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La mort est mon métier

2 septembre 2009

1.Lu pour vous

La mort est mon métier

La mort est mon métier

de Robert Merle

[Littérature française XXe]

Editeur : Gallimard
Publication : 26/4/1976

Nombre de pages : 384 pages     ISBN : 2070367894

Résumé du livre

Récit de la vie de Rudolph Hess et plus particulièrement de sa participation à l’Holocauste, ce livre décrit les mécanismes d’une machine basée sur l’autorité et la peur, une machine politique qui a causé la mort de millions de personnes. Suite à une série d’entretiens avec Hess, Robert Merle a cherché à comprendre comment ces hommes somme toute ordinaires ont pu mettre en place et faire fonctionner un tel système.

À propos de Artisan de l'ombre

Natif de Sougueur ex Trézel ,du département de Tiaret Algérie Il a suivi ses études dans la même ville et devint instit par contrainte .C’est en voyant des candides dans des classes trop exiguës que sa vocation est née en se vouant pleinement à cette noble fonction corps et âme . Très reconnaissant à ceux qui ont contribué à son épanouissement et qui ne cessera jamais de remémorer :ses parents ,Chikhaoui Fatima Zohra Belasgaa Lakhdar,Benmokhtar Aomar ,Ait Said Yahia ,Ait Mouloud Mouloud ,Ait Rached Larbi ,Mokhtari Aoued Bouasba Djilali … Créa blog sur blog afin de s’échapper à un monde qui désormais ne lui appartient pas où il ne se retrouve guère . Il retrouva vite sa passion dans son monde en miniature apportant tout son savoir pour en faire profiter ses prochains. Tenace ,il continuera à honorer ses amis ,sa ville et toutes les personnes qui ont agi positivement sur lui

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15 Réponses à “La mort est mon métier”

  1. Artisans de l'ombre Dit :

    La mort est mon métier
    (Gallimard, 1976, 384 pages)
    Toute le vie presque du début à la fin d’un des exécutants de la solution finale, pour moi c’est quelque chose de rare dans la littérature.

    Robert Merle nous raconte ici comment cet homme, Rudolf Hoess (appelé Rudolf Lang dans le livre) est devenu un SS après avoir fait beaucoup de choses pour son pays! grand sens de la patrie qui le conduira à commander le camp d’Auschwitz Birkenau!

    Le livre est raconté à la première personne ce qui donne d’autant plus d’ampleur! On voit enfin parler l’un de ces bourreaux de la Shoah, le responsable, le créateur des fours crématoires et des chambres à gaz! Tout cela mis en parallèle avec une vie de famille à peu près comme les autres! On croirait presque un homme normal et il en fut un avant de se faire enroler et de ne penser qu’à la patrie, aux ennemis de la patrie et d’en oublier même sa propre conscience et de ne vivre que pour elle et non pour lui-même!

    Ne pardonnons pas pour autant à cet homme lorsque l’on referme le livre, tout le monde paie ses dettes un jour ou l’autre, exécutant ou commanditaire de ce crime contre l’humanité!

    Voilà c’est tout ce que j’ai à dire: ce n’était pas un discours argumentatif mais un simple avis, faites-en ce que vous voulez mais aux intéressés je conseille ce livre, il pourra ainsi peut-être faire comprendre comment n’importe qui peut se retrouver dans des situations à la limite de ces horreurs et vous reconnaitrez probablement et j’en suis sûre des situations pas si vieilles que ça!

    (Sicksadgirls)

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  2. Artisans de l'ombre Dit :

    L’histoire: La vie d’un tortionnaire dans un camp de concentration…

    Que dire, que dire, que dire… Ce livre est tout simplement terrible. Il est très différent de ce que j’avais pu lire sur le sujet jusqu’à présent, car il montre l’envers (l’enfer) du décor. Tout le processus se trouve déshumanisé, on ne parle plus d’êtres humains mais d’unités, les gens deviennent moins encore que des animaux: on va vous tuer, mais vous comprenez, on n’a pas le choix, semble-t-on leur murmurer tout au long du livre. Le camp se trouve diriger comme une entreprise, on parle de rendement, de gain de temps… mais surtout pas d’êtres humains…

    Ce qui est terrible également, c’est de voir les rouages d’une dictature, les bourreaux tout comme les victimes deviennent des animaux: les victimes se doivent de survivre, de trouver à manger etc… se doivent d’essayer de répondre aux besoins de tout être vivant (cf: J’ai donné la vie dans un camp de la mort); les bourreaux eux, sont conditionnés, comme des chiens dressés, à obéir et surtout à ne pas penser.

    J’ai eu du mal à terminer le livre tellement il me semblait cruel (aux limites de la nausée).

    Note : 5/5
    (Cryssilda)

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  3. Artisans de l'ombre Dit :

    Ce livre montre parfaitement l’état d’esprit des officiers SS, réduits à l’exécution machinale des ordres d’un homme. On peut suivre l’infernale imagination d’une des têtes pensantes de cet abominable crime organisé contre l’humanité, j’ai été véritablement révoltée à la vue de la pensée de Rudolf Hoess qui s’intéresse seulement à des chiffres inscrits sur une feuille de papier qu’on a dû déchirer, tout comme l’ont été des millions de familles.

    Robert Merle a fait un travail poussé d’historien et il a su en rendre compte dans ce chef-d’oeuvre où il n’épargne aucun détail choquant et écoeurant des multiples procédés des nazis dans l’extermination d’un peuple. Vraiment intéressant mais démoralisant lorsqu’on est confronté à tant d’atrocités réalisées avec tant de froideur…

    (Rosa)

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  4. Artisans de l'ombre Dit :

    Je n’ai qu’un mot horreur. Je suis horrifiée. Comment a-t-on pu tuer aussi froidement. Je suis bouleversée, à la limite de la nausée. Chaque fois que je lis un livre sur l’Holocauste, je crois avoir lu le pire. Mais non. A chaque livre je sens monter une rage en moi de plus en plus forte. Comment peut-on s’en prendre pareillement à un peuple, jusqu’à vouloir son extermination. J’aimerais comprendre la haine qu’ils avaient contre ce peuple.

    Par contre c’est la première fois que je lis un livre où je suis du côté du bourreau. C’est encore pire. Observer toute la machination, la mise en place de cette immense entreprise est à vous retourner le coeur. Tout est calculé, minutieusement, froidement, dans le moindre détail, à savoir combien ils vont pouvoir gazer de corps (ils les appellent des unités) à l’heure. Car il faut le rendement. Et cette odeur qui se dégage des fours, où ils brûlaient les corps. J’avais l’impression de sentir ce gras. L’histoire des douches on connaissait, mais jusqu’à aller leur faire croire qu’en sortant de la douche ils pourront boire un café…

    Ce livre nous montre aussi toute la manipulation de l’être humain de la part des dirigeants et de l’impact qu’ils avaient sur leurs soldats. Ils ne prenaient pas n’importe qui. Chaque soldat était choisi pour telle tâche, avec la carotte au bout du bâton. Ils sont tous là, à exécuter des ordres, sans discuter croyant faire leur devoir, au nom de la patrie. Pourquoi, tous ces hommes, ont-ils choisi d’exécuter des ordres aussi ignobles?

    Pour le héros, l’on pourrait dire que c’est à cause se son enfance… Mais c’est un peu facile. Heureusement que toutes les personnes qui ont eu une enfance rigide ne deviennent pas des assassins…

    Pour ce qui est du style, de Robert Merle, j’aime beaucoup la façon de parler à la première personne. Ça nous permet de rentrer tout de suite dans le livre. Il écrit simplement mais on est tout de suite pris par l’histoire.

    Note : 4.5/5
    (Felindra)

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  5. Artisans de l'ombre Dit :

    Ce livre est le seul, qu’il m’ait été donné de lire, que je sois obligée de refermer au bout de 5 mn, étant trop écoeurée… Je n’arrivais pas à m’imaginer comment des gens avaient pu commetre de tels crimes, et puis finalement en lisant ce livre, on comprend… On ne pardonne pas, c’est différent! Mais on arrive mieux à s’imaginer l’envers du décors, de cette machine infernale: le camp de la mort.

    Ce qui m’a le plus touchée, c’est le procès de Rudolf Lang: on y comprend en quelque sorte ses motivations. Tout a été mis en oeuvre pour qu’il n’ait plus besoin de réfléchir, qu’il n’obéisse que machinalement… Il se retrouve totalement dépourvu lorsque ses supérieurs se suicident, et n’a plus aucune raison de combattre pour le régime. C’est très émouvant à la fois, mais tellement terrible, que lorsqu’on referme ce livre, on est totalement perdu!!!

    Note : 5/5
    (Julie, 17 ans, France)

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  6. Artisans de l'ombre Dit :

    Rudolf Lang a été élevé dans le respect des choses bien faites, l’amour de la patrie et la haine des Juifs. Son seul désir est de devenir un bon soldat, qui obéit sans se poser de question, car il a confiance en ses chefs. Dans son esprit, toute décision émanent de ses supérieurs est bonne pour l’Allemagne, et son devoir est d’accomplir la tâche confiée de la manière la plus parfaite possible. Il s’engagera très jeune pour aller se battre lors de la première guerre mondiale. Après la défaite allemande, il quittera avec regret la vie militaire. C’est chez les SS qu’il retrouve à nouveau une raison de vivre. Son perfectionnisme et sa grande fidélité le mèneront haut dans la hiérarchie et c’est ainsi qu’il se retrouvera directeur du camp d’Auschwitz. Une nouvelle tâche lui sera alors confiée : Mettre en place un système efficace pour exterminer un grand nombre d’individus en peu de temps. Complètement déshumanisé, Rudolf n’a qu’une idée en tête : obéir aux ordres de la manière la plus parfaite possible…

    Difficile de dire qu’on aime ce livre qui nous projette dans la tête d’un SS. L’emploi de la première personne nous oblige à regarder à travers ses yeux et ce n’est pas une expérience franchement agréable. Ce livre choque par l’absence totale de sentiment dans la mise en place de la plus grande boucherie du siècle dernier. Il est cependant très intéressant de comprendre comment un être humain qui n’a rien d’un monstre sanguinaire et apparaissant plutôt comme un homme sérieux, consciencieux et désirant bien faire se rend complice et même acteur principal d’une monstruosité sans pareille. Difficile à lire par l’horreur des scènes décrites et la sensation dérangeante de se retrouver dans la tête d’un SS, je pense qu’il ne plaira pas à tout le monde. Moi je ne peux m’empêcher d’admirer le travail de l’auteur : Robert Merle nous offre ici un récit impressionnant qui vaut vraiment la peine d’être lu.

    Note : 4,5/5
    (Adelaye)

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  7. Artisans de l'ombre Dit :

    À partir du résumé de la retranscription des entretiens entre Rudolf Höb et son psychologue et d’autres documents, l’auteur invente la vie du fondateur du camp d’extermination d’Auschwitz-Birkenau. Contrairement à de nombreux ouvrages, l’auteur se penche surtout sur l’enfance et la jeunesse du personnage, plutôt que sur la période très documentée de la mise en oeuvre du camp de la mort. Puisque qu’il invente certains aspects, il nomme plutôt son personnage Rudolf Lang.

    Tout comme dans « Les Bienveillantes de Littell », mais avec plus de brio, l’auteur illustre comment la question juive n’était qu’un gros problème logistique par les SS en charge des camps.

    « - Le gazage, reprit Kellner d’un air imperceptiblement dédaigneux, ne m’intéresse pas. Comme je vous l’ai dit, je ne gaze les gens que pour avoir les corps. Seuls les corps m’intéressent. » (p. 292)

    Sans que ce soit une excuse à ses gestes, Lang est le fruit de son époque, de la période misérable de l’entre deux guerres en Allemagne.

    « - À vrai dire, je n’aimais pas beaucoup les fosses. Le procédé me paraissait grossier, primitif, indigne d’une grande nation industrielle. » (p. 298)

    L’auteur cherche à montrer que cet homme n’est pas sadique, mais plutôt un instrument sans conscience et liberté : il obéit toujours aux ordres avec fidélité et précision, selon la devise SS.

    « - Je n’ai pas besoin d’excuse. J’ai obéi. » (p. 362)

    « - Et bien alors, dites-nous ce que vous en pensiez. Comment envisagiez-vous ce genre de tâches? Il y eut un silence, tous les yeux étaient fixés sur moi, je réfléchis un moment et je dis : – C’était un travail ennuyeux. » (p. 367)

    Lorsqu’on lit ce livre après celui de Littell, l’on réalise que ce dernier n’a pas inventé grand-chose. Il semble avoir repris l’exercice, mais en mettant en scène un héros plus moderne, un homosexuel assumé, intellectuel et viveur.

    Note : 4,5/5
    (Le-réaliste-romantique)

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  8. Artisans de l'ombre Dit :

    Par miklc – Voir tous mes commentaires

    Difficile de desserrer les dents lorsqu’on lit ce livre qui explique avec une froideur déconcertante la vie de Rudolf Hoes et la construction minutieuse des fours crématoires. Le paradoxe réside dans le coté « captivant » du livre qui se dévore littéralement alors qu’il raconte des choses inimaginables, inconcevables. S’il n’a pas la force de « si c’est un homme » de Primo Levi, il décrit avec une minutie insoutenable et un sens du détail impressionnant comment des humains (« totalement déshumanisés ») ont pu se comporter ainsi ! Une grande leçon à la fois d’Histoire et de Littérature.

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  9. Artisans de l'ombre Dit :

    Un livre nécessaire, 5 août 2009
    Par Catherine (Saint-Denis, France) –
    Ce livre nous présente la biographie romancée de Rudolf Lang (pour Rudolf Hoess), qui a dirigé le camp d’Auschwitz. Il ne s’agit pas tant de juger cet homme, que de comprendre comment il a été amené à mettre toute son intelligence et son esprit pratique au service d’une cause barbare, sans jamais réfléchir aux conséquences morales de ce qu’il faisait. Un ordre étant un ordre, et l’honneur du soldat résidant tout entier dans l’obéissance, le remords est bien sûr impossible, aucune leçon ne peut être tirée du passé. Les scènes de procès sont d’ailleurs édifiantes. L’écriture est simple, sans pathos inutile, presque clinique. Un livre nécessaire.

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  10. Artisans de l'ombre Dit :

    une machine à tuer, 23 février 2009
    Par Jacqpot « babar5″ (France) –

    Le plus grand assassin des temps modernes, Rudolf Lang fut pendu à Auschwitz, sur un des gibets qu’il avait lui-même fait construire pour les détenus.
    Il avait montré dans l’exécution de sa tâche, un effroyable mélange d’hypocrisie, de cynisme et de brutalité. Son métier : liquider les juifs.
    C’est l’histoire hallucinante d’un homme qui se comportait chez lui comme un bon père de famille, mais qui au camp devenait tantôt un petit fonctionnaire calme et scrupuleux, soucieux de respecter les quotas de production (?), et tantôt une brute que rien n’arrête.
    « Je n’ai pas à avoir de remords. L’extermination était peut-être une erreur. Mais ce n’était pas moi qui l’ai ordonnée. Mon devoir est d’obéir ».
    Un roman historique glaçant, écrit par une main de maître.

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  11. Artisans de l'ombre Dit :

    Seulement un homme…, 28 avril 2007
    Par Loïca Avanthey (Créteil, France) – Voir tous mes commentaires

    Terrible est le mot.
    Voici l’envers du décor. L’enfer…
    Nous voyons parler dans ce récit l’un de ces « bourreaux » de la Shoah, le « responsable », le « créateur » des fours crématoires et des chambres à gaz.
    Le processus entier se trouve déshumanisé : nous parlons d’unités, de rendement, de gain de temps… mais surtout pas d’êtres humains…
    Ce qui est terrible, c’est de voir les rouages d’une dictature : le conditionnement des êtres, bourreaux comme victimes, qui les transforme en des chiens bien dressés à obéir. Ils ne doivent surtout pas penser.

    Tout cela mis en parallèle avec une vie de famille à peu près comme les autres. Rudolph Hess. Nous pourrions presque croire à un homme normal. Et ce fut le cas avant que nous n’apprenions son rôle et l’accomplissement de son devoir envers la patrie au point même d’en oublier sa propre conscience.

    Lorsque l’on referme ce livre, c’est un sentiment de malaise, de mal être, qui nous reste en mémoire, qui nous envahit.
    Mal à l’aise face au spectacle inhumain, face aux insupportables propos que tient Rudolph, face à ces actions déroutantes.
    Mal à l’aise de découvrir l’insoutenable vérité que ce « Monstre » est avant tout un homme comme les autres, comme vous, comme moi…

    Extrait :
     » Le Reichsführer Himmler bougea la tête, et le bas de son visage s’éclaira…
    - Le Führer, dit-il d’une vois nette, a ordonné la solution définitive du problème juif en Europe.
    Il fit une pause et ajouta :
    - Vous avez été choisi pour exécuter cette tâche.
    Je le regardai. Il dit sèchement :
    - Vous avez l’air effaré .Pourtant l’idée d’en finir avec les juifs n’est pas neuve.
    - Nein, Herr Reichsfürher. Je suis seulement étonné que ce soit moi qu’on ait choisi… « 

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  12. Artisans de l'ombre Dit :

    Le devoir comme sécurité, 27 janvier 2007
    Par FJLB « fjlb » – Voir tous mes commentaires
    (TOP 500 REVIEWER)

    Dans ce livre écrit en 1952, Robert Merle raconte, en romancier, la vie de Rudolf Lang (R.Hoess), commandant du camp d’extermination d’Auschwitz. Il a le mérite de la précision, et se distingue par sa très grande clarté. A ce titre, il mérite d’être lu, l’écriture est limpide. Pourtant, l’ensemble pose un sérieux problème. Robert Merle montre une psyché, déterminée par un Père ultra-autoritaire, haïssant la vie, hanté par l’obsession du diable, imposant une discipline absolue, réglant chacun des gestes de sa famille et rejetant tout moment mort, toute incertitude, tout ce qui peut échapper à sa maîtrise (le corps, l’affection, l’avenir). Rudolf vit dans un monde sans liens avec quiconque. Seule l’image du Père, qu’il haït mais auquel sa vie sera vouée malgré lui, l’habite. A la mort de son père, l’Allemagne seule le remplacera. Il entre dans la guerre de 14 à seize ans seulement. Il ne quittera plus la guerre, « La mort est mon métier », sa vie alors ne sera plus qu’une longue obéissance au Père. Mais c’est justement là que le bas blesse. Peut-on soumettre une étude psychologique à un déterminisme absolu ? Et si oui, la création littéraire doit-elle pour autant se soumettre à un impératif qui lui semble par nature extérieure ? Ainsi ai-je souvent été agacé par certaines notes psychologiques, sur le conformisme, l’indifférence profonde au monde, la recherche désespérée de la sécurité dans l’ordre, qu’on n’apprend à prévoir au fil des pages. Il ne s’agit pas de rejeter le portrait psychologique brossé par l’auteur, mais de dire plutôt que celui-ci a soumis son écriture à son objet, là où un tel destin semblait nécessiter plus d’étonnement, de tâtonnement de la part de celui qui le décrivait. Au total, Robert Merle donne peut-être lui même la clé de ces objections, dans sa préface écrite en 1972 : « La Mort est mon Métier n’a pas manqué de lecteurs. Seul leur âge a varié : ceux qui le lisent maintenant sont nés après 1945. Pour eux, La Mort est mon Métier, c’est un « livre d’histoire. » Et dans une large mesure, je leur donne raison. » Livre de témoignage, étude historique, de psychiatrie. Aucun de ces mots ne semble pouvoir être rejeté. Mais s’agit-il alors d’un roman ?
    Nous conseillons en parallèle la lecture du livre de Peter Diener, Le journal d’une folle, Edition de l’aube, qui pour cet investissement, du côté de la victime, est autrement plus précieux.

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  13. Artisans de l'ombre Dit :

    merveille de litterature, 16 août 2007
    Par Regillo Alessandro –

    Comment definir ce livre ,les mots manquent pour decrire l horreur de la seconde guerre mondiale.
    L auteur nous fait une description crescendo dans le choc de sa vie,le lavage de ceveau fait partie de sa vie,des sa plus jeune enfance il etait « destiné »pour ca.
    Je conseille vivement ce livre a tous les « interressés » de la seconde guerre mondiale,a lire absolument

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  14. Artisans de l'ombre Dit :

    Seulement un homme…, 28 avril 2007
    Par Loïca Avanthey (Créteil, France) – Terrible est le mot.
    Voici l’envers du décor. L’enfer…
    Nous voyons parler dans ce récit l’un de ces « bourreaux » de la Shoah, le « responsable », le « créateur » des fours crématoires et des chambres à gaz.
    Le processus entier se trouve déshumanisé : nous parlons d’unités, de rendement, de gain de temps… mais surtout pas d’êtres humains…
    Ce qui est terrible, c’est de voir les rouages d’une dictature : le conditionnement des êtres, bourreaux comme victimes, qui les transforme en des chiens bien dressés à obéir. Ils ne doivent surtout pas penser.

    Tout cela mis en parallèle avec une vie de famille à peu près comme les autres. Rudolph Hess. Nous pourrions presque croire à un homme normal. Et ce fut le cas avant que nous n’apprenions son rôle et l’accomplissement de son devoir envers la patrie au point même d’en oublier sa propre conscience.

    Lorsque l’on referme ce livre, c’est un sentiment de malaise, de mal être, qui nous reste en mémoire, qui nous envahit.
    Mal à l’aise face au spectacle inhumain, face aux insupportables propos que tient Rudolph, face à ces actions déroutantes.
    Mal à l’aise de découvrir l’insoutenable vérité que ce « Monstre » est avant tout un homme comme les autres, comme vous, comme moi…

    Extrait :
     » Le Reichsführer Himmler bougea la tête, et le bas de son visage s’éclaira…
    - Le Führer, dit-il d’une vois nette, a ordonné la solution définitive du problème juif en Europe.
    Il fit une pause et ajouta :
    - Vous avez été choisi pour exécuter cette tâche.
    Je le regardai. Il dit sèchement :
    - Vous avez l’air effaré .Pourtant l’idée d’en finir avec les juifs n’est pas neuve.
    - Nein, Herr Reichsfürher. Je suis seulement étonné que ce soit moi qu’on ait choisi… « 

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  15. Artisans de l'ombre Dit :

    Robert Merle, la mort est mon métier
    Les thèses d’Hannah Arendt sur la banalité du mal sont connues ; ce livre les illustre de façon inoubliable. Robert Merle retrace la vie de Rudolph Hoess, commandant du camp d’Auschwitz, de son enfance jusqu’à sa condamnation. On y comprend, dans l’horreur, comment le nazisme avait organisé de véritables carrières de criminels, au cours desquelles la conscience professionnelle, l’efficacité, le sens de la responsabilité étaient récompensées par des promotions rapides.

    On aperçoit aussi, sans que ce soit de façon explicite, les thèses de Willelm Reich sur l’origine du nazisme. L’enfance de Hoess est glaçante, réglée tout entière par un père maniaque et bigot. Pour Hoess, l’engagement d’abord dans l’armée allemande, en 1914, puis, dans le parti nazi, est aussi le moyen d’échapper à sa famille tout en retrouvant un cadre autoritaire sans lequel il est perdu. Ce bon père de famille banal devient ainsi le responsable direct de la mort de plusieurs milliers d’hommes femmes et enfants, principalement juifs.

    Le livre doit être lu, avec précaution : la partie qui raconte les camps est atroce, et la description des différentes expériences menant à la création des chambres à gaz, puis des fours crématoires, presque insoutenable par moments.

    L’éducation autoritaire subie par Hoess (que l’on retrouve dans le cas de Franz Stangl, autre commandant de camp décrit dans ce livre) n’est certainement pas la seule cause du nazisme. Il a fallu, ce que le livre rappelle aussi, un traité de Versailles trop dur pour l’Allemagne, et une crise économique, avec la folie de Hitler, une tradition antisémite déjà ancrée avant 1914, la liste des causes est innombrable.

    Il n’empêche que lorsqu’on veut balayer mai 1968 comme si la contestation de l’autorité était partout et toujours inutile, il faut se rappeler que l’amour absolu de l’autorité – qui ôte à l’individu le souci de penser par lui même – peut mener à la catastrophe.

    Addendum novembre 2005 : cette chronique est pas mal lue. Je me dis que peut-être c’est dû à la citation sur la banalité du mal, ou à l’anniversaire de la libération des camps. En tout cas, ce que ce livre permet bien de comprendre, ou de préciser, c’est que le mal, s’il peut atteindre n’importe qui, s’épanouit dans les temps difficiles.

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