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La place du marché /La couleur du bonheur,

26 mai 2009

1.Extraits

La place du marché derrière le vieux banian n’était en réalité qu’une impasse entre une boutique de légumes d’État, une boucherie d’État, une épicerie d’État, une échoppe de boulette de riz, des bazars et quelques maisons d’habitation. Avant, c’était un lieu animé, grouillant du matin au soir de marchands de quatre-saisons et de paysans de la banlieue, debouts, accroupis ou assis sur un escabeau, une brique ou une simple toile de sac étallée à même le sol dans la poussière jaune, derrière leurs cages de bambou dans lesquelles s’entassaient des poulets, des canards ou des oies, leurs seaux de bois lourds de pousses de bambou marinées, leurs grands paniers remplis selon les saisons. On y trouvait, outre une grande variété de choux verts, des racines de lotus beige rosé, des gerbes de fleurs de citrouille dorées qu’on mangeait farcies ou cuites dans l’eau, des courges duveteuses qui pesaient plus de cinq kilos, des tubercules de colocases couvertes de poils marron, des haricots verts fins et longs de plus de deux pieds, des pastèques ovales sans graines, des prunes rouge sombre acides à faire frémir, des pamplemousses en forme de poire, des jaques à la peau épaisse hérissées de grosses dents, des litchis pourpres, des mangues jaunes, des longans bruns clairs, des goyaves vert pâle… Quand Mei-Li y venait faire ses courses, Fan-Fan aimait bien l’accompagner, heureuse de se balader entre les cages et les paniers, en écoutant les gens s’interpeler, discuter ou se quereller, respirant la fraîcheur des légumes qu’on avaient cueillis le matin même et le parfum des fruits qui avaient mûris au grand soleil. Mais son plus grand plaisir était de regarder sa grand-mère marchander : le plus souvent, celle-ci s’approchait sans hâte d’un étal, examinait des marchandises avec l’air d’un connaisseur raffiné, regrettait que la qualité ne fut pas satisfaisante, demandait quand même le prix, puis déclarait que c’était vraiment trop cher, faisait semblant de partir, se retournait pourtant lorsque le marchand offrait une réduction intéressante, choisissait longuement, se moquait gentiment lorsque le marchand tentait de tricher sur le poids, payait seulement après avoir glissé ses achats sous l’anse de son panier, s’éloignait en promettant de revenir la prochaine fois… Mais maintenant, ces marchands et ces paysans avaient disparus. Et avec eux ce bourdonnement de la vie. Seules les boutiques d’État restaient ouvertes, misérables, offrant moins de marchandises que de citations de Mao écrites en gros caractères rouges sur leurs murs blanchis à la chaux et destinées à remplir les cerveaux, mais non les ventres.

À propos de Artisan de l'ombre

Natif de Sougueur ex Trézel ,du département de Tiaret Algérie Il a suivi ses études dans la même ville et devint instit par contrainte .C’est en voyant des candides dans des classes trop exiguës que sa vocation est née en se vouant pleinement à cette noble fonction corps et âme . Très reconnaissant à ceux qui ont contribué à son épanouissement et qui ne cessera jamais de remémorer :ses parents ,Chikhaoui Fatima Zohra Belasgaa Lakhdar,Benmokhtar Aomar ,Ait Said Yahia ,Ait Mouloud Mouloud ,Ait Rached Larbi ,Mokhtari Aoued Bouasba Djilali … Créa blog sur blog afin de s’échapper à un monde qui désormais ne lui appartient pas où il ne se retrouve guère . Il retrouva vite sa passion dans son monde en miniature apportant tout son savoir pour en faire profiter ses prochains. Tenace ,il continuera à honorer ses amis ,sa ville et toutes les personnes qui ont agi positivement sur lui

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Une réponse à “La place du marché /La couleur du bonheur,”

  1. Webmaster Dit :

    Wei-Wei est née à Guangxi en 1957, au sud de la chine. Adolescente à la fin de la révolution culturelle, elle est envoyée à la campagne pour être rééduquée. Après des études de français, elle séjourne à Paris, puis à Manchester, où elle vit actuellement. Elle a également publié “Le Yangtsé sacrifié” (Denoël, 1997) et “Fleurs de Chine” (L’Aube, 2000).

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