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6.Jean le fidèle (6e partie)

4 juin 2009

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Jean le fidèle (6e partie)

Résumé de la 5e partie : Comme demandé par les corbeaux, Jean transporta la princesse inanimée dans la chambre royale et, saisissant son poignard, fit jaillir trois gouttes de sang de son poignet droit et les jeta au loin.

Cette fois, les serviteurs n’eurent même pas besoin de s’indigner. Le roi avait tout vu et se mit en colère. Il avait des médecins à sa cour, c’était à eux de soigner la reine, et non à ce vieux serviteur de lui ouvrir les veines avec son poignard sale et d’éparpiller au loin son sang. Peut-être même crut-il que Jean allait tuer la reine, comme il avait tué le cheval. On ne sait pas, mais sa colère fut terrible et, désignant Jean le fidèle à ses gardes, dit : «Qu’on le jette en prison !».
Peu après, la reine reprenait connaissance, mais ne put faire fléchir la colère de son époux : Jean fut jugé le lendemain et condamné à être pendu. Il ne s’insurgea pas et dit seulement : «Tout condamné à mort a le droit de parler. Me refuserez-vous ce droit ?
— Non, dit le roi. Nous t’écoutons.
— J’ai été injustement condamné, sire, dit Jean, car je n’ai jamais cessé de vous être fidèle.»
Puis, il répéta la conversation des corbeaux, telle qu’il l’avait surprise à bord du navire, et expliqua comment, pour sauver son maître, il avait dû agir comme il l’avait fait.
«Qu’on lui rende la liberté ! s’écria alors le roi. Comment ai-je pu douter de toi, ô mon fidèle Jean ? Me le pardonneras-tu jamais ?»
Mais le fidèle Jean ne répondit pas car son corps changé en pierre ne pouvait plus bouger et, à la dernière de ses paroles, sa langue, elle-même, s’était pétrifiée.
Quand le roi comprit cela, il fut saisi d’un affreux chagrin. Il reconnut que son serviteur avait sauvé sa vie et celle de son épouse en sacrifiant la sienne et que rien désormais ne pourrait réparer l’affreuse injustice qu’il venait de commettre. La reine, informée de la chose, partagea ses regrets et ordonna que le corps du fidèle Jean, devenu statue de pierre, fût érigé sur la place d’honneur, dans la plus belle salle du palais.
La statue resta là dix ans. Dix ans pendant lesquels le roi et la reine eurent trois enfants et gouvernèrent sagement leur royaume, mais leur bonheur était entaché de l’incessant regret d’avoir méconnu la fidélité de leur serviteur. Or, un soir, le roi, assis à sa fenêtre, vit voler trois corbeaux et, à sa grande surprise, entendit leur langage.
«Voilà dix ans aujourd’hui, disait le premier, que le fidèle Jean n’est plus que statue immobile et sans voix. (à suivre…)

À propos de Artisan de l'ombre

Natif de Sougueur ex Trézel ,du département de Tiaret Algérie Il a suivi ses études dans la même ville et devint instit par contrainte .C’est en voyant des candides dans des classes trop exiguës que sa vocation est née en se vouant pleinement à cette noble fonction corps et âme . Très reconnaissant à ceux qui ont contribué à son épanouissement et qui ne cessera jamais de remémorer :ses parents ,Chikhaoui Fatima Zohra Belasgaa Lakhdar,Benmokhtar Aomar ,Ait Said Yahia ,Ait Mouloud Mouloud ,Ait Rached Larbi ,Mokhtari Aoued Bouasba Djilali … Créa blog sur blog afin de s’échapper à un monde qui désormais ne lui appartient pas où il ne se retrouve guère . Il retrouva vite sa passion dans son monde en miniature apportant tout son savoir pour en faire profiter ses prochains. Tenace ,il continuera à honorer ses amis ,sa ville et toutes les personnes qui ont agi positivement sur lui

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