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« Le Prince (extraits et citations) » de Nicolas Machiavel

2 septembre 2009

1.Extraits

Traduction : Gohory.

Le Prince, VIII (citation)

« Car il faut faire tout le mal d’un coup afin que moins longtemps le goûtant, il semble moins amer, et le bien petit à petit afin qu’on le savoure mieux. »

Le Prince, IV (extrait)

« Mais venant à l’autre cas, quand un citoyen, non par scélératesse ou autre violence exécrable, mais par la faveur de ses concitoyens devient souverain de son pays, ce qu’on peut appeler une principauté civile (et pour y monter il n’est point besoin d’avoir la plus grande virtù ou la plus grande fortune, mais plutôt une astuce heureuse) je dis qu’on devient ainsi prince ou par la faveur du peuple ou par celle des grands. Car en toute cité on trouve ces deux humeurs opposées ; c’est que le peuple n’aime point à être commandé ni opprimé des plus gros. Et les plus gros ont envie de commander et opprimer le peuple. Et de ces deux appétits opposés naît dans les villes un de ces trois effets : ou principauté ou liberté ou licence.
La principauté vient ou du peuple ou des grands selon que l’une ou l’autre partie en a l’occasion. Car les plus riches, voyant qu’ils ne peuvent résister au peuple, commencent à donner réputation à quelqu’un d’entre eux et le constituent leur prince, afin de pouvoir, à son ombre, soûler leurs appétits. Le peuple de son côté donne réputation à un seul, quand il voit qu’il ne peut autrement faire tête aux grands, et l’élit prince, pour être défendu sous son aile. Celui qui vient par l’aide des riches à être prince se maintient avec plus grande difficulté que celui qui le devient par la faveur du peuple ; car se trouvant prince au milieu des autres qui lui semblent ses égaux, il ne les peut ni commander ni façonner à sa guise. Mais celui qui parvient à la principauté par la faveur du peuple, il se trouve tout seul et n’a personne ou très peu de gens autour de lui qui ne soient prêts à lui obéir. En outre, on ne peut honnêtement et sans faire tort aux autres contenter les grands, mais certes bien le peuple ; car le souhait du peuple est plus honnête que celui des grands, qui cherchent à tourmenter les petits, et les petits ne le veulent point être. Praeterea un prince, avec un peuple hostile, ne peut jamais être en sûreté, car cela fait bien du monde ; mais des plus gros il peut se rassurer, car ils sont peut nombreux. Le pis que saurait attendre un prince d’un peuple qui lui est ennemi, c’est d’en être abandonné ; mais si les grands lui sont contraires, il ne doit pas seulement craindre d’être abandonné par eux mais etiam qu’ils l’attaquent car, ayant meilleure vue et plus d’astuce que le peuple, ils ne perdent jamais de temps pour se mettre en sécurité, et chercher la bonne grâce de quelque autre qui l’emporte sur lui. Et il faut encore que le prince vive toujours avec son même peuple ; mais il peut bien se gouverner sans ces mêmes grands, pouvant en faire et défaire tous les jours, et leur ôter ou donner puissance et autorité quand il lui plaira.
Et pour mieux entendre ce point, je dis que les grands se peuvent considérer en deux manières principales. Ou ils se gouvernent en sorte, par leur manière de faire, qu’en toutes choses ils se joignent à la fortune du prince, ou bien ils ne s’y joignent pas. Ceux qui s’y assujettissent et ne sont pas trop rapaces, il faut les honorer et aimer ; sinon, il faut les examiner de deux manières. Ou bien ils le font par faute de coeur et naturelle lâcheté ; en ce cas tu te dois servir d’eux, principalement de ceux qui sont de bon conseil, car en la bonne fortune ils te font honneur, et en adversité ils ne te feront point de mal. Mais quand ils ne veulent point s’engager, par calcul et raison d’ambition, c’est signe qu’ils pensent plus à eux qu’à toi et le prince doit s’en garder et les craindre comme s’ils étaient ennemis découverts ; car, dans l’adversité, ils aideront toujours à le ruiner.
Ainsi quiconque devient prince par l’aide du peuple, il se le doit toujours maintenir en amitié ; ce qui lui sera bien facile à faire, le peuple ne demandant rien, sinon de n’être point opprimé. Mais celui qui contre le peuple par la faveur des grands, devient prince, il doit plus que tout chercher à se gagner le peuple, ce qu’il fait bien aisément quand il le prend sous sa protection. Et comme les hommes sont ainsi faits que quand ils reçoivent du bien de ceux dont ils attendaient du mal, ils se sentent plus obligés à leur bienfaiteur, le peuple l’en aimera d’avantage que si par faveur il l’eût conduit à être prince. Et le prince pourra le gagner de beaucoup de façons dont, comme elles changent selon le sujet, on ne peut donner la règle certaine. Je n’en parlerai donc pas. Je conclurai seulement qu’il est nécessaire qu’un prince se fasse aimer de son peuple : autrement il n’a remède aucun en ses adversités. »

Le Prince, XXV (extrait)

« Je compare la fortune à l’une de ces rivières torrentueuses qui, dans leur colère, noient à l’entour les plaines, détruisent les arbres et maisons, dérobent d’un côté de la terre pour la porter ailleurs; chacun fuit devant elles, tout le monde cède à leur fureur, sans y pouvoir mettre rempart aucun. Malgré cela, les hommes, quand le temps est paisible, ne laissent pas d’avoir la liberté d’y pourvoir par digues et par levées, de sorte que, si elles croissent une autre fois, ou elles se dégorgeront dans un canal, ou leur fureur n’aura point si grande licence et ne sera pas si ruineuse. Ainsi en est-il de la fortune, qui montre sa puissance aux endroits où il n’y a point de digues ni de levées pour lui tenir tête… »

Nicolas Machiavel.

À propos de Artisan de l'ombre

Natif de Sougueur ex Trézel ,du département de Tiaret Algérie Il a suivi ses études dans la même ville et devint instit par contrainte .C’est en voyant des candides dans des classes trop exiguës que sa vocation est née en se vouant pleinement à cette noble fonction corps et âme . Très reconnaissant à ceux qui ont contribué à son épanouissement et qui ne cessera jamais de remémorer :ses parents ,Chikhaoui Fatima Zohra Belasgaa Lakhdar,Benmokhtar Aomar ,Ait Said Yahia ,Ait Mouloud Mouloud ,Ait Rached Larbi ,Mokhtari Aoued Bouasba Djilali … Créa blog sur blog afin de s’échapper à un monde qui désormais ne lui appartient pas où il ne se retrouve guère . Il retrouva vite sa passion dans son monde en miniature apportant tout son savoir pour en faire profiter ses prochains. Tenace ,il continuera à honorer ses amis ,sa ville et toutes les personnes qui ont agi positivement sur lui

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