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Germaine Tillion n’est plus

12 juillet 2009

Non classé

Germaine Tillion n'est plus constlogo

Arts et Culture Edition du 20/4/2008

C’était une amie de la révolution algérienne
Germaine Tillion n’est plus

Figure n L’ethnologue et résistante Germaine Tillion est décédée samedi à l’âge de 101 ans.

Née le 30 mai 1907 à Allègre (Haute-Loire) dans une famille d’intellectuels, Germaine Tillion a été l’élève de Marcel Mauss, sociologue et ethnologue qui transmettait à ses étudiants une éthique de l’enquête et une méthode de travail non dogmatique.
Cette femme, qui a su mener dans un même mouvement action et réflexion, s’est distinguée, dès 1934, par son engagement contre le nazisme et contre l’injustice et les pratiques coloniales qu’elle avait constatées en Algérie.
La vie de celle qui avait pris fait et cause pour la justice en condamnant les exactions du colonisateur français lors de la guerre de libération nationale et, notamment la torture, est émaillée de parcours algériens qu’elle décrit à travers ses nombreux ouvrages.
Sa première mission dans les Aurès lui a permis d’aller à la rencontre d’un peuple chaleureux et hospitalier malgré ses conditions de vie difficiles et sa paupérisation dues à la colonisation. Entre novembre 1954 et février 1955, Germaine Tillion est chargée d’enquêter sur «les réalités algériennes». Ces réalités découlaient d’un système juridique corollaire du code de l’indigénat mis en place par la loi du 26 juin 1881. Il marginalisait les Algériens sur leur propre sol.
«Quand j’ai retrouvé les Auressiens, entre novembre 1954 et février 1955, j’ai été atterrée par le changement survenu chez eux en 15 ans et que je ne puis exprimer que par ce mot ‘’clochardisation’’», révèle-t-elle.
Germaine Tillion dénoncera la déportation des populations algériennes et l’utilisation du napalm par l’armée coloniale.
L’autre action qu’elle a réalisée est sa décision de créer des centres sociaux (120 construits sur l’ensemble du territoire accueillant chacun 2 000 personnes). Entre mars 1957 et juin 1959, des membres de ces centres sont arrêtés et torturés par l’armée coloniale avant d’être libérés faute de preuves. En juin 1957, Germain Tillion revient en Algérie avec une commission internationale pour visiter les prisons et les camps coloniaux. Ce qu’elle découvre dépasse son entendement et elle le condamne fermement. Dans Ennemis complémentaires, livre publié pour la première fois en 1960 et réédité en 2005, Germaine Tillion rapporte les récits de ses rencontres avec Yacef Saâdi et Zohra Drif. Le Harem et les cousins (1966), L’Algérie en 1957 (1957), L’Afrique bascule dans l’avenir (1999), des écrits sur l’Algérie, ou A la recherche du vrai et du juste (2001), entre autres ouvrages de Germaine Tillion qui reflètent ses engagements poursuivis autrement après l’indépendance du pays. Jusqu’à 1980, l’Algérie et le Maghreb resteront dans la recherche scientifique à travers ses productions. En 2000, elle a signé «l’Appel» lancé pour que soit reconnue et condamnée officiellement la pratique de la torture pendant la guerre de libération nationale. Depuis janvier dernier, une exposition intitulée «Ethnologue et résistance» lui est consacrée à Rennes. Cette même manifestation est programmée en mai prochain à Paris.

R. C. / APS

À propos de Artisan de l'ombre

Natif de Sougueur ex Trézel ,du département de Tiaret Algérie Il a suivi ses études dans la même ville et devint instit par contrainte .C’est en voyant des candides dans des classes trop exiguës que sa vocation est née en se vouant pleinement à cette noble fonction corps et âme . Très reconnaissant à ceux qui ont contribué à son épanouissement et qui ne cessera jamais de remémorer :ses parents ,Chikhaoui Fatima Zohra Belasgaa Lakhdar,Benmokhtar Aomar ,Ait Said Yahia ,Ait Mouloud Mouloud ,Ait Rached Larbi ,Mokhtari Aoued Bouasba Djilali … Créa blog sur blog afin de s’échapper à un monde qui désormais ne lui appartient pas où il ne se retrouve guère . Il retrouva vite sa passion dans son monde en miniature apportant tout son savoir pour en faire profiter ses prochains. Tenace ,il continuera à honorer ses amis ,sa ville et toutes les personnes qui ont agi positivement sur lui

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3 Réponses à “Germaine Tillion n’est plus”

  1. Artisans de l'ombre Dit :

    Germaine Tillion, née le 30 mai 1907 à Allègre (Haute-Loire) et morte le 19 avril 2008 à Saint-Mandé[1] (Val-de-Marne), est une ethnologue et une résistante française.

    Biographie
    Son père Lucien Tillion est magistrat, et sa mère est l’écrivaine Émilie Cussac, connue sous le nom d’Émilie Tillion.

    Dernière publication sur 1.Bonjour de Sougueur : Mon bébé, Justin, me manque beaucoup

  2. Artisans de l'ombre Dit :

    L’Algérie
    Elle retourne en Algérie en 1954 pour une mission d’observation et participe à la création de centres sociaux : ses nombreux travaux de recherches au cours de sa carrière au CNRS et à l’EHESS portent sur les sociétés méditerranéennes.

    À Alger, le 4 juillet 1957, elle rencontre clandestinement Yacef Saadi, à l’instigation de ce dernier, pour tenter de mettre fin à la spirale des exécutions capitales et des attentats aveugles.

    Après la guerre d’Algérie, elle s’engage dans divers combats politiques :

    contre la clochardisation du peuple algérien ;
    contre la torture en Algérie ;
    pour l’émancipation des femmes de Méditerranée.
    Son séminaire d’ethnologie du Maghreb à l’École pratique des hautes études est resté légendaire.

    En 1999 elle est élevée à la dignité de Grand-croix de la Légion d’honneur, une parmi six femmes, avec Geneviève de Gaulle, Valérie André, Jacqueline de Romilly, Simone Rozès et Christiane Desroches Noblecourt.
    En 2004, elle lance avec d’autres intellectuels français un appel contre la torture en Irak.
    Elle meurt le samedi 19 avril 2008 à son domicile de Saint-Mandé (Val-de-Marne) dans sa 101e année.
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Germaine_Tillion

    Dernière publication sur 1.Bonjour de Sougueur : Mon bébé, Justin, me manque beaucoup

  3. Kamel Dit :

    Germaine TILLION cette grande dame qui a pu voir la cohabitation de deux millénaires, a été de tous les combats du siècle passé. Ethnologue, elle a parcouru l’immense pays de AURES et a étudié cette population notamment les femmes, leurs métaphores, leurs particularités. Elle en a été à la hauteur. Nous la revendiquons, elle est devenue un pan de nous même de notre histoire.
    Résistance contre le nazisme, elle n’a pas abdiqué durant la guerre d’Algérie et a rencontre Yacef SAADI, pour stopper la spirale meurtrière.
    Elle restera une phare qui illuminera l’histoire de l’humanité, sans race, sans barrière, sans alignement idéologique ou religieux.
    Qu’elle repose en paix.

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