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Abou Bakr

24 mai 2009

Religion

Les 4 Califes des musulmans

1.Abou Bakr

Abou Bakr

 

Son nom et sa généalogie

Il se nomme ‘Abdoullah Ibn Abi Qouhafa ‘Othman Ibn ‘Amir.

Abou Bakr était le septième dans la descendance de taym, le fils de Mourra, le septième ancêtre du Prophète. le clan auquel il appartenait se dénommait banû taym du nom de taym sa mère salmâ était une fille de l’oncle de son père, saqr. Le nom originel d’Abou Bakr avait été ‘abdul ka’bah. Il s’appelait également ‘atîq. Sa mère n’avait aucun fils survivant, et lorsqu’elle avait mis au monde Abou Bakr, elle l’amena au temple et s’exclama : « Ô déité ! si celui-ci est immunisé contre la mort, alors donne-le moi ».

Sa naissance

Il est né environ trois ans après l’année de l’éléphant.

Avant sa conversion

Il faisait partie des notables du peuple de Qouraych et comptait parmi leurs savants, il était aimé parmi eux.

Sa conversion à l’Islam (-13 H. ; 37 ans)

Abôu Dardâ a rapporté que le Messager d’Allâh a dit : « N’allez-vous pas laisser tranquille mon compagnon ! N’allez-vous pas cessez, et laisser tranquille mon compagnon ! Lorsque je vous ai dit :  » Ô peuple, je suis le Messager d’Allâh auprès de vous ! Vous m’avez répondu :  » Menteur ! « , sauf Abou Bakr qui, lui, m’a cru ! ». (al-boukhâri)

Le Prophète a dit : « Quand j’ai invité les gens à embrasser l’Islam, tous on pris un temps de réflexion et d’hésitation, excepté Abou Bakr : il ne s’est pas retenu, et n’a pas hésité ! «  (Ibn Ishaq)

‘Alî Ibn Abî Tâlib a rapporté qu’Abou Bakr a été le premier homme musulman. (Ibn ‘Asâkir)

La libération de Bilâl (-13 H ; 37 ans)

Il fut affranchi par Abou Bakr As-Siddîq qui l’avait racheté de Umayya Ibn khalaf à neuf onces d’or. Ce dernier exagérait son prix afin de décourager Abou Bakr, tout en se disant toutefois : « Si Abou Bakr insiste à l’acheter à une seule once d’or, je le vendrai à ce prix ».
Tandis que Abou Bakr se disait : « S’il ne consent à la vente qu’au prix de cent onces d’or, je les payerai ».

Son émmigration vers Médine en compagnie du Prophète (1 H. ; 51 ans)

Dès que le départ du Prophète fut signalé, les Qoraïshites se lancèrent sur ses traces et Aboutirent à l’entrée d’une grotte où le Prophète et son compagnon Abou Bakr s’étaient réfugiés… Allâh troubla les Qoraïshites : les traces de pas menaient bien à cette grotte mais visiblement, elle n’était pas fréquentée. Plus bas, dans la grotte, Abou Bakr dit à son ami Muhammad : « Si l’un d’eux regarde sous ses pieds, il nous verra… »
Et le Prophète de répondre : « Que penses-tu de deux [personnes] dont Allâh est le troisième ? »

Allâh a dit : {Si vous ne lui portez pas secours… Allâh l’a déjà secouru, lorsque les mécréants l’avaient banni, deuxième de deux. Quand ils étaient dans la grotte et qu’il disait à son compagnon : « Ne t’afflige pas, car Allâh est avec nous. » Allâh fit alors descendresur lui Sa sérénité et le soutint de soldats que vous ne voyiez pas, et Il abaissa ainsi la parole des mécréants, tandis que la parole d’Allâh eut le dessus. Et Allâh est Puissant et Sage.} (9/40)

Quand ils furent débarrassés de leur poursuivants, le Prophète et Abou Bakr retrouvèrent leur guide Abdullâh Ibn Uraïqit et le berger d’Abou Bakr, ‘Âmir Ibn Fuhaïrah, et continuèrent leur route. Ils passèrent à proximité de la tente d’une femme qu’on appelait Oum Ma’bad Al-Khozâ’iyyah. Les voyageurs étaient alors à bout de vivres. Ils demandèrent à Oum Ma’bad de leur vendre de quoi tenir le reste du trajet. Mais la femme, gênée, leur dit : « Par Allâh, si j’avais de quoi vous donner, je vous l’aurais donner gratuitement ».
Le Prophète vit dans un coin une chèvre frêle. « Et cette chèvre ? », demanda le Prophète.
« Elle est frêle comme tu le vois », répondit la femme.
Le Prophète lui demanda d’approcher la chèvre. Alors, le Prophète posa sa main sur la chèvre qui subitement prit des forces. Puis, il toucha son pis qui se remplit de lait. Le Prophète prit du lait de la chèvre et commença par donner à ses compagnons. Ensuite, il en donna à Oum Ma’bad, il remplit un bol destiné à Abou Ma’bad et il finit par en boire à son tour. Les voyageurs suivirent leur chemin. Quand Abou Ma’bad fut de retour, il s’étonna à la vue du bol de lait car il savait que leur chèvre ne donnait pas de lait. Alors, Oum Ma’bad lui décrivit le Prophète et lui raconta ce qu’il fit. Il lui dit : « C’est l’homme que Qoraïsh poursuit pour l’assassiner ». Oum Ma’bad et Abou Ma’bad embrassèrent l’Islam.

La bataille de Badr (2 H)

Anas dit : « Le Messager d’Allah consulta les gens à propos des captifs à Badr en disant : « Allâh le Puissant,le Majestueux vous a fait triompher sur eux… »
‘Omar Ibn al-Khattab se leva et dit : « Ô Messager d’Allah, tranche leur le coup! »
Le Messager d’Allâh se détourna de lui. Puis il reprit la parole : « Ô gens, Allâh le Puissant,le Majestueux vous a fait triompher sur eux. Pourtant hier encore ils étaient vos frères.. »
‘Omar Ibn al-Khattab se leva et dit : « Ô Messager d’Allah, tranche leur le coup! »
Le Messager d’Allâh se détourna de lui encore et reprit les mêmes propos à l’adresse de ses compagnons.
Abou Bakr se leva alors et dit : « Ô Messager d’Allah, si tu penses devoir leur pardonner et accepter une rançon…. »
Le vissage du Prophète fut débarrassé de l’expression de souci qui l’avait marqué, et il leur pardonna et accepta une rançon.
Puis Allah, le Puissant, le Majestueux révéla : {N’eût-été une prescription préalable d’Allah, un énorme châtiment vous aurait touché pour ce que vous avez pris (de la rançon)} (8/67) ». (Ahmad n°13143)

Son pélerinage

En revenant de TAbouk, le Prophète pensa au pélerinage. Puis il dit : « Les Polythéistes font la circumambulation tout en étant complètement nus, je redoute le pélerinage à cause d’eux ».

Il envoya Abou Bakr à la Mecque et le fit suivre de ‘Ali avec pour mission d’interdire désormais le pélerinage aux polythéistes, et de leur accorder un délai de quatre mois pour se convertir, au bout duquel, la guerre serait déclarée entre eux et les Musulmans, s’ils ne se convertissaient pas.

Le Prophète fit accompagner Abou bakr de trois cent Médinois, emportant vingt chameaux marqués en guise d’offrande. (Ibn Sâ’d)

Récit de la mort du Prophète et discours d’Abou Bakr (11 H ; 61 ans)

‘Orwa Ibn Zoubayr, qu’Allâh les agrée, rapporte : Abou Bakr revint alors du Sonh sur sa monture et s’arrêta devant la porte de la mosquée. Il vint, affligé et attristé, et demanda la permission d’entrer dans la maison de sa fille Aïcha et elle l’autorisa à entrer. Il entra, le Messager d’Allâh était mort sur son lit et ses femmes étaient autour. Elles voilèrent leurs visages et se cachèrent d’Abou Bakr sauf Aïcha. Il découvrit le visage du Messager d’Allâh et se pencha sur lui en l’embrassant et en pleurant. Il dit : « Ce que prétend Ibn Al-khattab est faux. Le Messager d’Allâh est bien mort, par celui qui tient mon âme dans sa main! Miséricorde d’Allâh sur toi, Ô Messager d’Allah! Tu es si bon, vivant et mort ». Puis il le couvrit de son habit et sortit rapidement à la mosquée. Il passa au-dessus des épaules des gens et arriva au minbar. En le voyant venir, ‘Omar s’assit. Abou Bakr se leva à côté du minbar et appela les musulmans. Ils s’assirent et écoutèrent.
Abou Bakr prononça l’attestation de foi et fit une introduction très touchante. Puis il reprit : « Allâh puissant et glorieux a annoncé à son Prophète sa mort alors qu’il était vivant et parmi vous, de même qu’il vous a annoncé votre mort. La mort est une vérité et il ne restera aucun parmi vous sauf Allâh puissant et glorieux. Allâh élevé a dit : {Mouhammad n’est qu’un messager – des messagers avant lui sont passés. S’il mourait, donc, ou s’il était tué, retourneriez-vous sur vos pas ? Quiconque retourne sur ses pas ne nuira en rien à Allah; et Allâh récompensera bientôt les reconnaissants} (3/144).
-Ce verset est dans le Coran?! s’exclama ‘Omar. Par Allah! Je ne savais pas avant ce jour que ce verset avait été révélé (j’étais inconscient de son sens)!
- Et Allâh élevé, continua Abou Bakr, a dit à Mouhammad, prière et paix sur lui : {En vérité tu mourras et ils mourront aussi} (39/30). Allâh élevé dit aussi : {Tout ce qui est sur elle doit périr. Seule subsistera la face de ton Seigneur plein de majesté et de noblesse} (55/26-27). Il dit encore : {Toute âme goûtera la mort. Mais c’est seulement au jour de la résurrection que vous recevrez votre entière rétribution} (3/185). Allâh a fait vivre Mouhammad et l’a gardé jusqu’à ce qu’il établit grâce à lui la religion d’Allah. Mouhammad a fait triompher la volonté d’Allah, il a transmis la religion d’Allâh et a combattu pour la cause d’Allah, puis il est mort en accomplissant cela. Il vous a laissés sur la voie; quiconque périra aura déjà reçu la preuve et le remède. Celui dont le Seigneur est Allah, Allâh est vivant et ne meurt pas, et celui qui adorait Mouhammad et le considérait comme un dieu, alors son dieu est mort. Musulmans! Soyez pieux envers Allah! Tenez à votre religion! Placez votre confiance en votre Seigneur! La religion d’Allâh est inébranlable et la parole d’Allâh est complète. Allâh aidera celui qui l’aide et il fera triompher sa religion. Le livre d’Allâh est parmi nous; il est la lumière et le remède; par lui, Allâh a guidé Mouhammad, prière et paix sur lui; il contient le licite et l’illicite. Par Allah! Peu nous importe les créatures qui se coalisent contre nous! Nos sabres sont dégainés, nous ne les avons pas encore déposés, et nous combattrons ceux qui nous contredisent comme nous avons combattu avec le Messager d’Allah, prière et paix sur lui. Pour cela que personne ne se lance dans la perdition! ». Puis les mouhajirins partirent avec lui voir le Messager d’Allah, prière et paix sur lui.

Discussion au sujet du califat dans la cour

Ibn ‘Abbâs, qu’Allâh les agrée, rapporte : ‘Omar raconta : voilà ce qui s’est passé quand le Messager d’Allâh mourut. On vint nous dire que les ançars s’étaient réunis dans la cour des Banou Sa’ida pour prêter serment à Saâd Ibn ‘Oubèda, qu’Allâh l’agrée. Je me suis levé précipitamment ainsi qu’Abou Bakr et Abou ‘Oubeyda Ibn Al-jarrah, qu’Allâh les agrée. Nous craignîmes qu’ils ne causent un tort à l’Islam et nous partîmes les rejoindre. Nous rencontrâmes deux hommes véridiques des ançars : ‘Ouwaym Ibn Sa’ida et Maâan Ibn Âadiy, qu’Allâh les agrée. Ils demandèrent : « Où allez-vous? »
Nous répondîmes : « Rejoindre votre tribu, à cause de ce qu’ils préparent ».
Ils proposèrent : « Retournez, car ils ne vous désobéiront pas et ne feront pas une chose que vous désapprouvez ».
Mais nous insistâmes pour partir. Je me mis à arranger des paroles que je voulais dire jusqu’à ce que nous arrivâmes. Ils étaient autour de Saâd Ibn ‘Oubèda qui était malade et couché sur un lit. Quand nous entrâmes, ils prirent la parole et dirent : « Ô mouhajirins! Un émir des nôtres et un des vôtres! »
Houbèb Ibn Almondhir dit : « C’est moi le stratège et le politicien hors pair! Par Allah! Si vous voulez, nous rallumerons la guerre! »
Abou Bakr dit : « Doucement ».
Je voulus parler mais il dit : « Écoute, ‘Omar! »
Il loua Allâh et le félicita puis dit : « Ô ançars! Par Allah! Nous ne nions pas vos vertus, ni votre valeur dans l’Islam, ni nos devoirs envers vous. Mais vous savez bien que cette tribu, Qouraych, tient une place parmi les arabes qu’aucune autre tribu ne possède, et que les arabes ne se soumettront qu’à un homme d’entre eux. Nous serons donc les souverains et vous les ministres. Soyez pieux envers Allah! N’ébranlez pas l’Islam et ne soyez pas les premiers à causer du tort à l’Islam. Je vous propose un de ces deux hommes (moi et Abou ‘Oubeyda), lequel choisirez-vous, vous pourrez lui faire confiance ».
Par Allah! Il avait dit tout ce que je voulais dire, à part cette dernière parole. Par Allah! Je préfère être tué et être ressuscité, puis être tué encore et revivre, sans avoir commis de péché, plutôt que d’être le chef d’un groupe contenant Abou Bakr.
Puis je dis : « Ô ançars! Ô musulmans! La personne qui mérite le plus la place du Messager d’Allâh après lui est le {Deuxième de deux quand ils étaient dans la grotte} (9/40) : Abou Bakr qui a de loin dépassé tous les autres ». Puis je pris sa main et un homme des ançars me précéda et tapa sur sa main avant moi. Puis les gens se suivirent et on laissa Saâd Ibn ‘Oubèda.

Abou Bakr et ‘Omar se rejettent le califat dans la cour

Ibn Sirine rapporte : ce jour-là, Abou Bakr et ‘Omar, qu’Allâh les agrée, rejoignirent les ançars.
Abou Bakr dit : « Ô ançars! Nous ne nions pas vos vertus, et aucun croyant ne nie vos vertus. Par Allah! Tout bien que nous avons atteint, vous y avez participé. Mais les arabes n’accepteront qu’un homme de Qouraych et ne resteront pas sous l’autorité d’un autre. Les qouraychites sont les meilleurs orateurs, ils ont les origines les plus nobles et la terre la plus noble, ils sont aussi les plus généreux parmi les arabes. Prêtez donc serment à ‘Omar!
- Non, répondirent-ils.
- Pourquoi donc? questionna ‘Omar.
- Nous craignons d’être défavorisés.
- Tant que je vivrai, affirma-t-il, cela n’aura pas lieu. Prêtez donc serment à Abou Bakr.
- Tu es plus fort que moi, dit Abou Bakr à ‘Omar.
- Tu es meilleur que moi, répliqua ‘Omar.
- Tu es plus fort que moi, répéta Abou Bakr ».
‘Omar donna la même réponse. Abou Bakr répéta une troisième fois et ‘Omar répondit : « Ma force est à ton service en plus de ta supériorité ».
Ils prêtèrent alors serment à Abou Bakr, qu’Allâh l’agrée. Quand on prêta serment à Abou Bakr, certaines personnes allèrent voir Abou ‘Oubayda Ibn Aljarrah. Il rétorqua : « Vous venez vers moi alors que le {Deuxième de deux} (9/40) est parmi vous! »

Discours de ‘Omar et le serment collectif pour Abou Bakr (11 H ; 61 ans)

Anas raconte : j’ai entendu le deuxième discours de ‘Omar le lendemain de la mort du Messager d’Allah, prière et paix sur lui. Abou Bakr était silencieux et ne disait pas un mot. ‘Omar dit : « J’espérais que le Messager d’Allâh vive jusqu’à ce qu’il soit le dernier d’entre nous à mourir. Mais si Mouhammad est mort, Allâh a mis parmi nous une lumière pour être guidés. Allâh a guidé Mouhammad et Abou Bakr est le compagnon du Messager d’Allâh et le {Deuxième de deux} (9/40). Il est le musulman le plus digne d’être votre chef. Levez-vous donc et prêtez-lui serment (bayâa) ».
Un groupe lui avait déjà prêté serment dans la cour des Banou Sa’ida, et le serment public eut lieu alors sur le minbar. J’ai entendu ‘Omar dire à Abou Bakr à ce moment-là : « Monte sur le minbar ». ‘Omar ne cessa de le presser jusqu’à ce qu’il monta et les musulmans lui prêtèrent serment.

Son premier discours en tant que calife (11 H. ; 61 ans)

Après la mort du Messager d’Allâh et l’élection de Abou Bakr comme calife, il a dit dans un de ses discours : « Allâh a donné à Mouhammed une certaine longévité jusqu’à ce qu’il a pu établir la religion d’Allâh, fait triompher la parole d’Allâh, transmis le Message et combattu pour Sa cause. Allâh a recueilli son âme en cet état et en vous laissant sur ce chemin droit, donc celui qui périra, il périra averti. Quiconque considère que Allâh est son Seigneur, qu’il sache que Allâh est vivant et ne mourra pas. Quant à celui qui adore Mouhammed et le prend pour divinité qu’il sache que celle-ci est morte. Ô hommes! Craignez Allâh! Attachez-vous à votre religion et fiez-vous à votre Seigneur. La religion d’Allâh est déjà établie, la Parole d’Allâh est parfaite, Allâh accorde la victoire à celui qui défend sa religion. Le Livre d’Allâh est entre nos mains, elle est la lumière et la guérison, par quoi Allâh a guidé Mouhammed -que Allâh l’agrée-, et on y trouve le licite et l’illicite. Par Allâh! nous ne soucions plus de ceux qui se rassemblent pour nous combattre. Les sabres d’Allâh sont dégainés et nous ne les avons pas encore mis dans leurs fourreaux. Nous combattrons ceux qui nous seront hostiles comme nous avons combattu à côté du Messager d’Allâh ». (Al-Bayhaqi)

La tentative de démission

Ibn Rahawayh rapporte : quand il fut nommé calife, Abou Bakr s’assit tristement dans sa maison. ‘Omar entra chez lui et Abou Bakr se mit à lui faire des reproches.
Il lui dit : « C’est toi qui m’a fait porter cette responsabilité » et il se plaint de devoir juger entre les gens.
‘Omar lui dit : « Mais tu sais bien que le Messager d’Allâh a dit : si le gouverneur s’efforce et atteint la vérité, il a deux récompenses. Et s’il s’efforce et se trompe, il a une récompense ». Abou Bakr fut alors un peu soulagé.

Aboul Jahhaf rapporte : quand on prêta serment à Abou Bakr il s’enferma pendant trois jours. Il sortait chaque jour et disait : « Musulmans! J’ai annulé votre serment! Prêtez serment à qui vous voulez ». À chaque fois, ‘Ali Ibn Abou Talib lui répondait : « Nous n’acceptons pas ta démission et nous ne te démettons pas. Puisque le Messager d’Allâh t’a placé à l’avant, qui donc te fera reculer? »

Zayd Ibn ‘Ali rapporte : Abou Bakr, qu’Allâh l’agrée se leva sur le minbar du Messager d’Allâh et appela : « Y a-t-il une personne qui déteste que je sois émir pour que je démissionne? » Il répéta cela trois fois.
‘Ali Ibn Abou Talib se leva alors et répondit : « Non, par Allah! Nous n’acceptons pas ta démission et nous ne te démettons pas. Qui donc pourra te faire reculer alors que le Messager d’Allâh t’a placé à l’avant? »

L’une des premières choses qu’il fait en tant que calife est de régler les dettes que le Prophète n’a pu faire de son vivant (11 H. – 61 ans)

Selon Jâbir , le Messager d’Allâh lui a dit : « Si les contributions du Bahrayn arrivaient, je t’en donnerais telle et telle chose ». Mais l’or du Bahrayn n’arriva pas jusqu’à la mort du Prophète . Quand cet or arriva enfin, le calife Abou Bakr cria à haute voix : « Que celui qui a une promesse du Messager d’Allâh ou auquel ce dernier doit quelque chose vienne à nous ».
Je vins à lui et lui dis : « Le Prophète m’a dit ceci et cela ». Il me donna alors une certaine somme. Je la comptai et voilà qu’elle représentait cinq cents (dinars ou dirhams).
Il me dit : « Prends-en encore le double ». (Al-Boukhâri, Mouslim)

Sa fermeté face aux apostats (11 H. ; 61 ans)

Abou Hourayra a dit : « Lorsque mourut le Messager d’Allâh , qu’Abou Bakr lui succéda et qu’un certain nombre de tribus arabes apostasièrent, ‘Omar a dit : « Comment combattrais-tu ces gens alors que le Messager d’Allâh a dit : « J’ai reçu l’ordre de combattre les gens jusqu’à ce qu’ils disent : « Il n’y a de dieu que Allâh », et celui qui l’a dit a mis à l’abri de moi ses biens et sa vie sauf pour ce qui en revient de droit à l’Islam, et c’est à Allâh de lui demander des comptes »?
Abou Bakr lui dit : « Par Allâh! Je combattrai sûrement tous ceux qui font une différence entre la prière et l’aumône légale car l’aumône est la redevance des biens. Par Allâh! S’ils refusent de me donner un bout de corde qu’ils donnaient au Messager d’Allâh, je les combattrai à cause de lui ».
‘Omar dit alors : « Par Allâh! Je ne tardai pas à comprendre que c’était Allâh qui avait fait choisir à Abou Bakr la solution du combat et j’ai su qu’il avait raison »". (Al-Boukhâri, Mouslim)

Aïcha (raa) raconte : mon père partit sur sa monture en brandissant son sabre vers Dhoul Qasça. ‘Ali Ibn Abou Talib vint et attrapa les rênes de sa monture en disant : « Où vas-tu, calife du Messager d’Allah?! Je te dis comme t’a ordonné le Messager d’Allâh le jour d’Ouhoud : range ton sabre et ne nous cause pas la calamité de ta mort. Par Allah! S’il nous arrivait un malheur en ta personne, l’ordre de l’Islam ne sera jamais plus rétabli après toi ». Abou Bakr retourna alors et envoya l’armée.

La bataille de Mouta

La première affaire que mena à bien Abou Bakr fut d’envoyer ‘Ousama Ibn Zayd accompagné d’une légion, avec l’ordre de se rendre du côté des terres de Mouta, là où mourut martyr son père Zayd Ibn Haritha.

Après la mort du Messager , la catastrophe devint grande, l’hypocrisie s’accrut, certaines tribus apostasièrent et certains refusèrent de verser la zaka, l’aumône obligatoire. Abou Bakr s’attacha alors à régler cette affaire primordiale, il ordonna d’équiper les troupes pour combattre les apostats et ceux qui refusaient de verser la zakat. Abou Bakr sortit avec l’armée et marcha jusqu’à arriver à Rabdhah qui est un village voisin de Médine à trois jours de Dhati ‘Irq. Puis, il fut rappelé à Médine et y retourna ; il avait organisé onze légions pour combattre les apostats. Les armées se dirigèrent donc vers l’ennemi et combattirent les apostats. Mousaylama le menteur fut tué, et Toulayhah Ibn Khouwaylid s’enfuit vers la terre de Cham, il avait prétendu être Prophète, mais il se convertit par la suite à l’Islam à l’époque de ‘Omar Ibn al-Khattab. Parmi les compagnons, environ sept cents moururent martyrs, la plupart était de ceux qui connaissaient le Coran par cœur : parmi eux Zayd Ibn al-Khattab le frère de ‘Omar ainsi que Al-Bara Ibn Malik le frère de Anas Ibn Malik, parmi les Bani Hanifah, environ dix-sept mille hommes furent tués.

La compilation du Coran à l’époque de Abou Bakr

Zayd Ibn Thâbit raconte : « ‘Omar était motivé à cause du nombre important de Houffadh (personnes ayant mémorisés le Coran) décédés. Déjà, à l’époque du Prophète, environ soixante-dix d’entre eux avaient déjà été fait martyrs à Bi’r Ma’ouna. Et plus tard, à l’époque de Abou Bakr , une expédition à Yamama contre les apostats coûta la vie à un nombre identique de houffadh (en l’an 12 de l’hégire). Tout ceci fit réfléchir ‘Omar qui essaya de convaincre Abou Bakr avec succès ». (Al-Boukhâri)

Lorsque ‘Omar lui pria de porter une attention particulière à ce projet, il lui répondit : « Comment puis-je accomplir une chose que le Prophète n’a jamais fait ? » Cependant, lorsqu’il réalisa la sagesse et le besoin d’entreprendre un tel acte, il se résolut à le faire et soutint Zayd qui était lui-même hésitant.

C’est pour cette raison que Abou Bakr s’est adressé à lui en ces termes : « Tu es un jeune homme intelligent. Nous ne doutons pas de ton intégrité. De plus, tu écrivais les versets révélés au Prophète « .

La bataille de Dhât As-Salâsil (12 H. – 62 ans)

Dhât As-Salâsil fut la première grande confrontation armée entre les musulmans et les troupes de la Perse, sous le premier calife.

Elle eut lieu au terme des guerres contre les apostats, où les sassanides de Perse avaient prêté main forte à l’imposteur Musaylima Al-Kadhdhâb.

Les troupes musulmanes comptaient 18 000 hommes sous le commandement de Khâlid Ibn Al-Walîd lorsqu’elles arrivèrent aux frontières de la Perse. Refusant d’embrasser l’islam et de verser le tribut, les chefs sassanides de la Perse durent affronter les musulmans dans cette bataille où ils enchaînèrent leurs soldats de peur que ceux-ci fuissent le combat. A peine les armes se rencontrèrent-elles que Khâlid Ibn Al-Walîd se débarrassa du commandant des troupes ennemies appelé Ormizd, ce qui déclina le moral du reste des combattants. Ensuite, les musulmans ne tardèrent pas à remporter la victoire, prenant un part important sur le golfe Arabo-Persique.

Son empoisonnement par les juifs de Khaybar (12 H. ; 62 ans)

Tabari a rapporté dans son Tarikh qu’Abou Bakr avait été invité à un repas par un des principaux chef de la communauté juive de Khaibar ; le calife se trouvait à table avec Al Harith Ibn Khalada, qui était le médecin réputé des Arabes et on leur présenta un plat de riz.

Abou Bakr en mangea une bouchée, Al Harith en prit de même une bouchée mais la rejeta aussitôt en s’écriant : « Il y a dans ce riz un poison qui tue au bout d’une année ! »

La désignation de ‘Omar comme succeseur au califat (13 H. ; 63 ans)

Lorsque Abou Bakr fut sous le coup de la maladie, il réunit auprès de lui Talhah, ‘Outhman Ibn ‘Affan, ‘Abdou r-Rahman Ibn ‘Awf ainsi que d’autres parmi les grands compagnons et il les informa qu’il voyait ‘Omar Ibn Al-Khattab comme calife. Ils approuvèrent cela et firent l’éloge de son avis, puis il apparut devant les gens et les informa que ‘Oumar serait son successeur. Il leur ordonna de l’écouter et de lui obéir. Ensuite, il appela ‘Outhman Ibn ‘Affan et lui dit : « Ecris ! » puis il lui ordonna de cacheter cet écrit avec le sceau du Messager d’Allâh , ce qu’il fit. Ensuite ‘Outhman sortit avec le pli et le lut aux gens. C’est alors qu’ils prêtèrent serment à ‘Omar Ibn Al-Khattab et les gens furent satisfaits que ce soit lui leur calife.

Ensuite Abou Bakr convoqua ‘Omar avec lequel il s’isola en privé et lui dit : « Je t’ai désigné à ma succession, et je te recommande de craindre Allâh. Allâh n’exige que l’on s’acquitte de certains devoirs de nuit, qu’Il ne peut accepter que l’on retarde pour les accomplir de jour ! De même il y a des charges que l’on doit accomplir de jour, Allâh n’aime pas qu’on les retarde pour les éxecuter de nuit ! Allâh n’accepte pas d’actes surérogatoires tant que l’on ne s’est pas acquitté de l’obligatoire qui est prioritaire ! Et si certains verront au Jour Dernier, leur balance pencher vers le bien, ce ne sera certes que grâce à leur attachement à la Vérité. Tandis que ceux dont les pesées seront légères ce sera parce qu’ils auront suivi les voies de l’égarement ; il est bien évident qu’une balance qui n’aura été chargée que de mauvais actes ne vaudra pas grand chose.
Allâh a cité les gens du Paradis en les louant par les meilleurs actes qu’ils aient accompli, et Il leur a pardonné leurs erreurs. Si tu les cite à ton tour dis toi : « J’ai peur de ne pas être parmi eux ! »
De même Allâh a parlé des gens de l’Enfer, et Il leur a rappelé ce qu’ils commettaient. Lorsque tu te souviens d’eux, demande à ne pas être de ceux là. Ne te rappelles pas uniquement des versets où il n’est question que de la Miséricorde d’Allâh, mais souviens toi en même temps des versets qui parlent de Son Châtiment pour que tu sois de ceux qui craignent Allâh et espèrent en Lui. Pour que tu sois quelqu’un qui ne demande d’Allâh que ce qui est conforme à la Vérité, et ne se jette point dans les chemins de la perdition!
Si tu prends en considération mes recommandations, fait alors en sorte que le meilleur absent que tu souhaites rencontrer soit la mort, car elle va te rejoindre ; mais si tu négliges ce que je t’ai recommandé, la mort sera cet absent que tu n’aimes pas rencontrer, alors, qu’en vérité, tu ne pourras point la fuir! « 

Quand ‘Omar sortit, Abou Bakr leva les mains au ciel et invoqua Allâh en disant : « Seigneur, je n’ai voulu par cette décision que le bien des musulmans, pour les préserver de tout désordre (fitna) c’est pourquoi j’ai agi selon ce que TU sais mieux que quiconque, et j’ai fait de mon mieux pour faire le bon choix ; j’ai donc désigné à leur tête le meilleure d’entre eux, le plus capable parmi eux pour s’acquitter de cette charge, celui qui est le plus attentif et le plus sage. Voilà que Ta décision en moi s’accomplit (par la mort) : Sois Celui Qui les prendra en charge, car ils sont Tes serviteurs ; leur volonté est entre Tes Mains. Seigneur, réforme en ien leur tuteur fais en sorte qu’il soit parmi tes « califes bien guidés » et réforme pour lui ses sujets ».

Sa mort (13 H ; 63 ans)

Sa maladie survint le lundi sept du mois de Joumâdâ en l’an 13 de l’Hégire, dura 15 jours, et il mourut le mardi à l’heure de la prière du soir, huit jours avant la fin du mois.

La mort de Abou Bakr As-Siddiq eut lieu la treizième année, la nuit du mardi précédant les sept derniers jours du mois de Joumada Al-’Akhirah, à l’âge de soixante trois ans.

Son califat dura deux ans, trois mois et treize jours (ou sept jours de moins).

Ce qu’Abou Bakr dit au moment de sa mort à ‘Abdarrahmân Ibn ‘Awf

‘Abdarrahmân Ibn ‘Awf rapporte : Abou Bakr, As-Siddiq me dit au moment de sa mort : « Je ne regrette rien à part trois choses que j’ai faites, et j’aurais voulu ne pas les avoir faites, et trois autres choses que je n’ai pas faites, et j’aurais voulu les avoir faites, et trois autres choses que j’aurais voulu demander au Messager d’Allah, prière et paix sur lui ».
Parmi ces choses, il dit : « J’aurais voulu, le jour de la cour des Banou Sa’ida, lancer le califat à l’un de ces deux hommes : Abou ‘Oubayda ou ‘Omar. Il aurait était émir et j’aurais été ministre ».
Il dit aussi : « J’aurais voulu, quand j’ai envoyé Khalid au Chèm, envoyer ‘Omar en Irak. J’aurais ainsi étendu mes mains à droite et à gauche dans la voie d’Allah. Quant aux trois que j’aurais voulu demander au Messager d’Allâh j’aurais voulu lui demander à qui doit revenir le califat, ainsi personne ne le disputera au calife. J’aurais aussi voulu lui demander si les ançars y ont droit. J’aurais enfin voulu le questionner sur l’héritage de la tante maternelle et de la nièce par la soeur, car j’ai un doute là-dessus ».

Alors qu’Abou Bakr agonisait il se découvrit le visage et dit à sa fille ‘Aicha (raa) qui était affligée :
« Ne sois pas dans cet état mais récite plutôt : {Et puis voici le vertige de la mort, dévoilant du coup la vérité. Voilà Homme ce que tu cherchais à fuir !} (50/19)
Abou Bakr dit ensuite : « Prenez ces deux habits, lavez les, et utilisez les pour mon linceul; car les vivants ont plus besoin du neuf que le mort ! ».

Le lavage de son corps et son enterrement

Sa femme Asma Bint ‘Oumaïss et son fils ‘Abd Arrahman se chargèrent du lavage rituel de son corps.

Selon At-Tabari ‘Omar Ibn Al Khattab ordonna qu’on l’enterra immédiatement. Il fut enterré à côté de la tombe du Prophète d’Allâh dans la chambre personnelle (chouqqa) du Messager d’Allâh . ‘Omar, Talha et ‘Abd Arrahman (le fils d’Abou Bakr) descendirent dans la tombe et y placèrent le corps.

Sa description physique

Il était blanc de visage, le corps fin, les favoris non fournis, le front proéminent.

 


Ses mérites

On rapporte au sujet de Abou Moûsa Al-Ach’ari qu’il dit : « Je serai aujourd’hui le portier du Messager d’Allâh ».
A ce moment arriva Abou Bakr qui poussa la porte. Je dis : « Qui va là? »
Il dit : « Abou Bakr ».
Je lui dis : « Attends un peu ».
Puis je m’en allai et dis : « Ô Messager d’Allâh! Voilà Abou Bakr qui demande l’autorisation d’entrer ».
Il dit : « Laisse-le passer et annonce-lui le Paradis ».
Je retournai auprès de Abou Bakr et lui dis : « Tu peux entrer et le Messager d’Allâh t’annonce le Paradis ». (Al-Boukhâri, Mouslim)

Selon Abou Hourayra, le Messager d’Allâh a dit : « Celui qui réunit deux bonnes actions au service d’Allâh, s’entend appeler à partir des portes du Paradis : « Ô esclave d’Allâh! Voilà une bonne chose que tu viens de faire ». Celui qui fait partie des pratiquants fervents de la prière est appelé à partir de la porte de la prière. Celui qui fait partie des volontaires fervents à la guerre sainte est appelé à partir de la porte de la guerre sainte. Celui qui fait partie des pratiquants fervents du jeûne est appelé à partir de la porte dite « du Rayyan » et celui qui fait partie des dispensateurs fervents d’aumônes est appelé à partir de la porte de l’aumône ». Abou Bakr dit : « Ô Messager d’Allâh! Que mon père et ma mère te servent de rançon! Il suffit d’être appelé à partir de l’une de ces portes pour être sûr du succès (d’entrer au Paradis)? Est-il possible que quelqu’un soit appelé à partir de toutes ces portes à la fois? »
Il dit : « Oui et j’ai bon espoir que tu sois l’un d’eux ». (Al-Boukhâri, Mouslim)

Le Messager d’Allâh a dit : « S’il m’avait été permis d’avoir pour ami intime quelqu’un d’autre que Allâh, cela aurait été Abou Bakr. Seulement il est mon frère et mon compagnon ». (al-boukhâri)

Le Prophète a dit : « Abou Bakr et Omar seront les guides de tous les hommes adultes au Paradis : du premier au dernier ; sauf les Prophètes et messagers d’Allah ». (Tirmidhi, Ibn Mâja, Ibn Sa’d, Ahmad)

Le Messager d’Allâh a dit : « Certes, Abou Bakr, tu seras le premier individu de ma communauté à entrer au Paradis ! ». (Abou Dawoud et Al Hakim)

Houdhayfa a rapporté que le Prophète a dit : « Prenez exemple sur ceux qui viendront après moi : Abou Bakr et ‘Omar ! ». (Tirmidhi et Al-Hakim)

‘Aïcha a rapporté que l’envoyé d’Allâh a dit : « Il ne peut être question, lorsqu’Abou Bakr est présent dans un groupe, que ce soit quelqu’un d’autre qui dirige la prière ! ». (at-tirmidhi)

D’après Ibn ‘Omar , le Prophète a dit à Abou Bakr : « Tu étais mon compagnon dans la caverne, et tu seras mon compagnon près du Bassin (au jour de la Résurrection) ». (at-tirmidhi)

Abou Houraïra a rapporté que le Messager d’Allâh a dit : « Toute personne qui m’a prêté main forte, j’ai pu l’en récompenser, excepté Abou Bakr : il a eu pour moi tant de bienfaits, que seul Allâh saura l’en récompenser au Jour du Jugement dernier, et en vérité, il n’y a pas d’argent qui m’ait été aussi utile, comme l’a été l’argent d’Abou Bakr ! ». (at-tirmidhi)

Zayd Ibn Aslam a rapporté de son père qui a dit : J’ai entendu ‘Omar Ibn al-Khattâb dire : Le Messager d’Allâh (Prière et salut d’Allâh sur lui) a ordonné de donner l’aumône, et il se trouvait que j’avais une somme d’argent. Alors je me suis dit : Aujourd’hui, je ferai mieux qu’Abou Bakr, si j’arrive un jour à rivaliser avec lui. J’ai fait don de la moitié de ma richesse. Le Messager d’Allâh (Prière et salut d’Allâh sur lui) m’a demandé : Qu’as-tu laissé pour ta famille ?
J’ai dit : J’ai laissé l’équivalent de ce que j’ai donné.
Mais Abou Bakr avait apporté toute sa richesse et le Messager d’Allâh (Prière et salut d’Allâh sur lui) lui a demandé : Qu’as-tu laissé pour ta famille?
Il a répondu : Je lui ai laissé Allâh et Son Messager.
J’ai dit : Je ne rivaliserai plus jamais avec toi en quoi que ce soit.

Selon ‘Abdurrahman Ibn Abi Bakr As-Siddiq, son père dit une fois à ses invités : « Mangez en toute tranquillité. Moi, par Allâh, je n’y goûterai pas ». (Il craignait que le repas ne suffise pas à tout le monde).
‘Abdurrahman dit : « Par Allâh, toutes les fois qu’on en prenait une bouchée, le volume du dîner augmentait par sa base si bien qu’ils ont mangé à satiété et le manger était encore plus copieux qu’au départ. Abou Bakr regarda le manger et dit à sa femme : « Ô sœur des béni Firas! Qu’est-ce donc que cela? »
Elle dit : « Par tout ce que j’aime, voilà donc que notre dîner est trois fois plus abondant qu’au début ».
(Devant cette abondance inattendue) Abou Bakr se décida enfin à manger avec eux en disant : « Le serment que j’avais fait de ne pas manger n’était qu’une inspiration du Diable ».
Il en prit une bouchée puis porta le plat au Prophète et le manger se trouva ainsi chez lui. Or juste en ces temps expira le terme d’une trêve entre nous et certaines tribus. Douze hommes des nôtres arrivèrent chacun avec ce qu’il avait pu mobiliser comme hommes (pour reprendre le combat contre ces tribus), Tous purent en manger à leur faim ». (Al-Boukhâri, Mouslim)

Ibn Kathîr a dit : « Abou Bakr était le plus savant dans le Livre d’Allâh parmi les compagnons , car il est arrivé au Messager d’Allâh de le désigner pour diriger la prière à sa place, or le Messager d’Allâh a dit par ailleurs : « Celui qui guide les autres dans la prière doit être le plus savant d’entre eux » 

À propos de Artisan de l'ombre

Natif de Sougueur ex Trézel ,du département de Tiaret Algérie Il a suivi ses études dans la même ville et devint instit par contrainte .C’est en voyant des candides dans des classes trop exiguës que sa vocation est née en se vouant pleinement à cette noble fonction corps et âme . Très reconnaissant à ceux qui ont contribué à son épanouissement et qui ne cessera jamais de remémorer :ses parents ,Chikhaoui Fatima Zohra Belasgaa Lakhdar,Benmokhtar Aomar ,Ait Said Yahia ,Ait Mouloud Mouloud ,Ait Rached Larbi ,Mokhtari Aoued Bouasba Djilali … Créa blog sur blog afin de s’échapper à un monde qui désormais ne lui appartient pas où il ne se retrouve guère . Il retrouva vite sa passion dans son monde en miniature apportant tout son savoir pour en faire profiter ses prochains. Tenace ,il continuera à honorer ses amis ,sa ville et toutes les personnes qui ont agi positivement sur lui

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5 Réponses à “Abou Bakr”

  1. Benmesbah Djamel Dit :

    L’année de l’éléphant

    Les Ethiopiens avaient conquis le Yémen et y avaient construit une église somptueuse dans l’espoir d’évincer la Kaaba et d’y attirer les caravanes de pélerins qui se rendaient chaque année à la Mecque. Mais les Arabes restèrent fidèles à leur premier temple élevé (ou rénové) par Ibrahim (as) et pour se venger de cette concurrence, des Arabes se rendirent au temple de Yémen pour y commettre un sacrilège.

    Les Abyssins envoyèrent alors leur général « Abraha » à la tête d’une puissante armée et avec un énorme éléphant destiné à effrayer les Arabes et à démolir la Kaaba. Les Arabes furent effectivement effrayés et laissèrent la voie libre aux Abyssins. Mais, arrivés aux portes de la Mecque, Dieu envoya sur eux une nuée d’oiseaux qui les bombardèrent avec des cailloux, pas plus gros que la taille de pois chiches (voir la sourate Fil Coran n° 105). Ainsi le temple fut sauvé par ce miracle dont tous les Arabes ont été témoins. En outre, une épidémie tua Abraha et la plupart de ces hommes. C’est en cette année dite de l’éléphant que naquit le Prophète et Messager Mohamed (SAW).

  2. benmesbah Djamel Dit :

    Introduction aux sourates du Coran
    Section : Sourates 101 à 114
    Sourate Al-Fîl (L’Eléphant)
    lundi 26 novembre 2001

    Nom
    La sourate tient son nom de l’expression « ashâb al-fîl » [les gens de l’éléphant] dans le tout premier verset.

    Période de Révélation
    À l’unanimité, il s’agit d’une Sourate Mecquoise ; et en l’étudiant d’après son contexte historique, il apparaît qu’elle fut nécessairement révélée à la toute première étape de la période Mecquoise.

    Contexte Historique
    Comme nous l’avons expliqué auparavant dans l’introduction à sourate Al-Burûj, afin de se venger des persécutions subites par les disciples du Prophète Jésus-Christ [Sayyidna ’Îsa] (paix sur lui) à Najrân par Dhû-Nuwwas, un dirigeant Juif du Yémen, le Royaume Chrétien d’Abyssinie envahi alors le Yémen puis y mit fin à l’autorité Himyarite, et c’est à l’an 525 de notre ère que le pays dans son ensemble passa sous le contrôle des Abyssiniens.

    À vrai dire, c’est par le biais d’une collaboration entre l’empire Byzantin de Constantinople et le Royaume Abyssinien que tout ceci arriva car en ces temps-là les Abyssiniens ne possédaient guère de flotte navale. Par conséquent, la flotte était fournie par Byzance tandis que l’Abyssinie envoya 70 000 [hommes] parmi ses troupes à son bord navigant sur la Mer Rouge jusqu’au Yémen. Au départ il faut comprendre avant tout que tout ceci ne s’est pas préparé essentiellement pour des motifs religieux, car des facteurs économiques et politiques étaient également en jeu et probablement ils représentaient le véritable motif tandis que la vengeance du sang chrétien n’était qu’un prétexte.

    Par la suite, l’empire Byzantin occupa l’Egypte et la Syrie, et il alla jusqu’à tenter de prendre possession du commerce organisé entre l’Afrique Orientale, l’Inde, l’Indonésie, etc… et l’autorité Byzantine : afin de gagner un maximum de profit ils éliminèrent les intermédiaires c’est à dire les Arabes qui contrôlaient le commerce de ces pays durant des siècles. Pour cette perspective, en l’an 24 ou 25 av. J-C, Auguste César envoya une armée massive, sous le commandement de Gallus Aellius, un Général Romain, qui s’installa sur la côte occidentale de l’Arabie pour intercepter et occuper la voie maritime entre l’Arabie du sud et la Syrie.

    Mais l’opération butta dans l’accomplissement de son devoir en raison des conditions géographiques extrêmes en Arabie. Après cela, les forces Byzantines emmenèrent leur flotte à l’intérieur de la mer Rouge et mirent fin au commerce des Arabes qui jusque-là ne s’effectuaient que par la mer, du coup, ils n’eurent pour choix que de continuer par la voie terrestre. Pour se saisir de cette route fondamentale, ils avaient conspiré avec les Chrétiens Abyssiniens afin qu’ils les assistent avec leur flotte pour les aider à occuper le Yémen. Cependant, les affirmations des historiens arabes à propos de l’armée Abyssinienne qui avait envahi le Yémen sont différentes. En effet, Hafz Ibn Kathir affirme qu’elle était menée par deux commandants, Aryat et Abrahah, et selon Mohammed Ibn Ishaq, le commandant [de l’armée] était Aryat, alors que Abrahah en faisait juste partie. Mais tous les deux sont unanimes vis à vis de la défaite de Aryat et de Abrahah. Aryat fût tué lors du combat et Abrahah prit possession du pays puis il persuada le roi de le nommer en tant que vice-roi du Yémen.

    Dans un autre sens, Les historiens grecs et Syriaque affirment qu’une fois le Yémen avait été conquit, les Abyssiniens ont commencé l’exécution des chefs Yéménites qui avaient comIbné une résistance. L’un de ces chefs nommé As-Sumayfi Ashwa (ou Esympheus d’après les historiens grecques) se livra aux Abyssiniens tout en leur promettant de payer un impôt, fini par obtenir de la part du roi Abyssinien la garantie d’être nommé gouverneur du Yémen. Or l’armée Abyssinienne se révolta contre lui et nomma à sa place Abrahah en qualité de gouverneur.

    Cet homme à l’origine esclave d’un marchand grecque du port maritime Abyssinien de Adolis, avait de par son habileté diplomatique réussi à exercer une influence conséquente dans l’armée Abyssinienne qui occupait le Yémen. Les troupes envoyées par les Négus pour le punir ou bien pour le mettre en garde fussent toutes vaincu par lui-même. Par la suite, après la mort du roi, son successeur s’était alors résigné à l’accepter en tant que vice-régent du Yémen (Les historiens Grecques orthographient « Abrames » et les historiens Syriaques « Abraham ». Abrahah peut en fait être une variante Abyssinienne pour « Abraham », car dans sa version Arabe il s’agit de « Ibrahim »).

    Petit à petit, cet homme était devenu un dirigeant indépendant au Yémen. Il ne reconnaissait la souveraineté des Négus uniquement que par le nom et il se réclamait comme leur député. L’influence qu’il exerça peut-être appréciée par le fait qu’après la restauration du barrage de Marib en l’an 543 de notre ère, il célébra l’événement en préparant un grand festin, auquel était convié les ambassadeurs de l’empereur Byzantin, le roi d’Iran, le roi de Hirah, et le roi de Ghassan. Ses détails complets sont présentes dans une inscription qu’Abrahah avait monté sur le barrage. D’ailleurs, cette inscription existe toujours et Glaser l’avait même publié. (Pour plus de détails, cf. l’introduction à Sourate Saba).

    Après avoir stabilisé son autorité au Yémen, Abrahah orienta alors son attention au tout premier motif de cette campagne amorcée avant l’empire Byzantin et ses alliés, les Chrétiens Abyssiniens, c’est à dire la propagation du Christianisme en Arabie d’une part puis de s’approprier le commerce organisé par les Arabes entre les pays orientaux et l’autorité Byzantine d’autre part. D’ailleurs, sa nécessité s’accentua d’autant plus que la lutte Byzantine contre l’empire Sassanide d’Iran pour le pouvoir avait entravé tout les itinéraires du commerce Byzantin avec l’Orient.

    Pour arriver à cette fin, Abrahah construit à San`a, capitale du Yémen, une magnifique cathédrale, que les historiens arabes ont appelé al-Qalis, al-Qullais, ou bien al-Qulais, ce mot étant la traduction Arabe du mot Grecque Ekklesia , une église. Selon Mohammed Ibn Ishaq, après avoir terminer la construction de cet édifice, il écrit aux Négus, disant : « je ne marquerai aucune pause tant que je n’aurai détourné le pèlerinage des Arabes vers cela. » Ibn Khathîr note qu’il avait déclaré ouvertement son intention au Yémen et qu’il l’avait annoncé publiquement.

    En réalité, il a voulu provoquer les Arabes à la riposte ce qui lui aurait attribué un prétexte pour s’attaquer à la Mecque et de détruire la Ka’bah. Muhammad Ibn Ishaq raconte qu’un Arabe furieux vis à vis de cette audition publique alla par une manière ou une autre à l’intérieur de la cathédrale et la souilla. Ibn Khatir dit qu’il s’agissait d’un Qurayshite et selon Muqatil Ibn Sulayman, quelques jeunes hommes parmi les Qurayshites mirent le feu à la cathédrale. L’un ou l’autre s’était sans nul doute déroulé dans la mesure où l’audition d’Abrahah était certainement provocatrice et au cours de l’ère pré-islamique il n’était pas impossible qu’un Arabe ou bien un jeune Qurayshite eusse été en colère au point de souiller la cathédrale ou bien d’y mettre le feu.

    Néanmoins, il se pourrait aussi qu’Abrahah puisse le commanditer à son propre agent afin de trouver un motif pour envahir la Mecque et par conséquent d’atteindre l’ensemble de ses desseins c’est à dire l’anéantissement des Qurayshs puis l’intimidation des Arabes. Dans tous les cas, quoiqu’il en soit, lorsque Abrahah fût informé que des dévots de la Ka’bah avaient souillé sa cathédrale, il jura qu’il n’aura aucun répit tant qu’il n’aura pas détruit la Ka’bah.

    Ainsi, en l’an 570 ou 571 de notre ère, il prit 60 000 troupes et 13 éléphants (9 éléphants selon une autre tradition) et se mit en route pour la Mecque. Sur le chemin, un chef Yéménite, Dhur Nafr de son nom, escorté par une armée Arabe lui résista d’abord mais fût finalement vaincu et même prisonnier. A ce moment-là, dans le pays de Khath`am il s’était opposé à Nufayl Ibn Habib Al-Karth’am, avec sa tribu, mais à son tour il a été vaincu puis prisonnier mais afin d’avoir la vie sauve il accepta de le servir comme guide au travers du pays Arabe. Lorsqu’il arriva près de Tayf, les Bani Thaqif ont estimé qu’ils n’étaient pas en mesure de résister à une telle force si impressionnante et appréhendant le danger qu’il puisse détruire aussi le temple de leur divinité Lat, leur chef, Mas`ûd, accompagné de ses hommes vinrent trouver Abrahah tout en lui expliquant que leur temple n’était pas le celui qu’il était venu détruire.

    Le temple qu’il recherchait se trouve à la Mecque et qu’ils lui enverraient un homme pour le guider jusque là-bas. Abrahah accepta l’offre et les Bani Thaqîf envoyèrent alors Abû Righal comme guide. Lorsqu’ils atteignirent al-Mughanas (ou al-Mughammis), une place située à environs 5 kilomètres de la Mecque, Abû Righal mourût et les Arabes lapidèrent sa tombe ; d’ailleurs cette pratique demeure toujours à ce jour. Ils maudirent également les Banî Thaqîf pour avoir coopéré avec les envahisseurs de la Maison d’Allâh simplement pour sauver le temple de Lât.

    Selon Muhammad Ibn Ishaq, à partir d’Al-Mughammas Abrahah envoya son avant-garde qui lui rapporta le butin des gens de Tihanah et de Quraysh, parmi lequel se comptait 200 chameaux de Abdul Muttallib, le grand-père du Saint-Messager d’Allâh — paix et bénédictions sur lui —. Puis, il dépêcha un de ses émissaires pour la Mecque porteur du message qu’il n’était pas venu pour attaquer les gens de la Mecque, mais juste pour détruire La Maison (i.e la Ka’bah). Si ils ne manifestent aucune résistance, il n’y aura pas de bain de sang. Egalement, Abrahah informa son émissaire que si les gens de la Mecque désirent négocier ils devront dépêcher auprès de lui leur principal chef. En ce temps là, ce chef était `Abd Al-Muttalib. L’émissaire alla à lui et lui adressa donc le message d’Abrahah. `Abd Al-Muttalib répondit : « Nous n’avons pas la force pour combattre Abrahah. C’est la Maison d’Allâh. Si Il le souhaite, Il sauvera Sa Maison ».

    L’émissaire lui demanda alors de l’accompagner chez Abrahah. Il consentit et alla avec lui voir le roi. A cet époque, `Abd Al-Muttalib était un homme très honorable et majestueux que lorsque Abrahah le vit il fût aussitôt impressionné il quitta son trône et s’essaya auprès de lui sur un tapis. Ensuite il lui demanda ce qu’il voulait. `Abd Al-Muttalib répondit qu’il souhaite que le roi lui retourne les chameaux qui lui ont été volé. Abrahah dit : « J’ai été très impressionné quand je t’ai vu mais ta réponse vient de te rabaisser à mes yeux : tu exiges seulement tes chameaux mais tu ne dites pas un mot au sujet de cette Maison qui est ton sanctuaire tout comme le sanctuaire de tes ayeux ». Il répondit : « Je suis le propriétaire de mes chameaux et je te demande de me les rendre. En ce qui concerne la Maison, Elle a Son propre Propriétaire : Il la gardera ». Lorsque Abrahah dit qu’Il ne sera pas en mesure de la garder face à lui, `Abd Al-Muttalib répondit que tout ceci restera entre Lui et lui [Abrahah]. De là, `Abd Al-Muttalib le quitta et ce dernier lui restitua ses chameaux.

    La tradition de Ibn `Abbâs n’est pas pareille. En effet, du tout elle ne mentionne la restitution des chameaux. Selon toujours ses traditions rapportées par Abd Ibn Humayd, Ibn al-Mundhir, lbn Mardaweih, Hakim, Abû Nu`aym et Al-Bayhaqî, il affirma lorsque Abrahah arriva à As-Sifah (un endroit situé entre Arafat et Tayf dans les montagnes près des limites sacrées de la Mecque), `Abd Al-Muttalib se dirigea vers lui et dit : « Il n’y avait aucune raison pour toi de venir de si loin. Tu aurais du nous en charger et nous t’aurions apporté ce dont tu voulais. » Il répondit : « J’ai entendu dire qu’il s’agit de la Maison de la clémence : je suis venu pour détruire sa clémence. » Sur ce, `Abd Al-Muttalib dit : « C’est la Maison d’Allâh. Il n’a permit à personne d’aller jusqu’à la conquérir. » Abrahah répliqua : « nous ne partirons pas avant que nous ne l’ayons détruite » `Abd Al-Muttalib objecta : « Tu peux nous prendre tout ce qui te plaît puis repartir. » Abrahah refusa de céder et ordonna à ses troupes d’avancer, laissant par derrière `Abd Al-Muttalib.

    En laissant ces deux traditions en tant que telle, une chose par la suite évidente est que les tribus qui vivaient à l’intérieur et en périphérie de la Mecque n’avaient certainement pas la puissance nécessaire pour combattre et de sauver la Ka’aba face une force si impressionnante. Du coup, les Qurayshs n’ont pas cherché à comIbner une quelconque résistante. Par ailleurs, à l’occasion de la Bataille de la Tranchée (ahzab) et en dépit de l’alliance avec les tribus payennes et Juives, les Qurayshs avaient à peine été en mesure de réunir une force évaluée entre dix à douze mille hommes ; manifestement ils n’auraient pas pu résister à une armée forte de 60,000 [hommes].

    Muhammad Ibn Ishaq relate qu’après être revenu du camp d’Abrahah, `Abd Al-Muttalib ordonna aux Qurayshites de se s’éloigner de la cité et d’aller en compagnie de leur familles vers les montagnes par crainte d’un massacre collectif. Puis il alla à la Ka`bah accompagné de quelques chefs Qurayshites et prenant à la main l’anneau de fer de la porte, implora Allâh le Tout-Puissant de protéger Sa Maison de même que ses gardiens. A cette époque-là 360 idoles étaient présentes autour et à l’intérieur de la Ka`bah, or à cet instant critique ils les avaient ignorées et supplièrent uniquement Allâh de les secourir. Leurs supplications retranscrites dans les livres d’histoire ne comprenaient aucun nom, excepté celui d’Allâh, l’Unique. Ibn Hishâm dans son livre [La Vie du Prophète] a cité quelques invocations d’`Abd Al-Muttalib, dont la teneur est la suivante :

    « Ô Dieu, un homme protège sa maison, donc protége Ta Maison ; ne permet pas à leur incursion ainsi qu’à leur ruse de triompher de Ta ruse demain. Si Tu envisages de les laisser et par conséquent leur laisser notre qiblah, Tu auras agit selon ta Volonté. » A ce propos, Suhaill dans son Raud Al-Unuf a aussi cité cette invocation : « Assistes aujourd’hui Tes dévots contre les dévots de l’incursion et ses fidèles. » De son côté, Ibn Jarîr a également cité les invocations récitées par `Abd Al-Muttalib dans sa supplication : « mon Seigneur, je n’ai de chères espoirs envers quiconque excepté de Toi. Ô mon Seigneur, protége Ta Maison d’eux. L’ennemi de cette Maison est Ton ennemi. Arrête-les dans la destruction de Ton établissement. »

    Après avoir récité ces supplications `Abd Al-Muttalib et ses compagnons s’en allèrent à leur tour vers les montagnes. Le lendemain matin Abrahah était disposé à entrer à la Mecque, or son éléphant particulier, Mahmud, qui était aux avant postes, s’agenouilla. Bien qu’il fût battu par des barres de fer, aiguillonné, et même scarifié, il ne se leva point. Lorsqu’ils l’orientaient vers le sud, le nord, ou bien l’est, il chargea immédiatement, or une fois orienté vers La Mecque, il s’agenouilla de nouveau. Pendant ce moment-là, une nuée d’oiseaux surgit et fît pleuvoir sur les troupes des pierres qu’ils portaient à leurs becs et griffes. Ceux qui étaient touchés commençaient à se décomposer. Selon Muhammad Ibn Ishaq et Ikrimah, c’était la variole, qui pour la première fois a été observé en cette année en Arabie.

    Ibn `Abbâs dit que celui qui était touché par un cailloux, commençait à gratter son corps jusqu’à l’altération de la peau puis une diminution de la chair. Dans une autre tradition selon `Ibn Abbas la chair et le sang qui coula comme de l’eau ainsi que les os du corps étaient perceptible à l’œil nu. La même chose arriva également à Abrahah. En effet, sa chair tomba en morceaux et sur son corps des trous se produirent dégageant pus et sang. Dans ce chaos ils se retirèrent tous pour regagner le Yémen. Nufayl Ibn Habîb, guide qu’ils avaient ramené du pays de Khatham, avait été retrouvé et prié de les guider afin de retourner au Yémen, mais il refusa en disant : « Maintenant par où quelqu’un peut-il fuir dès lors qu’il est chassé par Dieu ? Le nez fendant (Abrahah) est désormais le conquit, et non le conquérant ».

    A mesure qu’ils s’échappaient, ils tombaient près de la baie et mourraient. `Atâ Ibn Yasâr dit que toutes les troupes n’ont pas péri à cet endroit ; certaines ont péri là-bas même tandis que d’autres ont péri en chemin alors qu’ils s’échappaient. C’est au pays de Khath`am qu’Abrahah mourut.

    Cet événement s’était déroulé à Muhassir dans la vallée de Muhassab, entre Muzdalifah et Mina. Selon le Sahih de Muslim et d’Abû Dâwûd, d’après la description du pèlerinage de l’adieu du Saint Prophète que l’Imam Jafar as-Sadiq à rapporté de son père, l’Imam Muhammad Al-Bâqir, et de lui même de notre maître Jabir Ibn Abdullah, il dit que lorsque le Saint Prophète — paix et bénédictions sur lui — poursuivit sa route de Muzdalifah à Mina, il accéléra le pas dans la vallée de Muhassir. L’imam An-Nawawî expliqua ce fait en disant que l’incident des gens de l’éléphant était arrivé en ce lieu ; de ce fait, les pèlerins sont exhortés de passer rapidement, car Muhassir est un lieu tourmenté. Dans Al-Muwatta’, l’Imam Mâlik a rapporté que le Saint Prophète a dit que Muzdalifah est entièrement une place convenable pour stationner mais il ne faut pas rester dans la vallée de Muhassir. Dans les écrits de Nufayl Ibn Habib, que Ibn Ishaq a cité, il décrit cet événement en tant que témoin oculaire : « Tu aurais vu cela, O Rudaina, mais tu n’as point vu, ce que nous avons vu dans la vallée de Muhassab. J’ai loué Dieu lorsque j’ai vu les oiseaux et je craignais que des pierres puissent nous atteindre. Tous étaient à la recherche de Nufail comme si je possédais une dette envers les Abyssiniens. »

    C’était un fait si capital qu’aussitôt il se propagea à travers l’Arabie et plusieurs poètes en ont même fait le thème principal de leurs poésies élogieuses. Dans ces poésies une chose complètement évidente est que tout à chacun considère ce fait comme une manifestation du pouvoir miraculeux d’Allâh Le Tout Puissant et personne, même pas par allusion, n’a dit que les idoles jusque-là adorées dans la Ka’bah avaient une quelconque complicité avec cela. Par exemple, Abdullah ibn Az-Zibara dit : « Les soixante mille [hommes] ne sont jamais rentrés chez eux, ni même leur homme mal en point (Abrahah) qui n’a pas survécu au retour. Ad et Jurham étaient là bas avant eux et au-dessus des serviteurs se trouve Allâh, Qui les soutient. » Abû Qais Ibn Aslat dit ; « Elève-toi et adore ton Seigneur et désigne les Coins de la Maison d’Allâh située entre les Montagnes de La Mecque et Mina. Lorsque l’assistance du Souverain du Trône était parvenue à toi, Ses armées les ont repoussés de façon à ce qu’ils demeurent allongés dans la poussière, bombardés par des pierres. »

    Pas seulement que ça, car d’après nos maîtres Umm Hani et Az-Zubayr Ibn Al-`Awwâm, le Saint Prophète — paix et bénédictions sur lui — a dit : « Les Qurayshites n’ont adoré personne, excepté Allâh, le Seul et Unique, pendant dix années (et selon d’autres [sources], pendant sept années). La tradition d’Umm Hani fût rapporté par l’Imam Bukhari dans son Târîkh puis par At-Tabarani, Al-Hakim, Ibn Mardaweih ainsi que Al-Bayhaqi dans leurs collections de Hadiths. Le propos de notre maître Zubair a été rapporté par Tabarani, Ibn Marduyah et Ibn Asakir puis il a par la suite été confirmé par le hadîth mursal [1] de notre maître Sa’id Ibn al-Musayyab, que Al-Khatîb Al-Baghdâdî a consigné dans son Târîkh.

    Les Arabes décrivent l’année durant laquelle cet événement a eu lieu comme `Âm Al-Fîl (l’année de l’éléphant) et c’est aussi en cette année que le Saint Messager d’Allâh — paix et bénédictions sur lui — est né. Les exégètes et les historiens attestent pratiquement tous à l’unanimité, que l’épisode des gens de l’éléphant s’est passé au cours du [mois] Muharram et que le Saint Prophète était né au cours du [mois] Rabi` Al-Awwal. Une majorité d’entre eux affirment qu’il a été mit au monde 50 jours après l’épisode de l’éléphant.

  3. benmesbah Djamel Dit :

    Naissance du prophète PSL
    http://www.lepetitsavant.com/histoire/h1.htm

  4. abderrazak Dit :

    salamo3aleïkoum
    je voulai savoir quels sont les noms compagnoms qui a dirigé la prière alors que le prophète priait dérrière eux

  5. abderrazak Dit :

    et aussi sur tout les compagnons lequel et le seul a etre cité dans le Coran

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