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Une journée pour la justice planétaire

23 octobre 2009

Non classé

Une journée pour la justice planétaire

par Peter Singer*

Ce que nous
infligeons à notre planète, à nos enfants et à nos petits enfants, et aux
déshérités, par notre insouciante production de gaz à effet de serre, est une
des offenses majeures de notre ère. Le 24 octobre prochain, vous pouvez vous
exprimer contre cette injustice.
Suite...

 Le 24 octobre est le Jour 350. Ce nom
provient du nombre de parts de carbone par million dans l’atmosphère – un seuil
que nous ne devrions pas dépasser si nous voulons éviter un changement
climatique majeur selon Jim Hansen, sans doute un de nos plus éminents
climatologues aujourd’hui. Il mesure l’importance du problème puisque nos
émissions de CO2 ont déjà atteint 386 ppm et augmente de deux ppm chaque année.

 Cette nécessité de réduire les gaz à effet de
serre se fait de plus en plus pressante au fur et à mesure que les prédictions
du réchauffement climatique (dénoncées comme ‘alarmistes’ lorsqu’elles furent
exprimées la première fois il y a quelques années) s’avèrent trop prudentes.
Nous approchons un point de non retour où le réchauffement climatique sera
inévitable, quoique nous fassions.

 La fonte des glaciers arctiques en est un
exemple. Il y a 400 ans, des explorateurs tentaient de trouver le légendaire
‘Passage du Nord-est’ entre le nord de l’Europe et de la Russie et la Chine.
Ils découvrirent une glace arctique impénétrable et durent abandonner leur
projet. Cette année, des bâtiments commerciaux ont navigué sans problème le
long de ce Passage du Nord-est.

 Ce n’est qu’un des nombreux signes
dramatiques montrant que le changement climatique est en marche et que notre planète
est plus chaude qu’elle ne l’a été depuis longtemps. Mais des eaux arctiques
sans glaciers sont plus qu’un symptôme du réchauffement climatique. Ells en
sont aussi une des causes : la glace et la neige réverbèrent les rayons du
soleil.

 Une surface sans glace absorbe plus de
chaleur du soleil qu’une surface couverte de glace ou de neige. En d’autres
termes, nos émissions de gaz à effet de serre ont, en provoquant un
réchauffement qui a permis la fonte des glaciers arctiques, créé un effet
rétroactif qui génèrera plus de réchauffement et plus de fonte des glaces, même
si nous devions interrompre toute production de gaz à effet de serre demain.

 D’autres effets rétroactifs posent un risque
similaire. En Sibérie, de vastes quantités de méthane, un gaz à effet de serre
extrêmement puissant, sont contenues dans ce que l’on avait coutume d’appeler
le ‘permafrost’, des régions dans lesquelles on pensait que les sols étaient
définitivement congelés. Mais certaines régions connaissent aujourd’hui une
fonte de leurs sols, libérant ainsi le méthane qui contribue au réchauffement,
et donc plus de fonte, ce qui libère encore plus de méthane.

 Les pays développés commencent à peine à
réaliser l’énormité des incidences des gaz à effet de serre. Lors du Sommet des
Nations Unies sur le changement climatique en septembre dernier, le président
rwandais Paul Kagame a déclaré que, alors que les pays développés hors Afrique
sont presque entièrement responsables du problème, son impact se fera
probablement sentir majoritairement en Afrique, continent dont les moyens pour
faire face à ce défi sont limités.

 Kagame a alors suggéré d’accorder à chaque
pays un quota d’émissions de CO2 par habitant et d’autoriser les pays
développés qui seraient en dessous de ce quota à échanger leur excédent de
quota avec les pays qui seraient au-dessus. L’argent que recevraient les pays
en développement ne représenteraient pas une aide financière mais plutôt une
reconnaissance des pays riches admettant qu’ils doivent payer pour quelque
chose qu’ils se sont appropriés dans le passé : bien plus que la simple part de
la capacité de notre atmosphère à absorber nos rejets de gaz.

 Le Sri Lanka s’est aligné sur cette
proposition, en s’appuyant sur des études faites par le panel
intergouvernemental des Nations Unies sur le changement climatique qui ont
calculé qu’en 2008, les émissions de carbone acceptables en terme
d’environnement ne devaient pas dépasser plus de 2,172 kilogrammes par
personne. En fait, les émissions mondiales par habitant étaient de 4,700
kilogrammes, soit plus du double des émissions acceptables.

 Mais alors que les émissions des pays riches
étaient largement au dessus des limites autorisées, les émissions du Sri Lanka
n’étaient que de 660 kilogrammes, et donc largement en dessous. Comme l’a
indiqué le gouvernement Sri Lankais, « ceci signifie que les pays qui émettent
peu, comme nous, ne pourraient pas émettre plus car notre marge a déjà été
exploité par les pays développés ou par les pays lourdement pollueurs, et ceci
sans notre consentement.»

 Cette situation est une injustice
phénoménale. Elle évoque, à une échelle bien supérieure, le colonialisme des
puissances occidentales au XIXème siècle. Il faudra impérativement mettre en
œuvre les actions nécessaires pour y remédier lors du rendez-vous sur le
changement climatique à Copenhague en décembre prochain.

 De nombreux responsables politiques ont
exprimé leur soutien en faveur d’une action forte sur le changement climatique.
Mais ce qu’ils considèrent comme une « action forte » ne sera pas suffisant
pour redescendre sous les 350 ppm. Dans certains pays, y compris aux
Etats-Unis, il demeure encore trop d’obstacles politiques pour mettre en place
même les étapes les plus élémentaires.

 Le 24 octobre, les peuples de presque tous
les pays organiseront des actions pour faire prendre conscience de la nécessité
d’un traité international pour ramener notre atmosphère en dessous 350 ppm de
CO2. Des escaladeurs planteront des drapeaux sur les sommets Himalayens, où la
fonte des glaces est déjà importante, et des plongeurs se rendront à la grande
barrière de corail au large de l’Australie, elle aussi en danger à cause du
changement climatique.

 Les cloches des églises sonneront 350 fois,
350 cyclistes circuleront dans les villes et 350 arbres seront plantés dans de
nombreux endroits. Vous trouverez des informations sur les actions organisées
près de chez vous sur www.350.org pour y participer ou pour contribuer vos
propres idées. Mais ne restez pas immobile en espérant que les autres en feront
assez pour que l’impact soit suffisant. Un jour, vos petits enfants vous
demanderont : qu’as-tu fait pour relever le plus grand défi de notre époque ?

Traduction de
l’américain par Frédérique Destribats

*Enseigne la
bioéthique à l’université de Princeton et est professeur lauréat au centre de
philosophie appliquée et d’éthique publique de l’université de Melbourne

À propos de Artisan de l'ombre

Natif de Sougueur ex Trézel ,du département de Tiaret Algérie Il a suivi ses études dans la même ville et devint instit par contrainte .C’est en voyant des candides dans des classes trop exiguës que sa vocation est née en se vouant pleinement à cette noble fonction corps et âme . Très reconnaissant à ceux qui ont contribué à son épanouissement et qui ne cessera jamais de remémorer :ses parents ,Chikhaoui Fatima Zohra Belasgaa Lakhdar,Benmokhtar Aomar ,Ait Said Yahia ,Ait Mouloud Mouloud ,Ait Rached Larbi ,Mokhtari Aoued Bouasba Djilali … Créa blog sur blog afin de s’échapper à un monde qui désormais ne lui appartient pas où il ne se retrouve guère . Il retrouva vite sa passion dans son monde en miniature apportant tout son savoir pour en faire profiter ses prochains. Tenace ,il continuera à honorer ses amis ,sa ville et toutes les personnes qui ont agi positivement sur lui

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