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Harraga

4 juillet 2009

1.Lu pour vous

     » Harraga  » de Boualem Sansal 
       Le regard sobre d »un écrivain 
Révélé par un roman controversé, Le Serment des
barbares, Boualem Sansal continue son chemin dans le
monde de la littérature. Avec un bonheur certain.


  Ce ne sont pas les sujets de roman qui manquent en
Algérie; il suffit juste de les mettre noir sur blanc.
Harraga
est le titre du nouveau roman de Boualem
Sansal. « Les harraga, ce sont littéralement les
brûleurs de route , les sans feu ni lieu qui errent à
la recherche d »une
vie meilleure », lit-on sur la page
de couverture du livre. Pour Boualem Sansal, les
Algériens d »aujourd »hui sont devenus autant de
harraga, tels les personnages
qu »il met ici en scène.
La narratrice, Lamia, pédiatre dans un hôpital
d »Alger, restée vieille fille, vit seule dans une
maison délabrée. Elle est sans illusions : les codes
étouffants de l »Islam, la corruption généralisée, la
difficulté du peuple algérien à soulever le poids de
la misère, de l »ignorance et du fatalisme la
maintiennent dans un état de rage silencieuse qui
déborde à l »occasion dans de furieuses diatribes dont
ses collègues et voisins font les frais. Lamia avait
un frère aîné qu »elle adorait, Yacine, mort dans un
accident ; une soeur chérie, Louiza, tombée entre les
griffes d »un mari fanatique ; et un jeune frère,
Sofiane, qui vient de disparaître. Lamia est folle
d »inquiétude, car Sofiane, à l »instar de la plupart
des jeunes Algériens, ne rêve que de partir pour cet
Occident mythique où la vie est un sentier de roses.
Un matin, une jeune fille de seize ans, Chérifa,
débarque chez Lamia. Elle arrive d »Oran, dont elle ne
supporte plus l »atmosphère provinciale incroyablement
rigoriste. Elle pensait trouver refuge chez Sofiane,
qu »elle a connu à Oran. Elle se fait autant
d »illusions sur Alger que Sofiane sur Paris. Chérifa
déborde d »appétits, de curiosité, elle est jolie,
insaisissable et bouillonnante.Et puis, elle est
enceinte. « On retrouve ici la verve rabelaisienne,
l »humour féroce, les envolées hilarantes et caustiques
de l »auteur du Serment des barbares, mais aussi une
grande tendresse au service d »une histoire
profondément humaine, entièrement basée sur des faits
et des personnages réels », estime l »éditeur Gallimard.
« Une maison que le temps ronge comme à regret. Des
fantômes et de vieux souvenirs que l’on voit
apparaître et disparaître. Une ville erratique qui se
déglingue par ennui, par laisser-aller, par peur de la
vie. Un quartier, Rampe Valée, qui semble ne plus
avoir de raison d’être. Et partout dans les rues
houleuses d’Alger des islamistes, des gouvernants
prêts à tout, et des lâches qui les soutiennent au
péril de leur âme.
Des hommes surtout, les femmes n’ayant pas le droit
d’avoir de sentiment ni de se promener. Des jeunes,
absents jusqu’à l’insolence, qui rêvent, dos aux murs,
de la Terre promise. C’est l’univers excessif et
affreusement banal dans lequel vit Lamia, avec pour
quotidien solitude et folie douce. Mais voilà qu’une
jeune écervelée, arrivée d’un autre monde, vient
frapper à sa porte. Elle dit s’appeler Chérifa,
s’installe, sème la pagaille et bon gré mal gré va lui
donner à penser, à se rebeller, à aimer, à croire en
cette vie que Lamia avait fini par oublier et haïr »,
voilà des ingrédients pour faire une fiction de
tonnere avec comme d »habitudes une somme
impressionnate de clichés pour plaire à l »éditeur.
« Lorsque Lamia fait entrer chez elle Chérifa, tout
droit débarquée d »Oran, elle ne se doute pas qu »elle
.
Elle a ouvert machinalement parce qu »elle est ainsi,
une femme d »élans. Qui est cette drôle de gamine de
dix-sept ans ? Pourquoi son frère se manifeste-t-il
ainsi par son intermédiaire ? Est-il le père de
l »enfant qu »elle porte ? D »où vient-elle ? Où
va-t-elle ? Chérifa s »installe, brise la solitude de
Lamia. Cette dernière se souvient de l »enfance, du
temps qui s »est enfui, de la misère et de l »adversité,
des décès qui se sont succédé avec leurs cortèges de
rassemblements et de veillées funèbres : son père, sa
mère, son frère aîné, et pour finir Soliane, le
brûleur de route qui s »était mis en tête d »émigrer
coûte que coûte, le plus loin possible, et dont elle
est toujours sans nouvelles. Jusqu »à ce jour où
Chérifa envahit son quotidien, Lamia a mené une vie
quasi ensevelie. Que va-t-elle faire de cette
adolescente qui se croit chez elle et qui lui tape sur
les nerfs, dont elle n »aime ni les escapades, ni la
présence ? « , se demande un critique.
« Chacun son chemin, chacun son histoire. Certains de
nos intellectuels sont partis parce qu’ils étaient
menacés, d’autres parce qu’ils n’ont pas trouvé ici
les moyens de réaliser leurs projets et d’autres
encore parce qu’ils se sentaient mal, incompris,
rejetés, ou tout simplement parce qu’ils voulaient
vivre tranquilles, etc. Ceci dit, je ne suis pas parti
ne veut pas dire que je ne partirais pas un beau
matin. En Algérie, chaque jour que Dieu fait, nous
avons dix nouvelles raisons de vouloir fuir le pays
sans nous retourner. Il y a la guerre qui dure et qui
s’éternise dans la concorde, les catastrophes,
naturelles ou pas, qui viennent à la queue leu leu,
mais surtout il y a cette mort lente dans un système
en décomposition accélérée et encore par-dessus la
bêtise incommensurable de ceux qui nous gouvernent
malgré nous depuis 62. Leur folie est supérieure à
celles additionnées de Saddam et de Bush, il ne leur
manque que les armes de destruction massive pour
parachever leur oeuvre macabre », confiait, il y a un
moment Boualem Sansal, au quotidien d »Oran. Tout un
progamme de reproches largement justifiés.
                                      Youcefz

À propos de Artisan de l'ombre

Natif de Sougueur ex Trézel ,du département de Tiaret Algérie Il a suivi ses études dans la même ville et devint instit par contrainte .C’est en voyant des candides dans des classes trop exiguës que sa vocation est née en se vouant pleinement à cette noble fonction corps et âme . Très reconnaissant à ceux qui ont contribué à son épanouissement et qui ne cessera jamais de remémorer :ses parents ,Chikhaoui Fatima Zohra Belasgaa Lakhdar,Benmokhtar Aomar ,Ait Said Yahia ,Ait Mouloud Mouloud ,Ait Rached Larbi ,Mokhtari Aoued Bouasba Djilali … Créa blog sur blog afin de s’échapper à un monde qui désormais ne lui appartient pas où il ne se retrouve guère . Il retrouva vite sa passion dans son monde en miniature apportant tout son savoir pour en faire profiter ses prochains. Tenace ,il continuera à honorer ses amis ,sa ville et toutes les personnes qui ont agi positivement sur lui

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