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Histoire de ma vie (George Sand)

8 juin 2009

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Histoire de ma vie (George Sand)

Histoire de ma vie est un recueil épistolaire sous forme autobiographique de George Sand publié en 1855.

Synopsis 

Commencé en avril 1847, Histoire de ma vie parut tout d’abord en feuilleton dans la presse en 1854. L’ouvrage est découpé en cinq parties.

« Histoire d’une famille de Fontenoy à Marengo » s’étend sur l’histoire et l’amour de sa famille paternelle, sa grand mère, puis sur celle de son père qui avait été nommé aide de camp du prince Murat et qui était souvent absent. Avec l’appui des lettres de celui-ci, très largement remaniées par elle, Sand retrace ce passé.

Ensuite, « Mes premières années » (1800-1810) raconte l’histoire de ses parents, et ses propres débuts. Elle est née le 1er juillet 1804, au 15 de la rue Meslée à Paris. Le bonheur d’Amantine-Aurore-Lucile auprès de sa mère est retranscrit, ainsi que son attachement passionné à celle-ci. Ce deuxième chapitre relate également son voyage en Espagne avec le prince Murat. Puis suit l’épisode tragique de la mort d’Auguste, son frère, décédé à l’âge d’un mois, de la gale et de la chaleur d’Espagne. Une semaine après ce décès, le père devait décéder à son tour, mais de mort accidentelle, à cheval, alors qu’il servait au 1er régiment de hussards. Tout ceci plongea la famille dans une grande mélancolie.

« De l’enfance à la jeunesse » (1810-1819) explique ses relations ambiguës, faites d’attachements et de rejets, avec sa grand mère (Marie-Aurore de Sax), à laquelle elle fut présentée lorsqu’elle avait huit ou neuf mois. Les conflits entre les deux femmes sont retranscrits. Sophie Victoire (mère de George Sand), desespérée par la mort de son mari, ne voulait pas rester à Nohant, où Mme Dupin de Francueil (grand mère de Sand) refusait de recevoir sa fille aînée, Caroline (demi-sœur d’Aurore). La grand-mère voulait par ailleurs garder auprès d’elle et éduquer sa petite-fille. Le conflit dura plusieurs mois. Ce fut un déchirement pour Aurore, très attachée à sa mère qui était son seul repère. Mme Dupin de Francueil avait les moyens d’offrir à l’enfant une éducation et un avenir. Elle devint ainsi l’unique tutrice d’Aurore. Ce chapitre raconte également la vie de l’écrivaine à Nohant avec Hyppolite (domestique à Nohant), son demi frère (père : Maurice Dupin, mère : Catherine Chatiron), et Deschartres, leur précepteur, qui leur donna une éducation peu orthodoxe. Aurore eut accès à sa bibliothèque. Elle étudiait la danse, le dessin et l’écriture. D’ailleurs sa grand-mère, femme des Lumières, se disait déiste et rejetait tous les dogmes et toutes les formes de religion. Ce troisième chapitre explique aussi son passage de trois ans au couvent, durant lequel elle apprit l’anglais et l’italien. Elle rentra le 12 janvier 1818 en cet endroit, où elle aurait pu passer sa vie.

Après, « Du mysticisme à l’indépendance » (1819-1832) rapporte ses années de couvent, qui prirent fin lorsque Mme Dupin de Francueil, alarmée, décida de l’en retirer et de la ramener à Nohant. Lorsqu’Aurore quitta le couvent au mois d’avril 1820, elle allait avoir seize ans. Ensuite, la santé déclinante de sa grand mère, puis la mort de celle-ci, l’affectèrent beaucoup. Est également relatée sa grande liberté avec l’héritage de Nohant, lorsqu’elle n’avait que 17 ans. Cette liberté choqua profondément la bourgeoisie de l’époque. Ensuite, sa mère la ramena à Paris, et leurs relations conflictuelles commencèrent. Cette femme, voyant sa fille désespérée, ne pouvant retourner au couvent, ne lui permit d’emmener que quelques livres. Elle la persécutait. C’est dans ce climat qu’une idée de suicide a plané. De plus, y est rapporté son mariage. À 18 ans, lors d’un voyage qui devait durer une semaine, Aurore connut l’homme qui deviendra son mari, le seul capable de comprendre sa tristesse silencieuse. Elle resta à ses côtés cinq joyeux et amicaux mois. Casimir Dudevant lui demanda alors sa main. Après plusieurs ruptures, dues au mécontentement de la mère d’Aurore, le mariage eut finalement lieu le 17 septembre 1822. Au fil du temps, leur affection diminua, sans doute due à leur différence d’éducation. À 20 ans, elle s’occupe de son fils, et a un mariage mélancolique. Découvrant peu à peu le goût de George Sand pour les amusements, son mari devient agressif. La rencontre d’Aurelien de Sèze, son premier amant, lui fit reprendre goût à la vie. Une fille, Solange, est née dans un couple désuni (père : Stéphane Ajasson de Grandsagne ?). Après avoir renoué avec ses amis d’enfance, Casimir préféra boire. Ils firent chambre à part. C’est la faillite du mariage. Ils décidèrent d’un contrat d’indépendance, et elle partit pour Paris. C’est ainsi qu’elle eut les amants les plus célèbres, et la vie d’une femme libérée, chose difficile en 1825 (Jules Sandeau, Alfred de Musset, Michel de Bourges, Frédéric Chopin – avec qui elle resta 8 ans, jusqu’à la mort de celui-ci – et Alexandre Manceau).

Enfin, « Vie littéraire et intime » rend compte de la vie d’écrivaine de George Sand. Cette partie est un véritable condensé de sa vie littéraire, dans laquelle elle trouve l’inspiration aux côtés de Balzac – avec lequel elle prend son nom de plume, « George Sand ». Elle commence à publier de nombreuses œuvres dans lesquelles elle déchaîna toutes ses passions. D’ailleurs, elle nous offre quelques beaux portraits, qui sont à la limite des hagiographies. Elle devient sollicitée, célèbre, et admirée avec Indiana, en 1832. Elle commença une vie amoureuse faite de brèves et nombreuses histoires. Après la passion Musset, elle décida de se séparer réellement de son mari. Elle vécut une passion qui dura 9 longues années avec Chopin, qui prit fin avec les conflits provoqués par le désir de celui-ci pour Solange, la fille d’Aurore. De nombreux conflits avec ses enfants la firent s’éloigner avec l’homme qu’elle ne cessera jamais d’aimer, Alexandre Manceau.

Parmi tous ces rappels de moments si passionnés, elle s’interroge sur le devenir de la société, le rôle de la religion, la condition des femmes. Histoire de ma vie reste une œuvre retraçant un parcours admirable, d’une femme dans une vie difficile, d’une auteure dans une société dite plutôt  » classique », de nouvelles idéologies trop rapidement rejetées.

Aussi, après avoir étudié en détail cette histoire d’une vie, ces écrits véritablement purs, nous allons nous attarder sur le style de son écriture en elle-même.

De plus, la narration d’ensemble de cette œuvre démontre une organisation précise et linéaire. Elle rend compte, avec une agilité certaine, de toute l’évolution de l’auteure, des générations passés jusqu’à la sienne. Ceci est d’ailleurs la principale cause d’étonnement du public lors de ses premières parutions.

 

À propos de Artisan de l'ombre

Natif de Sougueur ex Trézel ,du département de Tiaret Algérie Il a suivi ses études dans la même ville et devint instit par contrainte .C’est en voyant des candides dans des classes trop exiguës que sa vocation est née en se vouant pleinement à cette noble fonction corps et âme . Très reconnaissant à ceux qui ont contribué à son épanouissement et qui ne cessera jamais de remémorer :ses parents ,Chikhaoui Fatima Zohra Belasgaa Lakhdar,Benmokhtar Aomar ,Ait Said Yahia ,Ait Mouloud Mouloud ,Ait Rached Larbi ,Mokhtari Aoued Bouasba Djilali … Créa blog sur blog afin de s’échapper à un monde qui désormais ne lui appartient pas où il ne se retrouve guère . Il retrouva vite sa passion dans son monde en miniature apportant tout son savoir pour en faire profiter ses prochains. Tenace ,il continuera à honorer ses amis ,sa ville et toutes les personnes qui ont agi positivement sur lui

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3 Réponses à “Histoire de ma vie (George Sand)”

  1. Webmaster Dit :

    Une autobiographie originale

    Un rassemblement de générations

    « Histoire de ma vie… avant ma naissance » : cette citation d’Armand de Pontmartin résume l’étonnement des lecteurs à la parution d’Histoire de ma vie. La place accordée aux correspondances de famille fut jugée excessive. Elle occupe toute la première partie et dix chapitres de la seconde (528 pages). Il convient tout de même de rappeler le caractère du « pacte autobiographique » de George Sand. En effet, elle empreinte certains effets de Rousseau. Sa démarche consiste à joindre le récit de sa vie à celui du destin de sa génération (« Toutes les existences sont solidaires les unes des autres, et tout être humain qui présenterait la sienne isolément, sans la rattacher à celle de ses semblables, n’offrirait qu’une énigme à débrouiller », p.107). Il faut remarquer qu’elle met en place une véritable stratégie pour permettre aux lecteurs de lier sa vie décrite ici avec celle des générations passés. Elle invite tout d’abord le lecteur à s’identifier à l’autobiographe au nom de la solidarité universelle (« Echappez à l’oubli, vous tous qui avez en l’esprit autre chose que la notion bornée du présent isolé. Ecrivez votre histoire, vous tous qui avez compris votre vie et sondé votre cœur»). Ensuite, l’autobiographe use d’une narration historique (transcription de lettres datées) dans laquelle la romancière s’érige en héroïne. Cette seconde tâche est particulièrement importante dans la partie épistolaire d’Histoire de ma vie, consacrée à retracer l’histoire de son père et de sa famille (titre de la première partie : « Histoire d’une famille de Fontenoy à Marengo »). L’auteure insiste donc sur la solidarité des expériences, plus particulièrement entre parents et enfants (« J’affirme que je ne pourrais pas raconter ma vie sans avoir raconté et fait comprendre celle de mes parents »).

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  2. Webmaster Dit :

    Un « je » sandien

    Dans Les confessions de Rousseau, le « je » dans l’autobiographie détient une identité héroïque. Dès le préambule, il caractérise la transparence de l’autobiographe. Rien de semblable dans Histoire de ma vie : le « je » (différent du « moi » qui représente Aurore Dupin) n’a pas d’identité. Il n’existe pas seul. Il détient uniquement le statut de régisseur de l’énonciation. Ce « je » n’a pour seule identité que d’être lui-même, c’est-à-dire l’instance de l’écriture, ce qui est évidemment différent de l’énonciation rousseauiste. Ainsi, cette œuvre lance un débat philosophique et poétique avec Rousseau sur les moyens et les fins de l’autobiographie. En résumé, l’œuvre de George Sand démontre bien sa volonté de centrer l’énonciation sur le « je », et non pas sur le « moi » (Aurore Dupin). George Sand démontre comment elle est devenue elle-même, en prenant une position antérieure, donc différente de celle qu’elle est lorsqu’elle écrit. On peut alors se demander qui est ce je qui dit « je » ?

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  3. Webmaster Dit :

    Une écriture féminine atypique

    Ensuite, on peut dire que George Sand, bénéficiaire d’une éducation et d’une enfance atypiques, ne s’est pas laissé enfermer dans une féminité de convention. Les titres (« Mes premières années », « De l’enfance à la jeunesse »), semblent reprendre des découpages attendus. Seulement, Sand est née en 1804 ; elle va faire intervenir sa naissance à la fin du chapitre VII. Sand manifeste donc une nouvelle conception du sujet individuel, dont l’histoire commence bien avant la naissance.

    Auteur féminin, elle nous montre une transparence de la notion de première injustice de Rousseau, lors de l’enfance (« On nous apprenait aussi des prières. Je me souviens que je les récitais sans broncher d’un bout à l’autre, et sans rien y comprendre, excepté les mots qu’on nous faisait dire quand nous avions la tête sur le même oreiller : Mon dieu, je vous donne mon cœur ») . C’est ainsi que, pareil à Rousseau, les premières bêtises arrivent, la montrant comme le diable du couvent. Histoire de ma vie renouvelle la vision de l’enfance. Sa position de femme lui donne l’avantage de se mettre en retrait par rapport aux modèles masculins, et de montrer son intérêt envers la petite enfance. Seulement, elle constitue également une barrière pour les lecteurs masculins. Ici, nous remarquons une caractéristique supplémentaire faisant de Histoire de ma vie une autobiographie s’éloignant du modèle rousseauiste des Confessions, qui faisait référence.

    On pourrait ainsi dire que « Histoire de ma vie » est un « documentaire de fait historiques et familiaux ». Doté d’une énonciation particulière, qui fait objet d’un débat actif, « Histoire de ma vie » de George Sand s’écarte du modèle rousseauiste des Confessions. Ainsi, George Sand est la première autobiographe féminine à écrire, tout en mettant en avant l’enfance. Elle précède Nathalie Sarraute (Enfance), Colette… et beaucoup d’autres qui prendront exemple.

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