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L’Odyssée  ( Homère – viiie siècle av. J.-C.)

27 septembre 2009

1.Lu pour vous

Comme L’Iliade, L’Odyssée   aurait été vraisemblablement composée au milieu du viiie siècle avant J.-C. par le poète grec Homère. Cette épopée de vingt-quatre chants, en hexamètres dactyliques, relate le retour d’Ulysse à Ithaque après la guerre de Troie. Avant de retrouver son foyer, son épouse Pénélope et son fils Télémaque, Ulysse devra accomplir un long et périlleux voyage de dix ans. Inspirée par les récits légendaires rapportant le retour des chefs grecs, L’Odyssée se distingue par la puissance évocatoire de sa langue qui en fait une des œuvres mythiques de notre littérature.

Le retour d’Ulysse

L’œuvre s’ouvre sur quatre chants contant les aventures de Télémaque, parti à la recherche de son père. Télémaque rencontre Nestor, roi de Pylos, Ménélas, roi de Sparte, et recueille les récits du retour de Troie. Mais il ne parvient pas à retrouver son père. L’Odyssée proprement dite commence après cette « Télémachie ». Zeus ordonne à la nymphe Calypso de libérer Ulysse, qu’elle retient prisonnier depuis sept ans. Parti sur un simple radeau, Ulysse est jeté par une tempête sur les côtes de Phéacie. Il est accueilli à la cour du roi Alkinoos, qui lui offre l’hospitalité et le prie de raconter son histoire. Ulysse relate le pillage du pays des Cicones, les douceurs dangereuses des Lotophages, peuple mangeur de « lotos », un fruit qui procure l’oubli, et le passage au pays des Cyclopes, géants effrayants qui n’ont qu’un œil au milieu du front. L’un d’entre eux, Polyphème, dévore les compagnons d’Ulysse, qui parvient à s’échapper en crevant cet œil unique. Poséidon, le dieu marin, père de Polyphème, n’aura de cesse, désormais, de se venger d’Ulysse. Le récit se poursuit par un autre épisode fâcheux : les compagnons d’Ulysse, poussés par la curiosité, ouvrent le sac que son ami Éole lui avait remis et qui tenait prisonniers les vents les plus redoutables. Une tempête se déchaîne, qui fait échouer Ulysse et ses compagnons chez les Lestrygons, des géants cannibales qui les dévorent presque tous. La petite flotte, réduite à un seul navire, aborde ensuite l’île de Circé la magicienne qui métamorphose un groupe de marins en pourceaux. Mais Ulysse, par le charme et la menace, contraint Circé à leur rendre leur apparence primitive. Ulysse évoque ensuite son séjour à l’orée des Enfers, où il consulte le devin Tirésias  , dialogue avec les ombres d’Agamemnon, d’Achille, puis avec celle de sa mère. Le voyage reprend, semé de nouvelles embûches : le chant des Sirènes qui charment les navigateurs et les font périr  , et les deux monstres marins, Charybde et Scylla. Enfin, Ulysse et ses compagnons abordent une île abritant le troupeau de vaches du Soleil : les marins affamés les dévorent, et payent de leur vie ce sacrilège lors d’un ouragan. Seul Ulysse, rescapé, atteint l’île de la nymphe Calypso. Ici se termine le récit d’Ulysse, mais non ses aventures.

Alkinoos le fait ramener à Ithaque, où Ulysse se fait passer pour un mendiant. Les derniers chants relatent les stratagèmes d’Ulysse pour reprendre sa place, tuer les prétendants insolents qui le croyaient mort et courtisaient en vain Pénélope, sa fidèle épouse.

Une épopée initiatique

À la différence de L’Iliade, épopée guerrière, L’Odyssée est une épopée à la fois familière et domestique. La vie quotidienne y est évoquée dans de nombreuses scènes : la plus fameuse est celle où Nausicaa, fille du roi Alkinoos, se rend au fleuve pour laver du linge : « On lava, on rinça tout ce linge sali ; on l’étendit en ligne aux endroits de la grève où le flot quelquefois venait battre le bord et lavait le gravier » (chant VI). De même, Ulysse est un héros plus humain que les valeureux guerriers de L’Iliade : proche de la nature, il est guidé par l’amour de la patrie et du foyer. Assez fort pour résister à la séductrice Calypso ou pour combattre le Cyclope Polyphème, Ulysse pleure au récit de la guerre de Troie fait par l’aède Démodocos, dans le palais d’Alkinoos ; « humain, trop humain », il lui arrive aussi de mentir, de tricher : « Devant les Phéaciens, il eût rougi des pleurs qui gonflaient ses paupières ; mais, à chaque repos de l’aède divin, il essuyait ses pleurs » (chant VIII).

L’Odyssée est également un voyage initiatique, qui suit le schéma classique des rituels : transgression d’un interdit, voyage aux rives de la mort, renaissance. Transgression, car si Ulysse ne peut rentrer à Ithaque, c’est qu’il n’a pas fait de sacrifice aux dieux en quittant Troie. Voyage aux rives de la mort, où le devin Tirésias lui prédit le retour à Ithaque : « Ne songe qu’au retour et je crois qu’en Ithaque, à travers tous les maux, vous rentrerez encor » (chant XI). Renaissance enfin, après une gestation de sept ans dans la caverne de Calypso. Épreuve purificatrice qui précède l’initiation en elle-même, au royaume des Phéaciens, où les dieux parfois partagent le repas des hommes, étape nécessaire avant de se réveiller à Ithaque, après une ultime navigation.

La postérité du poème homérique est particulièrement riche. Tennyson lui consacre deux poèmes, Les Mangeurs de lotus (1832) où Ulysse et ses compagnons s’abandonnent à l’oubli, et Ulysse (1842) où le héros, déçu, laisse Ithaque à Télémaque et s’embarque sans retour. Constantin Cavafy écrit le poème Ithaque, suivi en 1922 par Les Aventures de Télémaque d’Aragon. La même année, James Joyce publie Ulysse, parodie moderne de l’épopée homérique. Jean Giono livre en 1930 la Naissance de « L’Odyssée », mais c’est en 1938 que paraît le grand poème de Nikos Kazantzaki, réécriture magistrale des derniers chants d’Homère, son Odyssée conduisant cette fois Ulysse jusqu’au pôle Sud. Enfin le philosophe Vladimir Jankélévitch analyse la tristesse d’un « Ulysse moderne » et désenchanté dans L’Irréversible et la nostalgie (1976), cette « nostalgie » qui signifie étymologiquement mal du retour.

Le cinéma fait lui aussi une place importante à L’Odyssée, depuis Georges Méliès en 1905, avec L’Île de Calypso, Ulysse et le géant Polyphème, jusqu’à Ulysse de Mario Camerini (1953), ou des adaptations plus libres, tel Ulysse contre Hercule (1962), péplum de Mario Caiano. À l’opéra, Monteverdi lui consacre Le Retour d’Ulysse dans sa patrie (1640).

  • Jean-François PÉPIN
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    À propos de Artisan de l'ombre

    Natif de Sougueur ex Trézel ,du département de Tiaret Algérie Il a suivi ses études dans la même ville et devint instit par contrainte .C’est en voyant des candides dans des classes trop exiguës que sa vocation est née en se vouant pleinement à cette noble fonction corps et âme . Très reconnaissant à ceux qui ont contribué à son épanouissement et qui ne cessera jamais de remémorer :ses parents ,Chikhaoui Fatima Zohra Belasgaa Lakhdar,Benmokhtar Aomar ,Ait Said Yahia ,Ait Mouloud Mouloud ,Ait Rached Larbi ,Mokhtari Aoued Bouasba Djilali … Créa blog sur blog afin de s’échapper à un monde qui désormais ne lui appartient pas où il ne se retrouve guère . Il retrouva vite sa passion dans son monde en miniature apportant tout son savoir pour en faire profiter ses prochains. Tenace ,il continuera à honorer ses amis ,sa ville et toutes les personnes qui ont agi positivement sur lui

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    Une réponse à “L’Odyssée  ( Homère – viiie siècle av. J.-C.)”

    1. serrurier Dit :

      Bonsoir,
      J’ai trouvé votre blog sur Facebook de manière fortuite, et j’ai obtenu un site très charmant à lire.
      Un grand merci de mettre en partage tous ces billets avec nous.
      Continuez encore ;)

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