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La légende de la poésie révolutionnaire

12 juin 2009

1.POESIE

  • 30e anniversaire de la disparition de Moufdi Zakaria
    La légende de la poésie révolutionnaire

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La poésie est l’art de langage faisant une utilisation maximale des ressources d’une langue. La formation des vers est un travail de contenu ainsi que de forme. Ces derniers démultiplient  la puissance du message.

Le poète exploite toutes les ressources de la langue, en valorisant aussi les mots par leur rareté, leurs robustesses, et leur sens profond. C’est  le cas de l’illustre immortel poète de la Révolution algérienne Moufdi Zakaria. Il donnait de la valeur aux mots employés dans ses poèmes par les figures de son style d’insistance, de révolution, d’amour pour sa patrie…

Bien qu’il était difficile, ou même « impossible » de s’exprimer durant l’époque coloniale, les colons craignant la naissance d’une élite qui aurait remis en cause l’ordre établi, ainsi que le réveil et la révolte du peuple  algérien, mais rien, ni personne ne pouvait empêcher la plume de ce poète de dégager la colère et la rébellion vis-à-vis du colonialisme. Cela fait 30 ans que le grand poète Moufdi Zakaria nous a quitté à jamais.  De son véritable nom,  Cheikh Zakaria Ben Slimane Ben Yahia Ben Cheikh Slimane Ben Hadj Aïssa, né le 12 avril 1908 dans la région berbère du Mzab, à Beni Isguen – Ghardaïa, constituée de cinq ksour du Mzab. Elle tire son nom du mot berbère « tagherdayt », qui est un diminutif de « igherd » littéralement « oasis ». Petite oasis, elle est située à 600 km d’Alger. Moufdi Zakaria a vu le jour au sein d’une famille dont les origines remontent aux Rostomides. Il entama ses études primaires à Annaba où son père était commerçant puis il se rendit à Tunis et poursuivit ses études dans les deux langues arabe et français à l’école El Khaldounia et à l’école El Attarine. Le surnom Moufdi, qui est devenu par la suite son pseudonyme littéraire, lui a été donné par Slimane Boudjenah, son condisciple au sein de la mission mozabite. Il rejoignait, ensuite, la Mission mozabite, à Tunis, où il poursuivit ses études, successivement, à l’école Es-Salem, l’école El Khaldounia et l’université de la Zeïtouna. afin de développer son don poétique, et acquérir le maximum de savoir sur les grand poètes.  Il fréquentait les soirées littéraires organisées par le grand écrivain tunisien Larbi El Kebbadi et se lie d’amitié avec le poète tunisien Abou el Kacem Chebbi et le poète Ramadhane Hammoud, son condisciple au sein de la Mission mozabite. Son premier poème édité est celui intitulé : Aux gens du Rif, publié dans les journaux tunisiens Lissane Ech-Chaab (6 mai 1925) et Essawab, et égyptiens, El-Liwae et  El Akhbar. Par ailleurs, il est vrai que “la plume est une arme à double tranchant”. Bien qu’il n’ait pas participé à la Révolution algérienne physiquement, il y a toutefois marqué sa présence, en faisant entendre les cris d’un peuple qui avait suffisamment souffert des maux du colonialisme et qui voulait récupérer sa dignité, sa fierté et sa liberté. Moufdi Zakaria était le porte-parole de ce peuple, l’ambassadeur de son pays, il a bien su entendre les appels et l’affliction de son peuple. Il a accompagné par sa poésie et son militantisme le mouvement nationaliste à l’échelle maghrébine, adhérant en Tunisie pendant sa scolarité à la Jeunesse destourienne, ce qui lui a valu d’être incarcéré pendant quinze jours. Entre autres, il a  participé activement au Congrès des Etudiants d’Afrique du Nord ; militant également en Algérie au sein de l’Etoile nord-africaine, voici quelques passages de son discours au 4e Congrès de l’association des étudiants nord-africains à Tlemcen en 1931. « J’ai foi en Allah comme divinité, dans l’Islam comme religion, dans le Coran comme Imam, dans la Kaâba comme mausolée, dans notre Seigneur Mohammed – bénédiction et salut d’Allah sur lui- comme Prophète et dans l’Afrique du Nord comme patrie une et indivisible. » « Je jure sur l’Unicité de Dieu que j’ai foi dans l’unicité de l’Afrique du Nord pour laquelle j’agirai tant qu’il y aura en moi un coeur qui bat, un sang qui coule et un souffle chevillé au corps.

L’Islam est notre religion, l’Afrique du Nord notre patrie et l’arabe notre langue ». « Je ne suis ni musulman, ni croyant, ni Arabe si je ne sacrifie pas mon être, mes biens et mon sang pour libérer ma chère patrie (l’Afrique du Nord) des chaînes de l’esclavage et la sortir des ténèbres de l’ignorance et de la misère vers la lumière du savoir, de la prospérité et d’une vie heureuse. » « Tout musulman en Afrique du Nord, croyant en l’unicité de celle-ci, croyant en Dieu et en son Prophète est mon frère et partage mon âme. Je ne fais aucune distinction entre un Tunisien, un Algérien, un Marocain ; ni entre un Malékite, un Hanéfite, un Chaféite, un Ibadite et un Hanbalite : ni entre un Arabe et un Kabyle, un citadin et un villageois, un sédentaire et un nomade. Tous sont mes frères, je les respecte et les défend tant qu’ils œuvrent pour la cause de Dieu et de la patrie. Si je contreviens à ce principe, je me considérerai comme le plus grand traître à sa religion et à sa patrie ». « Ma patrie est l’Afrique du Nord, patrie glorieuse qui a une identité sacrée, une histoire somptueuse, une langue généreuse, une noble nationalité, arabe. Je considère comme exclus de l’unité de ma patrie et exclu de la communauté des musulmans quiconque serait tenté de renier cette nationalité et de rejeter cette identité. Il n’aura qu’à rejoindre la nationalité des autres, en apatride qu’on recueille. Il encourra la colère de Dieu et celle du peuple». « Notre patrie est l’Afrique du Nord, patrie indissociable de l’Orient arabe dont nous partageons les joies et les peines, les ardeurs et la quiétude. Nous unissons à lui, pour l’éternité, les liens de la langue, de l’arabisme et de l’Islam ». Il a milité au sein du Parti du peuple algérien dont il devient l’un des dirigeants les plus en vue. Pour avoir contribué à des émeutes, il a été emprisonné de 1937 à 1939. Tandis qu’au lendemain du déclenchement de la Révolution armée, il adhère à la première cellule du FLN à Alger. Il a été arrêté, jugé et condamné à trois années de détention, du 19 avril 1956 au 1er février 1959. ہ sa sortie de prison, il quitte clandestinement le territoire algérien en direction du Maroc puis de la Tunisie pour y être soigné, par le Dr Frantz Fanon, des séquelles des tortures subies en détention.

Il devient le porte-parole de la cause algérienne au Maghreb, à travers les organes de presse tunisienne et marocaine, et au Machrek, lors du Festival de la poésie arabe tenu à Damas, en 1961. Après l’Indépendance, il réside tour à tour dans les pays du Maghreb avant de s’établir à la fin de sa vie au Maroc. Il a, par ailleurs, activement participé aux séminaires sur la pensée islamique.

 Moufdi Zakaria s’est éteint le mercredi 2 Ramadan 1397, correspondant au 17 août 1977, à l’âge de 64 ans, d’une manière subite, suite à un arrêt cardiaque, à Tunis. Sa dépouille mortelle a été transférée en Algérie pour être inhumée à Béni Izguen. Moufdi Zakaria est l’auteur des chants patriotiques plusieurs chants : De nombreux poèmes publiés dans des journaux algériens, tunisiens et marocains n’ont pas encore été rassemblés en recueil. Moufdi Zakaria, qui aspirait à le faire, a pourtant évoqué, dans ses déclarations, l’existence de recueils intitulés : Chants de la marche sacrée (Chants du peuple algérien révolté en arabe dialectal), Elan (livre sur la bataille politique en Algérie de 1935 à 1954), le Cœur torturé (poèmes d’amour et de jeunesse), et d’un recueil réunissant les poèmes écrits dans sa prime jeunesse. Sa prose, foisonnante, est disséminée dans les organes de presse maghrébins. Moufdi Zakaria a révélé l’existence d’ouvrages non publiés jusqu’à ce jour, notamment : Lumières sur la vallée du M’zab, le Livre blanc , Histoire de la presse arabe en Algérie, la Grande Révolution (pièce de théâtre), la Littérature arabe en Algérie à travers l’histoire (en collaboration ave Hadi Labidi).Il est détenteur de la Médaille de la capacité intellectuelle du premier degré, décernée par feu le Roi Mohammed V le 21 avril 1961, de la Médaille de l’Indépendance et de la médaille du Mérite culturel, décernées par le président de la République tunisienne Habib Bourguiba, et, à titre posthume, de la Médaille du Résistant décernée par l’ancien président Chadli Bendjedid le 25 octobre 1984, d’une attestation de reconnaissance pour l’ensemble de son œuvre littéraire et son militantisme au service de la culture nationale délivrée par l’ancien président Chadli Bendjedid le 8 juillet 1987, ainsi que de la médaille « El-Athir » de l’ordre du mérite national, décernée par le Président Abdelaziz Bouteflika le 4 juillet 1999.

Moufdi Zakaria est devenu célèbre grâce à l’hymne national officiel Qassaman, dont il composa les paroles, ainsi qu’un recueil Al-Lahab al Mouqadiss » (la flamme sacrée), et Iliadhatou al Jazair (l’épopée de l’Algérie). Il est un élément catalyseur et la fierté de sa région mozabite ainsi que de toute la nation algérienne.

Une autre plume  éteinte dans le milieu culturel de notre pays, en laissant derrière elle un riche patrimoine qui mérite d’être soigneusement pris en charge, ainsi qu’éditer les œuvres qui n’ont pas encore été publiées, pour les préserver et les mettre à la disposition du grand public. Quoi que nous disions, quoi que nous fassions arriverons-nous à lui rendre véritablement justice ?

 

Kafia Aït Allouache

 

Bibliographie

 

l L’hymne national algérien Kassaman, Fidaou el Djazair, Chant de l’emblème national algérien, Chant des Chouhada, Chant de l’Armée de libération nationale, Chant de l’Union Générale des Travailleurs Algériens, Chant de l’Union des Etudiants algériens, Chant de la femme algérienne, Chant Barberousse.

Il compte à son actif, également, le Chant du Congrès du Destin  (Tunisie), le Chant de l’Union des Femmes tunisiennes, le Chant de la bataille historique de Bizerte, le Chant célébrant l’évacuation du Maroc, le Chant de l’Armée marocaine…, etc. Ses recueils publiés sont : le Feu sacré (1961), ہ l’ombre des oliviers (1966), Sous l’inspiration de l’Atlas (1976), l’Iliade de l’Algérie en 1001 vers (1972).

 http://www.depechedekabylie.com/popread.php?id=44284&ed=1587

À propos de Artisan de l'ombre

Natif de Sougueur ex Trézel ,du département de Tiaret Algérie Il a suivi ses études dans la même ville et devint instit par contrainte .C’est en voyant des candides dans des classes trop exiguës que sa vocation est née en se vouant pleinement à cette noble fonction corps et âme . Très reconnaissant à ceux qui ont contribué à son épanouissement et qui ne cessera jamais de remémorer :ses parents ,Chikhaoui Fatima Zohra Belasgaa Lakhdar,Benmokhtar Aomar ,Ait Said Yahia ,Ait Mouloud Mouloud ,Ait Rached Larbi ,Mokhtari Aoued Bouasba Djilali … Créa blog sur blog afin de s’échapper à un monde qui désormais ne lui appartient pas où il ne se retrouve guère . Il retrouva vite sa passion dans son monde en miniature apportant tout son savoir pour en faire profiter ses prochains. Tenace ,il continuera à honorer ses amis ,sa ville et toutes les personnes qui ont agi positivement sur lui

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