdar Belloumi, un footballeur algérien (20 000 exemplaires vendus en un seul mois en 1986), Cueille le jour avant la nuit, Chronique d’une élection pas comme les autres, La Nuit du henné ou encore La dernière prière, vient de se voir décerner le prix Aslia 2009, celui des libraires algériens.

-  Hamid Grine, vous venez de recevoir le Prix des libraires algériens pour votre nouveau roman, Il ne fera pas long feu. Une distinction, une reconnaissance de vos pairs…

Toute distinction fait plaisir. Ce prix a d’autant plus d’importance à mes yeux qu’il est décerné par des libraires, des gens de métier qui ont une prise directe sur le réel. Ils savent quel est l’auteur qui est apprécié par les lecteurs et celui qui ne l’est pas. Ce sont des démystificateurs. Impossible de tricher avec eux. Aucun auteur ne peut jouer au matador avec eux. Le Prix des libraires est apprécié, ici comme ailleurs, car, pour une fois, ce ne sont pas les éditeurs ou les puissances de l’argent qui font la loi, mais les lecteurs.

-  Votre style cursif s’affine et se cisèle au gré de vos romans…

J’ai toujours été un fervent adepte de l’empan des huit mots. J’ai toujours préféré l’écriture de Gide, Montherlant, Chateaubriand à celle de Proust. Je n’aime pas les adjectifs et les adverbes, ce cholestérol de la phrase.

-  La Dernière prière a révélé le romancier et Il ne fera pas long feu est plus abouti…

Je ne sais pas si Il ne fera pas long feu est plus abouti ou non que La Dernière prière. Je sais seulement qu’un grand écrivain algérien m’a dit que La dernière prière est à ses yeux l’un des romans les plus puissants de ces dix dernières années en Algérie.

-  Votre nouveau roman Il ne fera pas long feu est une immersion dans le monde de la presse avec ses sujets qui dérangent et fâchent…

Vous savez, je connais très bien le monde de la presse pour avoir été journaliste. je le connais aussi de l’autre côté du miroir. Si je vois la réaction du public et de certains journalistes, je me dis que j’ai touché le mou, comme on dit dans le jargon journalistique. Il ne fera pas long feu a été bien accueilli, car c’est un roman qui dit des vérités dérangeantes. il évoque aussi bien le féroce appât du gain de certains petits patrons de presse prêts à vendre leur âme au plus offrant pour s’enrichir personnellement, que la triste condition de beaucoup de journalistes talentueux.

-  Est-ce un roman pamphlétaire, épidermique bien que fictif, comme vous le soutenez au début du livre ?

C’est une réaction à un état de fait. je n’aurais pas écrit ce roman, j’aurais peut-être eu l’urticaire ou une autre allergie. L’histoire de Hassoud s’est imposé à moi. je l’ai écrite d’une traite. Réaction épidermique donc.

-  Le héros pour ne pas dire le « méchant », Hassoud, n’a pas bonne presse.. ?

Hassoud n’est que le reflet adouci d’une certaine catégorie de personnes. croyez moi, il y a pire que lui. Hassoud n’est pas tout à fait noir. Il y a en lui, ici et là, quelques rayons de lumière. il est comme nous, ni tout à fait noir ni tout à fait blanc. seulement en lui, il y a plus de noirceur que chez le commun des mortels.

-  Vous parlez beaucoup de loosers, hommes, dans vos romans. Cependant, la femme est une espérance…

pour moi, la femme est toujours synonyme d’espérance. Sans les encouragements, les suggestions, et la disponibilité de mon épouse qui m’a débarrassé de toutes les contingences domestiques, je n’aurais jamais pu écrire autant de livres. J’ai toujours pensé que l’homme est d’abord le fils d’une femme. La mère aime ses enfants avec ses tripes, quand le père les regarde souvent avec méfiance ou irritation. bien entendu, ce n’est pas une règle générale.

-  Pensez-vous à des ingrédients pour « épicer » votre intrigue ?

Quand j’écris un roman, j’y pense tout le temps. il m’obsède jusqu’à ce que je le termine. Ses personnages m’entourent, habitent avec moi, sont en moi… Quant aux intrigues, elles viennent au fur et à mesure du récit.

-  Vos romans sont des succès en librairie en Algérie…

Oui, j’ai cette chance. Tous mes romans ont été réédités, au moins à 2000 exemplaires. Cueille le jour avant la nuit vient de connaître sa cinquième réédition, c’est à dire qu’il s’est vendu à plus de 5000 exemplaires. A chaque vente-dédicace, je signe beaucoup d’ouvrages. Vous en avez été témoin. J’ai des témoignages d’affection et de respect de mes lecteurs. Et c’est ça qui compte.

-  Au fil de vos ventes-dédicaces, nous avons appris de certains de vos lecteurs, professeurs dans de grandes écoles supérieures, que vos textes sont enseignés par eux aux élèves de ces écoles…

Oui, et ça me fait vraiment plaisir. lors de ma dernière vente-dédicace, une lectrice m’a appris que pour sa thèse de doctorat, elle travaille sur Le café de Gide. Elle a fait plus de 400 kilomètres pour me le dire.

-  Bien que vous faites l’unanimité, il y a des détracteurs…

Heureusement que j’ai des détracteurs. Je les adore mes détracteurs. Si on mesure l’importance d’un romancier au nombre de ses détracteurs, je pense sincèrement que j’occupe une place de choix dans le monde des écrivains algériens. je dis donc à mes adorables détracteurs : soyez encore plus nombreux ! Plus sérieusement, je voudrais simplement vous dire que le premier écrivain qui m’a appelé pour me féliciter est Yasmina Khadra. Cet appel m’a fait d’autant plus plaisir qu’il provient de notre plus grand écrivain.

-  Cueille le jour avant la nuit vient d’être publié en version audio (lecture en arabe), une première…

Et j’en suis très fier. Selon mon éditeur, c’est une première en Algérie. La version arabe est lue par le talentueux écrivain Abderrazak Boukoba, alors que la version française est le fait du non moins talentueux M’hammed Larbi Bouzina. deux poètes, deux potes, d’une extrême sensibilité. Comme ce sont des versions destinées aux non voyants, j’ai cédé mes droits.

-  Et puis, La dernière prière et La Nuit du henné vont être adaptés au cinéma…

Si tout se passe bien, c’est Amar tribèche qui réalisera La dernière prière ; Rachid Dechemi, quant à lui, travaille depuis longtemps sur La nuit du henné. Quant à il ne fera pas long feu, Bachir Deraïs a pris option. il faudrait simplement que je précise qu’il n’est pas aisé de produire un film digne de ce nom en Algérie. Selon Bachir, il faut au moins cinq années pour passer de la phase intention à la phase action. Mais j’ai bon espoir qu’on voie ces romans au cinéma. Vous imaginez Hawas, Maâmar et Hassoud à l’écran… Allez faites le casting…

-  Que pensez-vous du Sila version complexe olympique ? Comment l’écrivain que vous êtes a vécu ce changement ?

Pour moi, une grande souffrance. Je raconte ce que j’ai vécu. Je m’explique. J’avais une vente-dédicace samedi dernier de 14h à 18 h. A 16h30, à la grande déception de mes lecteurs et du staff d’Alpha, je suis parti chez moi. Pourquoi ? Pour la simple raison que je suis hypertendu, sous médicaments diurétiques et que je devais aller plus souvent aux sanitaires. Hélas, à chaque fois, c’était une chaîne de plus de 70 personnes qui attendait. Que faire ? Aller dans la nature. J’ai préféré partir chez moi. C’était plus décent. Pour ne rien aranger, je suis aussi asmathique et j’étouffais littéralement dans l’humidité et la chaleur du stand. Ce Sila n’est pas fait pour les écrivains malades ni pour les malades tout court. Et puis, quelle cohue pour rentrer dans la tente ! j’ai failli me faire piétiner. Ce chapiteau érigé à la va-vite me rappelle les tentes des sans-abris. Et l’espace d’une vente-dédicace écourtée, j’étais un sans-abri…

Biographie :

- Lakhdar Belloumi, footballeur algérien (essai, Enal, 1986)
- Onze champions dans le miroir (essai, ENAL, 1988)
- L’Almanach des sports collectifs algériens (essai, ANEP, 1990)
- L’Entente, la légende du second souffle (essai, Dahleb, 1990)
- L’Algérie en Coupe d’Afrique (essai, coauteur, Anep 1990)
- Ombres et lumières de la boxe en Algérie (essai, Cnids, 1999)
- L’Almanach des sports individuels algériens (essai, Cnids, 1999)
- Comme des ombres furtives (essai, Casbah, 2004)
- Chroniques d’une élection pas comme les autres (essai, Alpha, 2004)
- Cueille le jour avant la nuit (essai, Alpha, 2005)
- La Dernière prière (roman, Alpha, 2006)
- La Nuit du henné (roman, Alpha, 2007)
- Le Café de Gide (roman, Alpha, 2009)
- Il ne fera pas long feu (roman, Alpha, 2009)

El Watan Edition du 4 novembre 2009

L’info. au quotidien

Par K. Smaïl

À propos de Artisan de l'ombre

Natif de Sougueur ex Trézel ,du département de Tiaret Algérie Il a suivi ses études dans la même ville et devint instit par contrainte .C’est en voyant des candides dans des classes trop exiguës que sa vocation est née en se vouant pleinement à cette noble fonction corps et âme . Très reconnaissant à ceux qui ont contribué à son épanouissement et qui ne cessera jamais de remémorer :ses parents ,Chikhaoui Fatima Zohra Belasgaa Lakhdar,Benmokhtar Aomar ,Ait Said Yahia ,Ait Mouloud Mouloud ,Ait Rached Larbi ,Mokhtari Aoued Bouasba Djilali … Créa blog sur blog afin de s’échapper à un monde qui désormais ne lui appartient pas où il ne se retrouve guère . Il retrouva vite sa passion dans son monde en miniature apportant tout son savoir pour en faire profiter ses prochains. Tenace ,il continuera à honorer ses amis ,sa ville et toutes les personnes qui ont agi positivement sur lui

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