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Au lieu de l’ inter-dit « kateb Yacine »

16 avril 2009

Non classé

Au lieu de l’ inter-dit

Cédant à la convoitise d’un symbolique étranger, l’ amant de la langue-autre ne se veut pas « emprunté » mais affirme sa différence avec force, dans la violence et la transgression par quoi se manifeste une position ambiguë de révolte et de désir. Le renversement poétique qui se donne comme viol de l’ outil linguistique devenu

instrument de domination de l’ Autre branche le texte sur un scénario quasi prométhéen. Le sujet parlant qui s’ approprie la langue des maîtres pour l’ offrir aux siens comme instrument de revanche et de connaissance (« Pour eux (les prolétaires) / J’ai bu Nedjma et son dieu amer ») lui donne essentiellement une fonction de communication. Mais l’ étrangère langue de rupture, dévoie l’ expression de la révolte (« C’est par nous/ que se communique le feu/ Notre chaleur est détournée/ – V.32/34).

Le projet proclamé de dérober le pouvoir de (se) dire dans les mots de l’ autre, se double d’un désir d’altérité inavouable en ce qu’il implique la forclusion de la langue première qui continue à travailler clandestinement au lieu même de l’ interdit. Arme du crime et corps du délit, Nedjma, sosie de l’ étrangère, désigne du même coup une langue en souffrance dans l’ expression française, langue qui, bien qu’imprononçable, structure l’ inconscient. Et un remords lancinant ronge celui qui, prisonnier de la chaîne de communication qu’il a lui-même établie, ne peut retrouver les pulsations intimes d’un territoire maternel pour y enraciner une expression commune féconde (« Nous restons/ déserts »). Il n’est pas étonnant, dès lors, que le vautour totémique, fantasme maternel, se dessine dans le grand oiseau auquel conjoncturellement le sujet s’ identifie dans le sacrifice de Nedjma (V.95-100 : « Fugitivement moribond/ Je m’envole/ Je suis un grand oiseau/ L’ amour est picoré/ Et Nedjma sacrifiée/ Ouvre son coeur/ en parachute »).

Ainsi, la division du sujet s’ éprouve comme déchirement poétique qui force la langue d’emprunt pour la dévoiler et s’ y découvrir dans le même mouvement. Abîme vertigineux et interdit répercutant à l’ infini l’ écho du même où résonne conjointement la mort de l’ autre, creusant cet espace de l’ entre-deux langues, investissant cette fissure comme matricielle. La poésie « à l’ origine de tout » (Kateb) tente de faire de l’ écriture bi-lingue, au lieu même du désastre d’identité, un texte mosaïque et polyphonique.

À propos de Artisan de l'ombre

Natif de Sougueur ex Trézel ,du département de Tiaret Algérie Il a suivi ses études dans la même ville et devint instit par contrainte .C’est en voyant des candides dans des classes trop exiguës que sa vocation est née en se vouant pleinement à cette noble fonction corps et âme . Très reconnaissant à ceux qui ont contribué à son épanouissement et qui ne cessera jamais de remémorer :ses parents ,Chikhaoui Fatima Zohra Belasgaa Lakhdar,Benmokhtar Aomar ,Ait Said Yahia ,Ait Mouloud Mouloud ,Ait Rached Larbi ,Mokhtari Aoued Bouasba Djilali … Créa blog sur blog afin de s’échapper à un monde qui désormais ne lui appartient pas où il ne se retrouve guère . Il retrouva vite sa passion dans son monde en miniature apportant tout son savoir pour en faire profiter ses prochains. Tenace ,il continuera à honorer ses amis ,sa ville et toutes les personnes qui ont agi positivement sur lui

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