Apparitions (4e partie)
Par K. Noubi
Résumé de la 3e partie : Alors qu’il roule, de nuit et en pleine tempête, en rase campagne, Djaâfar est arrêté par deux autostoppeuses. Il hésite longtemps avant de les prendre.
Il démarre. De temps à autre, il regarde derrière les fourrés pour voir s’il n’est pas suivi. Puis, rassuré, il engage la conversation.
— Alors, vous étiez comme ça, dans la campagne, en pleine nuit…
La plus âgée des deux femmes, parle.
— Mon fils, nous avons vu passer plusieurs voitures mais aucune ne s’est arrêtée… Tu es le premier automobiliste à t’être arrêté !
Djaâfar prend la défense des automobilistes.
— Il faut avouer que par les temps qui courent, on se méfie de tout !
— Mais une vieille femme et une jeune fille, que peuvent-elles faire de mal ?
— On a vu des femmes enrôlées de force par les bandits…
La vieille soupire, puis dit.
— Et toi ? Qu’est-ce qui t’a poussé à nous prendre ?
— Je ne pouvais pas vous laisser ainsi… Des bandits peuvent vous kidnapper, et puis il y a le froid…
— Et tu as pris des risques en sachant que tu pouvais les courir ?
— Oui, dit Djaâfar… et que Dieu nous protège !
— Oui, mon petit, dit la vieille femme, il te protégera !
Djaâfar est curieux de savoir ce que les deux femmes font dehors par ce temps exécrable et surtout dangereux.
— Vous devez avoir affaire en ville, dit-il.
— Oui, dit la vieille
— Je suis médecin, dit-il, si vous avez besoin de quelque chose…
— Notre médecin est Dieu, dit la vieille dame
— Nous le croyons tous, dit Djaâfar
Et ce fut au tour de la vieille femme de questionner.
— Dis-moi, tu as tes parents ?
— Oui, dit-il surpris par la question
— Alors, honore-les comme il se doit !
— Je fais de mon mieux !
— Tes frères, tes sœurs, ta parenté, tes voisins…assiste-les
— Oui, dit Djaâfar pour ce qui semble être une leçon de morale.
La dame se tait un moment et reprend.
— Et surtout, n’oublie pas que lorsque tu peux faire du bien à une créature humaine, il ne faut pas hésiter… Sais-tu que certaines bonnes actions peuvent te sauver la vie ?
— Oui, dit Djaâfar, ému.
— Tu nous as prises sur la route, c’est parce que ta conscience ne pouvait nous abandonner, tu as accompli une magnifique action !
— Ce n’était que mon devoir, dit Djaâfar
— Pour cela, tu seras récompensé ! (à suivre…)
K. N.

































11 juin 2009
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