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Les Amants de Padovani

11 juin 2009

Non classé

Les Amants de Padovani
Roman – Éditions Dalimen, Alger, 2004

L’Expression 3 février 2005
Quand l’amour se fait passion, déchirure puis mort, il ne peut
pas être conté dans une histoire à l’eau de rose.



Amélie et Dahmane, deux êtres innocents qui se tenaient par la
main, couraient dans une course éperdue vers des rives au ressac
tumultueux. Baignant dans leur innocence, ils ne savaient pas que
tout est fait pour les séparer, que leur passion et leur amour était
une histoire qui ne pouvait pas avoir de happy end. Youcef Driss se
fera le porte-parole de ces êtres emportés par la houle du temps. Il
racontera en 142 pages comment Dahmane quittera son village natal en
Kabylie à la mort de son père pour s’installer à Alger avec sa mère
et sa grand-mère.
Cette déchirure, il la vivra comme une libération. Sa mère se
remarie et il la voit repartir en Kabylie. Sa grand-mère Fatma qui
vivait en compagnie de sa soeur Zhira s’en va quérir une bouchée de
pain en travaillant à la maison de Me Demontes, un avocat très
sollicité à Alger durant l’époque coloniale. Elle gagnera très vite
l’estime de la maisonnée et deviendra très vite une confidente, une
oreille attentive pour les filles de Demontes privées de leur mère,
morte des suites d’une longue maladie.
Amélie, la cadette, se rapprochera très vite de Dahmane, devenu
Dédé pour faire bon genre dans cette Algérie où les prénoms à
consonance musulmane étaient mal acceptés. Avec l’âge, les deux êtres
fragiles se lient d’amitié, puis ce sentiment deviendra amour puis
passion débordante. Ils ne vivaient plus que pour se boire des yeux,
se dire des mots doux. Me Demontes qui ne pouvait rien refuser à sa
fille consent à inscrire «son petit indigène» dans une école
européenne. Il réussit ses études et décroche, tout comme Amélie son
baccalauréat.
Après des vacances passées à Aix-en-Provence chez les grands-
parents d’Amélie, les deux jeunes amoureux reviennent s’abreuver de
passion sous les parasols plantés dans le jardin de la maison de
l’avocat à la Pointe Pescade ou en faisant de longues promenades sur
l’allée du Padovani à Bab El-Oued, un quartier où les langues des
pied-noir commençaient à se faire perfides pour jaser et parler de la
petite pied-noir qui cassait toutes les convenances pour s’afficher
au bras d’un indigène. Dahmène est provoqué par un truand européen,
une bagarre, il se défend, un coup de couteau lacère l’air, et c’est
le drame ; c’est le début de la fin.
Son agresseur tombe raide mort. Accusé d’homicide volontaire,
il est emprisonné. Amélie, enceinte, s’exile à Saint Rapahel pour
donner naissance à un petit garçon avant de mourir. La guerre
mondiale, ses blessures, ses drames, Dahmène les vivra dans les
tranchées.
Démobilisé, il s’installe en France et réapprend difficilement
à vivre. Malade, il se fera soigner par un médecin qui sera intrigué
par la photo d’Amélie qui trônait dans un cadre sur la table de
chevet de la chambre de la clinique. Quelques jours plus tard, la
déchirure se fait profonde. La mère du médecin décède, mais avant de
tirer sa révérence, elle laisse à Dahmène une lettre dans laquelle
elle lui expliquera que son médecin soignant est son fils, né de son
idylle avec Amélie. La fin est peuplée de drames et l’ange de la mort
prend dans ses ailes les derniers espoirs du lecteur de clore
l’histoire sur une fin classique de: «ils vécurent heureux et eurent
beaucoup d’enfants». Dahmène cloué sur un lit d’hôpital est terrassé
par la mort.
Cette idylle, Youcef Driss l’ a racontée sans complaisance sans
s’embarrasser de mots. Il la jette d’un trait à la face du lecteur
qui est emporté, au fil de la lecture, par des torrents de
compassion, de douleur et de tristesse. Un livre agréable à lire et
une histoire poignante et surtout débordante de vérité. L’auteur qui
a dans son escarcelle, un recueil de poésie (Grisailles paru aux
éditions Fennec) a déposé un recueil de contes pour enfants et une
oeuvre audacieuse qui consiste en une compilation de blagues bien de
chez nous.

S. BENSAYAH

À propos de Artisan de l'ombre

Natif de Sougueur ex Trézel ,du département de Tiaret Algérie Il a suivi ses études dans la même ville et devint instit par contrainte .C’est en voyant des candides dans des classes trop exiguës que sa vocation est née en se vouant pleinement à cette noble fonction corps et âme . Très reconnaissant à ceux qui ont contribué à son épanouissement et qui ne cessera jamais de remémorer :ses parents ,Chikhaoui Fatima Zohra Belasgaa Lakhdar,Benmokhtar Aomar ,Ait Said Yahia ,Ait Mouloud Mouloud ,Ait Rached Larbi ,Mokhtari Aoued Bouasba Djilali … Créa blog sur blog afin de s’échapper à un monde qui désormais ne lui appartient pas où il ne se retrouve guère . Il retrouva vite sa passion dans son monde en miniature apportant tout son savoir pour en faire profiter ses prochains. Tenace ,il continuera à honorer ses amis ,sa ville et toutes les personnes qui ont agi positivement sur lui

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