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La poèie de Kateb Yacine

16 avril 2009

Non classé

« La poésie au centre de tout »

 

C’est un éditeur bônois qui publie le premier recueil poétique, Soliloques, tout juste un an après le choc de Mai 1945. Ces premiers poèmes  ont été d’abord lus dans les lieux publics par leur auteur. Si Tahar Ben Lounissi, personnage haut en couleur, figure de Constantine – qui prêtera ses traits dans Nedjma à l’ancêtre dévoyé, Si Mokhtar, – est le mentor de ces équipées poétiques nocturnes. Mais bien vite, le bar, théâtre de l’émergence d’une voix poétique originale, devient le cadre d’un épisode quasi-romanesque, que Kateb a souvent conté: Fortuitement à l’aube, après une nuit blanche, à l’ouverture du bar de l’Escale, la rencontre avec un imprimeur permettra l’édition de cette première plaquette de Soliloques désormais parcourus en silence, qui assemble les poèmes disséminés comme autant d’éclats d’une mémoire déchirée:

Voici ma vie à moi
Rassemblée en poussière 

Ces premiers balbutiements poétiques aux accents baudelairiens, émaillés de références aux romantiques français et allemands,  font entendre un chant de détresse, vociférations d’un  « désespoir malade ».

Je vous reviens avec ma gueule      
De paladin solitaire              
Et je sais que ce soir            
Monteront des chants infernaux

Cette expression à vif d’une conscience meurtrie porte la hantise du sang qui déborde l’imaginaire et donne la pulsation d’une écriture jaillie de la violence historique et du mal d’amour: »Du sang j’en ai partout / Coagulé dans mes souvenirs / Ruisselant dans mes rêves (…) O l’assassin de mes chimères: c’est un ange/ Mort dans la mort/ Des choses sanglantes.  » Seuls antidotes à cette plainte sombrée dans la souffrance, en proie aux tentations suicidaires, d’une part une ironie caustique, un humour jamais en défaut, qui balaient une trop grande complaisance à soi d’autre part une révolte face à l’injustice d’une histoire absurde qui condamne « les pauvres d’un pays de soleil (…) ceux qui sont morts pour les autres, ET POUR RIEN. « 

La solidarité jamais démentie avec un peuple découvert en prison donne sa dimension collective à la plainte lyrique et semble justifier à elle seule la mission du poète. Mais, dès ces premiers Soliloques se mêle bientôt une autre voix qui perturbe les accents monocordes de la plainte solitaire, de l’épopée défunte : »Dans les poitrines meurs un désir de détruire/ Avec une étincelle où se glisse une étoile ». L’image poétique qui germe là annonce le surgissement de l’inconnue chimérique « au parfum sacrilège » qui, s’acheminant vers « la forêt des mythes » guidera la quête initiatique d’une écriture à la recherche de sa propre vérité, lui donnant conjoncturellement, l’espace d’un roman, forme et sens.

À propos de Artisan de l'ombre

Natif de Sougueur ex Trézel ,du département de Tiaret Algérie Il a suivi ses études dans la même ville et devint instit par contrainte .C’est en voyant des candides dans des classes trop exiguës que sa vocation est née en se vouant pleinement à cette noble fonction corps et âme . Très reconnaissant à ceux qui ont contribué à son épanouissement et qui ne cessera jamais de remémorer :ses parents ,Chikhaoui Fatima Zohra Belasgaa Lakhdar,Benmokhtar Aomar ,Ait Said Yahia ,Ait Mouloud Mouloud ,Ait Rached Larbi ,Mokhtari Aoued Bouasba Djilali … Créa blog sur blog afin de s’échapper à un monde qui désormais ne lui appartient pas où il ne se retrouve guère . Il retrouva vite sa passion dans son monde en miniature apportant tout son savoir pour en faire profiter ses prochains. Tenace ,il continuera à honorer ses amis ,sa ville et toutes les personnes qui ont agi positivement sur lui

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