RSS

Sirr Allah (Le secret de Dieu)

1 juillet 2009

1.Contes

Sirr Allah (Le secret de Dieu)

Un jour, un démiurge rencontra sur son chemin un crâne qui se déplaçait assez difficilement au ras de terre.
Il se demanda par quel moyen ce crâne pouvait ainsi se traîner. Se baissant, il souleva le crâne et vit qu’un rat en avait fait sa demeure et le transportait sur lui.


Il eut pitié de ce crâne et lui demanda s’il avait un souhait à émettre :
«Seigneur, faites de moi un homme nouveau !», dit le crâne.
Alors le démiurge enroba ce crâne d’une peau jeune et belle et lui adjoignit un corps d’homme qu’il doua de qualités et de grâces éminentes. Toutefois, il posa à cet homme une condition absolue : c’est qu’il garderait toujours le secret de sa rencontre avec lui et de sa venue à une vie nouvelle.
L’homme garda longtemps son secret. Tout lui réussissait. Tout était lumineux pour lui. Il voyait, discernait, comprenait, jugeait avec une aisance extrême. Ses actions étaient couronnées de succès. Il était une joie pour tous ceux qui l’approchaient.
En lui les qualités physiques n’étaient pas moindres que les qualités morales et intellectuelles. Très beau, il n’eut pas de peine à se marier. Mais, sa femme, surprise par tant de talent, essayait de percer le mystère de ces facilités et de cette grâce.
Il résistait à la curiosité de son épouse et restait muet devant toutes ses questions. Pourtant, un jour, il eut une faiblesse et il lui avoua le secret de sa naissance à une vie nouvelle par sa rencontre avec ce démiurge. Il parlait très bas. La porte était bien close.
Mais, tandis qu’il parlait, on frappa à la porte. C’était un manchot. Celui-ci dit à l’homme :
«Donne-moi mes bras.
— Quels bras ?
— Les miens. J’en ai besoin pour travailler.
Alors, comme mus par une force invisible, les deux bras du maître de maison se détachèrent de son torse et allèrent se fixer sur les moignons du manchot qui se retira en fermant la porte.
Mais voici qu’on frappa une seconde fois. Sa femme ouvrit : c’était un cul-de-jatte. Il dit :
«Donne-moi mes jambes.
— Quelles jambes ?
Les miennes. J’en ai besoin pour marcher.»
Sans que l’homme ait eu le temps de protester, ses deux jambes se décolèrent de son tronc pour aller se fixer sur celui du cul-de-jatte qui repartit tout heureux, en fermant la porte.
Et l’on frappa encore… et encore… Peu à peu, devant la femme terrifiée, son mari se disloquait, pièce par pièce. Bientôt elle resta seule devant un crâne.

Tiré des Contes mystérieux d’Afrique du Nord de Jeanne Scelles-Millie

À propos de Artisan de l'ombre

Natif de Sougueur ex Trézel ,du département de Tiaret Algérie Il a suivi ses études dans la même ville et devint instit par contrainte .C’est en voyant des candides dans des classes trop exiguës que sa vocation est née en se vouant pleinement à cette noble fonction corps et âme . Très reconnaissant à ceux qui ont contribué à son épanouissement et qui ne cessera jamais de remémorer :ses parents ,Chikhaoui Fatima Zohra Belasgaa Lakhdar,Benmokhtar Aomar ,Ait Said Yahia ,Ait Mouloud Mouloud ,Ait Rached Larbi ,Mokhtari Aoued Bouasba Djilali … Créa blog sur blog afin de s’échapper à un monde qui désormais ne lui appartient pas où il ne se retrouve guère . Il retrouva vite sa passion dans son monde en miniature apportant tout son savoir pour en faire profiter ses prochains. Tenace ,il continuera à honorer ses amis ,sa ville et toutes les personnes qui ont agi positivement sur lui

Voir tous les articles de Artisan de l'ombre

S'abonner

Abonnez-vous à notre newsletter pour recevoir les mises à jour par e-mail.

Les commentaires sont fermés.

Académie Renée Vivien |
faffoo |
little voice |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | alacroiseedesarts
| Sud
| éditer livre, agent littéra...