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Les deux Mulets.

13 mai 2009

Non classé

Deux Mulets cheminaient, l’un d’avoine chargé,
L’autre portant l’argent de la Gabelle.
Celui-ci, glorieux d’une charge si belle,
N’eût voulu pour beaucoup* en être soulagé.
Il marchait d’un pas relevé*,
Et faisait sonner sa sonnette* :
Quand l’ennemi se présentant,
Comme il en voulait à l’argent,
Sur le Mulet du fisc* une troupe se jette,
Le saisit au frein et l’arrête.
Le Mulet, en se défendant,
Se sent percer de coups : il gémit, il soupire.
« Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ?
Ce Mulet qui me suit du danger se retire,
Et moi j’y tombe, et je péris.
- Ami, lui dit son camarade,
Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi :
Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi,
Tu ne serais pas si malade. « 

Jean de La Fontaine

À propos de Artisan de l'ombre

Natif de Sougueur ex Trézel ,du département de Tiaret Algérie Il a suivi ses études dans la même ville et devint instit par contrainte .C’est en voyant des candides dans des classes trop exiguës que sa vocation est née en se vouant pleinement à cette noble fonction corps et âme . Très reconnaissant à ceux qui ont contribué à son épanouissement et qui ne cessera jamais de remémorer :ses parents ,Chikhaoui Fatima Zohra Belasgaa Lakhdar,Benmokhtar Aomar ,Ait Said Yahia ,Ait Mouloud Mouloud ,Ait Rached Larbi ,Mokhtari Aoued Bouasba Djilali … Créa blog sur blog afin de s’échapper à un monde qui désormais ne lui appartient pas où il ne se retrouve guère . Il retrouva vite sa passion dans son monde en miniature apportant tout son savoir pour en faire profiter ses prochains. Tenace ,il continuera à honorer ses amis ,sa ville et toutes les personnes qui ont agi positivement sur lui

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Une réponse à “Les deux Mulets.”

  1. Webmaster Dit :

    Commentaires et observations diverses de MNS Guillon sur les fables de La Fontaine… – 1803.
    Début simple, expression correcte, images vives et pittoresques, L’argent de la Gabelle, impôt sur le sel remontant jusqu’au règne de Philippe de Valois, peut-être même jusqu’à celui de Philippe Long. La clameur publique en sollicitait la suppression enfin consentie par Louis XVI. — D’un pas relevé. C’était bien là le terme propre, le seul convenable à la marche étudiée du glorieux Mulet.
    Champ fort substitue, d’un pas dégagé : ces expressions ne ressemblent ni pour l’harmonie, ni pour la justesse. — Et foisant sonner sa sonnette. Le poète français avait à lutter contre l’harmonie imitative de ce vers de Phèdre: k
    Clarumque jactans tutinnabulum. Sur le Mulet du fisc, ou trésor public. — Et moi j’y tombe et j’y péris. D’autres leçons portent : je péris. — En riant de la sotte. jactance de l’animal, on s’attendrit sur sa catastrophe ; il intéresse encore par son courage à se défendre. C’est dans ce style moitié grave et moitié badin , que Marot rappelle la tragique aventure de Semblannçay, dans son Elégie sur la mort de ce riche infortuné. (Oeuvr. T. I. page 85. )
    Et c’est-là une des sources de cette naïveté fine et piquante, le vrai caractère de son esprit, que notre fabuliste tenoit et de la nature et de l’imitation des anciens.

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