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L’enfant

10 octobre 2009

1.Lu pour vous

L’enfant

L’enfant

de Jules Vallès

[Littérature classique]

Editeur : Gallimard
Publication : 6/7/2000
Nombre de pages : 411 pages     ISBN : 2070412873

Première publication : 1879

Résumé du livre


Fils de professeur de collège et d’une paysanne bornée, Jacques Vingtras, double de Vallès, est dès le plus jeune âge, instruit à l’école du malheur. Sous prétexte de l’aguerrir, on s’ingénie à lui rendre la vie dure, on finit par lui reprocher le pain qu’il mange. Et il brûle du désir de quitter cette maison maudite.

 


À propos de Artisan de l'ombre

Natif de Sougueur ex Trézel ,du département de Tiaret Algérie Il a suivi ses études dans la même ville et devint instit par contrainte .C’est en voyant des candides dans des classes trop exiguës que sa vocation est née en se vouant pleinement à cette noble fonction corps et âme . Très reconnaissant à ceux qui ont contribué à son épanouissement et qui ne cessera jamais de remémorer :ses parents ,Chikhaoui Fatima Zohra Belasgaa Lakhdar,Benmokhtar Aomar ,Ait Said Yahia ,Ait Mouloud Mouloud ,Ait Rached Larbi ,Mokhtari Aoued Bouasba Djilali … Créa blog sur blog afin de s’échapper à un monde qui désormais ne lui appartient pas où il ne se retrouve guère . Il retrouva vite sa passion dans son monde en miniature apportant tout son savoir pour en faire profiter ses prochains. Tenace ,il continuera à honorer ses amis ,sa ville et toutes les personnes qui ont agi positivement sur lui

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Une réponse à “L’enfant”

  1. Artisans de l'ombre Dit :

    “L’enfant”

    (1879)

    Roman

    Jacques, le narrateur, a au début du récit, cinq ans. Le chapitre 1, intitulé « Ma mère », fait le portrait d’une paysanne aux conceptions archaïques, bornée, sournoise, oppressive et injuste, qui ne cesse de le fouetter : «Ma mère dit qu’il ne faut pas gâter les enfants et elle me fouette tous les matins ; quand elle n’a pas le temps le matin, c’est pour midi et rarement plus tard que quatre heures». Son père, petit instituteur de campagne, est moins arriéré, mais il fait également preuve d’une violence issue d’un sentiment de frustration sociale. Sous prétexte de l’aguerrir, on s’ingénie à lui rendre la vie rude, on le crétinise à longueur de journées, on finit par lui reprocher le pain qu’il mange. Quoi qu’il fasse, le pauvre garçon, qui est triste et seul, ne parvient jamais à gagner l’affection de ses parents. Heureusement, «la Famille» comporte un certain nombre d’oncles et de tantes, qui sont plus sympathiques, des cousines aussi, qu’il regarde énamouré (chapitre 2).

    C’est dans cette atmosphère viciée qu’il fait ses études, car, après l’oppression maternelle, il connaît une autre oppression dans un collège où on mange mal, où on est surveillé et puni et où il subit l’absurdité et la cruauté de l’éducation. Les professeurs sont d’affreux pédants. L’un d’eux, un philosophe ridicule, prétend même lui apporter les preuves de l’existence de Dieu (chapitre 3). Bien qu’il soit assez doué, il prend vite en aversion les «humanités». Il est écœuré par le latin et le grec, matières dont il ne perçoit pas la finalité, qui lui paraissent aussi barbares l’une que l’autre, qu’il «avale comme de la boue». Qu’il s’agisse de Thémistocle, de Scipion ou d’Amilcar, il se sent incapable de leur prêter sa voix pour haranguer des soldats qu’il n’a jamais vus. Aussi brûle-t-il du désir de déserter cette maison maudite. Il évoque aussi les rues et les magasins de «la petite ville», ainsi que «la toilette» ridicule dont sa mère l’affuble (chapitres 4 et 5). Heureusement, les vacances apportent une détente, car il y retrouve un semblant de liberté, un univers naturel, plein de sauvagerie (chapitre 6). Mais il faut rentrer et «les joies du foyer» ne lui proposent que des plaisirs peu chers ou gâchés (chapitre 7), même si un cirque égaie la grisaille du quotidien (chapitre 8, “Le fer-à-cheval »).

    Son père est nommé à Saint-Étienne, occasion d’une scène entre le mari et sa femme, et toute la famille déménage avec lui (chapitre 9). Or ce père dont il est le martyr, il n’hésite pas à le défendre quand il voit insulté par un tiers, fût-ce le plus justement du monde. Il se bat en duel, un duel à l’épée qui ne tourne pas à son avantage. Perdant son sang, il retourne au logis et passe la chose sous silence. Il y a heureusement de «braves gens», un cordonnier et un épicière grâce auxquels on peut parfois jouer (chapitre 10). Mais «le lycée» est pénible : Jacques y apprend la sournoiserie et l’ennui, malgré la lecture de “Robinson Crusoé” (chapitre 11). «Frottage», «gourmandise», «propreté» sont d’autres «joies» de la famille : les repas sont toujours pénibles car il faut manger ce que l’on n’aime pas et laisser ce qu’on préfère (chapitre 12). Et les vieilles habitudes maternelles resurgissent. «L’argent» est épargné férocement (chapitre 13).

    Un «voyage au pays», le Velay, donne un peu plus de liberté : on y mange et aime à son gré (chapitre 14). D’où certains «projets d’évasion» (chapitre 15), quand il faut rentrer à la maison qui est agitée par «un drame» : celui des infidélités du père qui cherche du réconfort dans d’autres bras (chapitre 16). “Souvenirs » rappelle deux chagrins du narrateur (chapitre 17). Puis c’est «le départ» vers Nantes où la mère du narrateur ne cesse de lui faire honte, tout en exploitant cruellement ses domestiques successives (chapitre 18), avant le départ vers Nantes, Jacques évoque ses souvenirs. Sa mère ne cesse de lui faire honte. Elle se montre également intraitable et cruelle envers les domestiques successives qu’elle exploite. «Louisette», la fille d’un ami de la famille, meurt des mauvais traitements infligés par son père (chapitre 19).

    Jacques rapporte, dans “Mes humanités », ses réussites hypocrites de bon élève (chapitre 20). Mais, à la suite d’une aventure avec «Madame Devinol» (chapitre 21), il est envoyé à «la Pension Legnagna» à Paris (22). “Madame Vingtras à Paris » parce qu’après son échec au baccalauréat, elle vient chercher son fils (chapitre 23) pour « Le retour à Nantes” (chapitre 24). C’est « La délivrance »: se réconciliant avec son père après avoir pris sa défense dans un ultime affrontement avec la mère, Jacques annonce sa décision : il sera ouvrier, trahissant ainsi les ambitions de ses parents (chapitre 25).

    Commentaire

    Ce roman autobiographique est dédié «À tous ceux qui crevèrent d’ennui au collège ou qu’on fit pleurer dans la famille, qui, pendant leur enfance, furent tyrannisés par leurs maîtres ou rossés par leurs parents….» Jules Vallès entendait jeter un cri d’alarme. Dès la dédicace, il dénonçait une double oppression :

    - celle d’abord d’une mère horrible, avare, ridicule et sadique, paysanne qui s’est mariée à un petit professeur, faible, inquiet pour sa carrière, et elle se venge de son inadaptation sociale en brimant son enfant dans ses joies et ses désirs, et en l’incitant ainsi à une révolte permanente ;

    - celle de l’école où la plupart des adultes sont eux-mêmes infantilisés et où l’enfant apprend seulement le mensonge et la bassesse : on y trafique les fausses exemptions, on y flatte l’inspecteur et les pouvoirs politiques.

    À la bêtise, à l’avarice et surtout à une cruauté qui ne peut qu’en susciter une autre en retour, le narrateur oppose les plaisirs naturels et simples de la liberté :

    - quand des vacances lui permettent de retrouver une campagne odorante, savoureuse ;

    - quand l’absence de la mère ou son inattention lui permettent d’aller au cirque, de rencontrer une jolie cousine ;

    - quand les paysans ou les artisans l’intègrent dans une vie souriante et pratique qui l’attirera tant qu’il voudra la partager pour toujours.

    Vallès aborda de front, et sans ménagements le problème de l’enfance malheureuse, blessée dans son cœur ou dans sa chair. Il dévoila le drame d’une éducation fondée sur la violence qui méconnaît les droits essentiels de l’enfance, une éducation livresque qui empêche un garçon de devenir un simple ouvrier pour en faire une bête à concours un bachelier, un inutile que guette la misère la plus noire, qui favorise le développement d’un prolétariat intellectuel, composé d’une cohue de déclassés et de ratés inassimilables. Car, dans son esprit, l’histoire de Jacques Vingtras, c’était non seulement sa propre histoire, mais encore, comme l’a fortement dit Léon Daudet, «la personnification de l’enfant dont toutes les tendresses natives ont été étouffées par les premières oppressions ; qui, né oiseau, s’est tout d’abord meurtri la tête aux barreaux d’une cage». Il se dégage du livre de terribles leçons pour les parents car que pouvait-il attendre des siens en matière d’éducation? Vingtras ressent très tôt un désir de révolte, et grandit en lui une haine diffuse envers le monde qu’il conserva toute sa vie.

    Vallès brosse aussi un tableau de la vie de province.

    Mais cette lecture serait réductrice car elle ignorerait le vrai charme du livre qui est avant tout celui d’un style aigu : point de narration suivie, mais des anecdotes, des instantanés, des «moments» rassemblés dans des chapitres souvent hétéroclites, des séquences rapides, ponctuées d’exclamations, d’éléments ironiques (l’autodérision est permanente) ou sarcastiques (la pension Legnagna !) car, quoique, d’un bout à l’autre, il voie les choses en noir, il se garde bien de montrer un esprit trop systématique. En effet, toutes les fois que l’occasion s’en présente, il tempère son récit par un brin d’humour et par des trouvailles d’une exquise délicatesse.

    Il fait preuve aussi d’une poésie toute particulière, sensible aux odeurs et aux images, qui fait voir les brioches comme de gros nez et sentir la poudre d’un jour d’orage… Battant en brèche les clichés littéraires, les Grecs et les Latins, faisant découvrir un monde social vrai, des sentiments forts, même durs, “L’enfant” propose une vision décapante, qui laissa la critique partagée, mais à laquelle furent sensibles des lecteurs aussi différents que Barbey d’Aurevilly ou Paul Bourget. Car, parmi tous les livres qui ont été consacrés à l’enfant, inquiet ou martyr, qui connurent la faveur du public, aucun n’éclipse, n’égale ou même n’approche, par son intérêt dramatique ou par sa perfection artistique, ce roman qui demeure sans conteste le chef-d’œuvre du genre.

    Le roman fut d’abord publié en 1878 à Paris en feuilleton dans “Le siècle” sous le titre de “Jacques Vingtras” et sous le pseudonyme de La Chaussade. Le titre “L’enfant” et le nom de Vallès apparurent dans la troisième édition, en 1881. Jeté dans la mêlée naturaliste, il fut salué d’acclamations et de vitupérations tout ensemble, ce qui est le signe certain d’un triomphe complet.

    ‘’L’enfant’’, de Jules Vallès, roman méconnu mais fondateur de la littérature du XXe siècle. Une ode drôle et déchirante à l’enfance malheureuse,

    Ex-gosses rossés qui n’avez pas été nourris au lait de la tendresse, ce livre est pour vous. Heureux chérubins

    qui avez échappé à l’enfer, ce livre est pour vous. ‘’L’enfant’’ raconte les misères du jeune Jacques Vingtras, alias Jules Vallès. Un Petit Chose qui fut fouetté de bonne heure. En guise de mère, une Folcoche qui a la torgnole et l’humiliation faciles. Le père? Un pion agrégatif froid comme la mort. Bien avant Gide, Vallès lança en 1878 son « Famille, je vous hais » et se met en scène, ancêtre oublié de l’auto-fiction. Une littérature d’ex-môme qui a morflé et qui écrit comme on appuie sur ses bleus, pour savoir si ça fait ma Le gosse ne pardonne pas.

    Mais Vallès n’est pas une pleureuse. Cosette peut-être, mais Guignol d’abord. Il fut donc l’ahuri de service, qui n’en loupe pas une. Rires assurés quand, vêtu en charbonnier pour une fête, il se retrouve par erreur expédié à la plonge pour la nuit : au petit matin, sa mère, venue le chercher se refuse à le reconnaître : « J’étais orphelin », s’ exclame-t-il soulagé. Mais, en voyant sur son derrière « certaine place couturée et violacée », elle s’écria : « C’est mon fils ! » Vallès, qui se contrefiche du ridicule, se déculotte comme jamais en littérature française. Et signe le livre le plus hilarant du XIXe siècle. La voix de l’enfant permettant tout, il se l’approprie avec génie. Tous les infortunés qui ont dû un jour enfiler un beau pantalon qui gratte boiront avec Vallès du petit-lait. Mme Vingtras a encore frappé : redingote rêche avec boutons en noyaux d’olive. L’ironie mord : « Ta mère t’aime et veut te le prouver. Te figures-tu qu’elle te laissera entrer dans ta redingote sans ajouter un grain de beauté, une mouche, un pompon? Tu ne connais pas ta mère, Jacques. » Des sous-pieds sont ajoutés, qui craquent devant toute la société, et voilà le vilain petit canard, grimé en vieillard, qui montre son caleçon. Scandale ! Vallès pousse, en rajoute, comme plus tard Céline, qui l’a lu de très près. Car Vallès, écorché vif, crache, éructe. Logique : son professeur de latin le surnommait « le Volcan». De la sensation, de la force ! Pas de gras chez Vingtras, qui, ballotté, sacrifié petit, se venge, devenu grand, avec des phrases qui claquent. L’écriture elle-même a été une torture : pour la fête du pater familias, il faut faire un mot. Un pâté : une claque. Une rature : une taloche. Finalement, il apporte dans le lit paternel un pot de fleurs qui se renverse.

    Pourquoi un tel humour du désespoir? Vallès écrit en banni. Depuis 1871, le communard, ex-journaliste, vit en exil à Londres. Il relit Dickens, si simple, si familier. Cette liberté, appelée de ses vœux en politique, il va l’appliquer en littérature. Déjà, en 1865, il éreintait Balzac et Sand, qui voient la nature avec « des verres grossissants ». Aux fronts trop grands, il préfère les Petit Chose tragi-comiques. Il est contre l’objectivité, mais pour le « je» vivant, turbulent. Contre les humanités – il faut voir comment il se moque de ses professeurs – et pour une syntaxe moderne, qui fait exploser la langue. À sa parution, on cria à l’ingratitude familiale. Seul Zola salua l’importance littéraire de ce grand récit, qui dit « je» avec une telle insolence. « Quelle joie pour une mère de sentir son fils à sa portée et de se dire : c’est lui, c’est mon enfant, mon fruit, cette joue est à moi – clac ! » À l’heure où les mères congèlent leurs rejetons, Vallès rappelle, avec une ironie féroce, quelques droits de l’enfant.

    _________________________________________________________________________________

    Ce succès incita Jules Vallès à continuer le récit, à la première personne, de la vie de son héros, depuis son arrivée au quartier Latin jusqu’à l’écrasement de la Commune. Deux autres livres s’ajoutèrent donc :

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