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Laredj s’élève contre la médiocrité culturelle

12 juin 2009

Non classé

  • Polémique Tahar Ouettar-Waciny Lâredj
    Laredj s’élève contre la médiocrité culturelle

Laredj s’élève contre la médiocrité culturelle 943_6449

La polémique semble bien s’enfler entre les deux écrivains arabophones, Tahar Ouettar et Waciny Lâredj à l’occasion de la publication d’un livre de ce dernier sous le titre Kitab El Amir (Le livre du prince) aux éditions Dar El Adab de Beyrouth. Ouettar accuse Lâredj de plagiat du seul fait que ce titre renvoie au prestigieux Le Prince de Machiavel, écrit en 1513.

Dans une émission littéraire de la radio Chaîne I, diffusée avant-hier, Lâredj a tenu à s’exprimer sur le sujet et à donner son point de vue sur les limites de l’intertextualité et du plagiat. Par la même occasion, l’auteur s’est longtemps arrêté sur la situation culturelle dans notre pays, situation qu’il juge médiocre et allant à la dérive. “J’aurais pu bien me taire si le sujet concernait une critique littéraire telle qu’elle s’exprime partout dans les règles de l’art ; mais Ouettar m’accuse de plagiat”. Un jeune auteur lui pose la question par téléphone de savoir où finit l’intertextualité et où commence le plagiat. Laredj explique que l’intertextualité est un phénomène courant qui touche même la langue d’écriture. La sémiologue Julia Kristeva estime que “l’humanité n’a écrit qu’un seul texte”, rappelle l’invité de l’émission. Comme il fait aussi référence à certains écrits forts connus qui se sont inspirés de textes classiques bien établis sans que la critique ou le lectorat crie au plagiat. Il en est ainsi, dit-il, des romans de Cervantès Don Quichotte, Gabriel Garcia Marquez Cent ans de solitude et Rachid Boudjedra Mille et une années de nostalgie qui auraient pour source d’inspiration commune le texte célèbre des Mille et une Nuits. Le plagiat, selon Laredj, est une reproduction intégrale de phrases ou paragraphes qui doit être sanctionnée par la justice. Elle appelle des dommages et intérêts au profit de la partie lésée. Déjà, sur le journal El Khabar du mardi 28 juin dernier, Waciny Laredj a vivement riposté aux propos tenus quelques jours auparavant à son sujet par Tahar Ouattar dans les pages du même journal. Il a intitulé sa réponse : “Ouattar, garde-champêtre du roman algérien”. “Lorsque j’ai appris par Internet, alors que j’étais à Paris, ce que Ouettar a écrit sur moi, je me suis dit : il n’a pas encore fini d’inonder les gens de cette diarrhée en dehors de laquelle il ne peut vivre ? Décidément, ce monsieur est frappé de démence. Est-ce la phobie des titres qui l’a ainsi subitement remué au point de s’ériger en garde-champêtre qui surveille les titres ? Pris de démence ! Telle est la phrase qui s’est imposée avec force sur mes lèvres. Tahar Ouettar ne m’a nullement surpris par ses derniers écrits. C’est devenu chez lui une tradition depuis que l’Algérie a commencé à fléchir. Il avait longtemps insulté feu Tahar Djaout, même après son assassinat en déclarant à la BBC que la mort de Tahar Djaout est une perte pour sa propre famille et pour la France”. Laredj rappelle dans son article que Ouettar s’était aussi attaqué à Rachid Boudjedra et Ahlam Mestghanemi en se posant comme “le distributeur des visas de nationalisme et des indulgences”. Au cours de l’émission de radio, Laredj a aussi rappelé la période de la décennie noire où les écrivains et les intellectuels se cachaient pour échapper à la mort. “Nous avons créé un réseau de solidarité entre écrivains. J’avais reçu Boudjedra chez moi ; il s’y était abrité quelque temps ; j’ai trouvé, ma famille moi et, chez lui refuge en France. Sans cela, nous ne serions probablement pas en vie aujourd’hui”.
A propos de la situation culturelle du pays qui, selon l’invité du jour, va de mal en pis, en participant à l’émission fait incomber aux écrivains une part de responsabilité. “Moi, mon métier, c’est d’écrire des livres ; le problème dépasse la littérature. Juste après l’indépendance, la capitale disposait d’environ 50 salles de cinéma. Où est notre
cinéma ? Pourquoi ne fait-on pas de films sur l’émir Abdelkader, Massinissa, Sophonisbe ? C’est aux responsables de la culture de mobiliser l’argent nécessaire à la culture et de défendre les projets culturels devant l’APN (…). Pourquoi se lamenter que Mohamed Dib ait fait le choix d’être enterré en France, lorsqu’on sait que cet écrivain a consacré sa vie à la culture et à l’Algérie et que, en contrepartie, son pays ne lui a rien donné”. Waciny Laredj est un écrivain arabophone prolifique. Né le 8 août 1954 à Tlemcen, il a fait ses études au lycée Benzerdjeb de Tlemcen et à l’université d’Oran. Il obtint son magistère à l’université de Damas avec une étude sur “Les tendances du roman algérien” et y décroche aussi un doctorat d’Etat (1985) en menant une étude intitulée “Le héros romanesque comme problématique et concept”. Journaliste et critique littéraire, il a animé des émissions littéraires à la télévision nationale Ahl El Kitab. Ayant écrit plusieurs romans en arabe (La fin de la douce Mériem, La tragédie de la mille et septième nuit, Fleurs d’amandier, Poissons des terres sauvages, … et des études/critiques littéraires, il publie en 1996 un roman directement en français : La gardienne des ombres, Don Quichotte à Alger (une revue Algérie-Littérature-Action avec une préface de Leïla Sebbar. Il est marié à la poétesse Zineb Lawedj. Son dernier roman (600 pages) vient d’être publié à Beyrouth sous le titre Le livre du prince, et il prépare un autre roman, Le chant de l’exilé, qui doit paraître prochainement, simultanément en français, en anglais, en espagnol et en allemand.

Amar Naït Messaoud

N° :943     Date  2005-07-12

http://www.depechedekabylie.com/popread.php?id=6449&ed=943

 

À propos de Artisan de l'ombre

Natif de Sougueur ex Trézel ,du département de Tiaret Algérie Il a suivi ses études dans la même ville et devint instit par contrainte .C’est en voyant des candides dans des classes trop exiguës que sa vocation est née en se vouant pleinement à cette noble fonction corps et âme . Très reconnaissant à ceux qui ont contribué à son épanouissement et qui ne cessera jamais de remémorer :ses parents ,Chikhaoui Fatima Zohra Belasgaa Lakhdar,Benmokhtar Aomar ,Ait Said Yahia ,Ait Mouloud Mouloud ,Ait Rached Larbi ,Mokhtari Aoued Bouasba Djilali … Créa blog sur blog afin de s’échapper à un monde qui désormais ne lui appartient pas où il ne se retrouve guère . Il retrouva vite sa passion dans son monde en miniature apportant tout son savoir pour en faire profiter ses prochains. Tenace ,il continuera à honorer ses amis ,sa ville et toutes les personnes qui ont agi positivement sur lui

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