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Les Misérables  (Victor Hugo – 1862)

27 septembre 2009

Victor Hugo

Alors que Victor Hugo est en exil à Guernesey, où il continue d’affirmer son opposition à Napoléon III, paraissent à Paris en 1862 les dix volumes des Misérables, énorme roman commencé en 1845. Épopée du peuple et de la misère, Les Misérables, en dépit de quelques invraisemblances, constituent un des romans les plus ambitieux et les plus réussis du xixe siècle. Ils composent aussi une fresque historique désenchantée, de la défaite de Napoléon Ier à Waterloo (1815) à la répression des émeutes républicaines de 1832 par la monarchie de Juillet.

 

L’évêque de Digne, Mgr Myriel, accueille le forçat évadé Jean Valjean, et guide sa rédemption en l’innocentant d’un vol qu’il a pourtant commis : « Jean Valjean, mon frère, vous n’appartenez plus au mal, mais au bien. C’est votre âme que je vous achète ; je la retire aux pensées noires et à l’esprit de perdition, et je la donne à Dieu. » Devenu M. Madeleine, Jean Valjean s’installe dans une petite ville, Montreuil-sur-Mer, dont il devient le maire respecté. Pour éviter qu’un innocent soit condamné à sa place, il avoue sa véritable identité. On le renvoie aux galères.

Évadé du bagne, il vit à Paris, adopte une enfant, Cosette qu’il arrache aux griffes des Thénardier, aubergistes louches et cruels. Il échappe pendant de nombreuses années à la traque du policier Javert, et goûte les joies de l’amour paternel. Cosette s’éprend d’un jeune homme, Marius. Lié à des étudiants républicains, celui-ci participe à l’insurrection de 1832, se bat sur la barricade de la rue de la Chanvrerie, où Jean Valjean lui sauve la vie. Il en fait autant avec le policier Javert qui avait repris sa traque. Décontenancé, Javert se suicide. Jean Valjean n’a plus à redouter la police. Toutefois, son honnêteté le conduit à révéler à Marius ce qu’il fut. Ignorant qu’il lui doit la vie, Marius éloigne Cosette de son père adoptif. Mais lorsqu’il apprend toute la vérité sur Jean Valgean, il retourne chez lui en compagnie de Cosette. L’ancien bagnard meurt dans leurs bras, après avoir enfin trouvé la paix.

Le messianisme hugolien

Les Misérables se composent de cinq parties, chacune portant le nom d’un personnage central du roman, à l’exclusion de la quatrième : « Fantine » (mère de Cosette), « Cosette », « Marius », « L’Idylle rue Plumet et l’épopée rue Saint-Denis », « Jean Valjean ». L’histoire de Jean Valjean, véritable héros des Misérables, est celle d’une régénération morale accomplie dans le repentir et le sacrifice. Le drame individuel se hausse aux dimensions du siècle et de la société tout entière. Hugo y développe de véritables analyses sociologiques (« Les Égouts de Paris ») ou historiques (« Waterloo »). Sa critique des bas salaires, de la misère, du chômage poussant au crime participe, de ce fait, à un courant humanitaire désireux de réformer la société. Mgr Myriel définit la voie étroite, mais humaine, dévolue à chacun : « être un saint, c’est l’exception ; être un juste, c’est la règle. Errez, défaillez, péchez, mais soyez des justes. Le moins de péché possible, c’est la loi de l’homme. Pas de péché du tout est le rêve de l’ange. » La dénonciation de l’appareil judiciaire, du Code pénal impitoyable aux pauvres fondent la philosophie sociale des Misérables.

Hugo avait projeté une œuvre-message, à la fois sociale et religieuse, le roman devenant « une espèce d’essai sur l’infini » (lettre à Frédéric Morin, 21 juin 1862). L’univers du livre est fondé en effet sur l’intime conviction d’un pardon universel ne laissant aucun crime sans rachat. Chez Jean Valjean, la purification s’effectue par la souffrance, guidée par le sentiment de la liberté morale. Ainsi, l’aveu de M. Madeleine lave Jean Valjean de toute souillure : « Messieurs les jurés, faites relâcher l’accusé. Monsieur le président, faites-moi arrêter. L’homme que vous cherchez, ce n’est pas lui, c’est moi. Je suis Jean Valjean. » L’écriture des Misérables va transposer sur le plan politique et social les grands thèmes de cette philosophie morale. La foi dans le progrès rejoint le fidéisme : améliorer la condition humaine n’est pas contradictoire avec le progrès de l’âme en chemin vers Dieu.

Pourtant, Les Misérables, comme Les Contemplations, manifestent aussi la profondeur du sentiment tragique de la vie. Proche du mélodrame, la trame romanesque est fertile en coups de théâtre séparant les personnages et la société en deux parties. Vision parfois simpliste, opposant radicalement bien et mal, lumière et ténèbres. La narration reprend les thèmes des Contemplations (1856) – bonheur simple de la famille, action politique, enfants opprimés, inéluctabilité de la mort. L’élan lyrique est porté par les personnages de Fantine, Gavroche, Cosette. Aucune recherche d’objectivité, ici, nul souci de réalisme. Hugo vit à travers ses figures, solidaire de ces dernières comme Jean Valjean l’est des destinées du peuple. L’écrivain n’hésite pas cependant à rompre l’unité du récit par des dissertations historiques, où figure en bonne place l’évocation de la bataille de Waterloo. Enfin, la puissance émotionnelle du roman vient de la compassion de Hugo pour ses personnages, notamment Gavroche dont il écrit, peu avant qu’une balle ne l’atteigne : « Ce n’était pas un enfant, ce n’était pas un homme ; c’était un étrange gamin fée. » De même, Jean Valjean, prodiguant à Cosette et Marius son ultime conseil, formule la philosophie d’une vie entière : « Aimez-vous bien toujours. Il n’y a guère autre chose que cela dans le monde : s’aimer. » Les Misérables présentent, de ce fait, une grande variété de thèmes, que l’utopie sociale vient relier les uns aux autres. Il est possible ici d’évoquer un messianisme hugolien, proche de celui que Michelet avait formulé dans Le Peuple (1846).

Véritable mythe littéraire, Les Misérables ont donné lieu à une multitude d’adaptations théâtrales et cinématographiques, dont la plus réussie est sans doute celle de Raymond Bernard en 1933, avec Harry Baur, Charles Vanel et Charles Dullin.

 

À propos de Artisan de l'ombre

Natif de Sougueur ex Trézel ,du département de Tiaret Algérie Il a suivi ses études dans la même ville et devint instit par contrainte .C’est en voyant des candides dans des classes trop exiguës que sa vocation est née en se vouant pleinement à cette noble fonction corps et âme . Très reconnaissant à ceux qui ont contribué à son épanouissement et qui ne cessera jamais de remémorer :ses parents ,Chikhaoui Fatima Zohra Belasgaa Lakhdar,Benmokhtar Aomar ,Ait Said Yahia ,Ait Mouloud Mouloud ,Ait Rached Larbi ,Mokhtari Aoued Bouasba Djilali … Créa blog sur blog afin de s’échapper à un monde qui désormais ne lui appartient pas où il ne se retrouve guère . Il retrouva vite sa passion dans son monde en miniature apportant tout son savoir pour en faire profiter ses prochains. Tenace ,il continuera à honorer ses amis ,sa ville et toutes les personnes qui ont agi positivement sur lui

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