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8.Mariages à l’algérienne (8e partie)

27 juin 2009

Non classé

Mariages à l’algérienne (8e partie)
Par K. Noubi

Résumé de la 7e partie : Aujourd’hui, dans certaines familles, on continue à fermer symboliquement les filles qui naissent, en les fermant aux hommes par un cadenas.

Les années passent. La petite de Zahia, prénommée Amina, grandit en force et en beauté. Dès que les garçons s’intéressent à elle, sa grand-mère, Fatima, lui rappelle :
— Attention ! Gare aux garçons !
Et elle lui rappelle :
— N’oublie pas le cadenas, il t’enferme à jamais, jusqu’au jour où il s’ouvrira pour te livrer à ton mari !
Quand elle était jeune, Fatima effrayait la petite.
— Il suffit que tu penses à un garçon pour que le cadenas se laisse pousser des crocs et te dévore le bas-ventre !
La petite est terrorisée.
— Ne l’effraye pas comme ça ! dit sa mère, Zahia.
— Il le faut, dit Fatima, cela va lui apprendre à fuir les garçons !
Devenue plus grande, Amina demande à voir le cadenas.
— Pour quoi faire ? dit la grand-mère
— Pour le voir, dit Amina
— Tu n’en as donc plus peur ?
— Non !
— Il vaut mieux que tu ne le voies pas, dit Fatima. Tu garderas ainsi son secret et, le jour de ton mariage, je suis sûre que tu éprouveras de la joie en te sentant libérée !
La petite est rêveuse.
— Et si je ne me marie pas ?
— Eh bien, tu ne le verras pas !
Mais la grand-mère s’exclame aussitôt.
— Et pourquoi ne te marierais-tu pas ? Tu es belle, tu appartiens à une famille honorable, on t’arrachera, quand tu seras grande !
— Et si un garçon s’approche de moi ?
— Eloigne-toi de lui !
— Les garçons ne savent pas que j’ai un cadenas !
— Mais toi, tu le sais ! Alors, protège-toi, ne fais rien qui entache ton honneur et celui de ta famille !
— Et si un jour, je suis agressée ?
— Personne ne t’agressera, tant que le cadenas sera là.
— Je dois le voir !
— Ce ne sera pas nécessaire !
La petite va ainsi grandir dans la peur du cadenas d’abord, puis, la peur dépassée, dans la certitude qu’il ne lui arrivera rien puisqu’elle est symboliquement protégée.
La vieille grand-mère meurt sans avoir montré le cadenas à sa petite-fille.
Les années passent et Amina oublie le cadenas. Un jour, on vient la demander en mariage (à suivre…)

K. N.

À propos de Artisan de l'ombre

Natif de Sougueur ex Trézel ,du département de Tiaret Algérie Il a suivi ses études dans la même ville et devint instit par contrainte .C’est en voyant des candides dans des classes trop exiguës que sa vocation est née en se vouant pleinement à cette noble fonction corps et âme . Très reconnaissant à ceux qui ont contribué à son épanouissement et qui ne cessera jamais de remémorer :ses parents ,Chikhaoui Fatima Zohra Belasgaa Lakhdar,Benmokhtar Aomar ,Ait Said Yahia ,Ait Mouloud Mouloud ,Ait Rached Larbi ,Mokhtari Aoued Bouasba Djilali … Créa blog sur blog afin de s’échapper à un monde qui désormais ne lui appartient pas où il ne se retrouve guère . Il retrouva vite sa passion dans son monde en miniature apportant tout son savoir pour en faire profiter ses prochains. Tenace ,il continuera à honorer ses amis ,sa ville et toutes les personnes qui ont agi positivement sur lui

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