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Celle qui rêvait de voir la mer…

29 janvier 2009

LITTERATURE

Par Ali Benmesbah

2ème point :

                      ALe conte proposé : Celle qui rêvait de voir la mer…                                                            

 

         Il était une fois, dans un pays lointain, une femme dont le principal souhait était de voir la mer, de s’y baigner et de passer des journées entières à se dorer au soleil.

Malheureusement pour elle, la mer était loin, très loin de l’endroit où elle vivait et son mari était sans travail.

Il leur fallait beaucoup d’argent pour faire le voyage jusqu’à la mer et ils avaient à leur charge deux enfants : une fille prénommée Lili et un garçon appelé Thomas.

Pour se consoler, elle avait collé au mur une affiche publicitaire qui vantait les avantages et les plaisirs offerts par une station balnéaire où se donnaient rendez-vous chaque été tous les personnages célèbres du monde entier (acteurs de cinéma, chanteurs, émirs du Golfe, hommes d’affaires, banquiers etc…).

Cette affiche était si suggestive que Camille (c’était son nom) avait l’impression de vivre parmi les personnages qui y étaient représentés. Elle n’hésitait pas à les toucher, à leur parler et à les supplier de l’inviter parmi eux.

Son mari, Louis, qui l’aimait beaucoup, se jura d’exaucer son rêve et se mit en cachette à voler à la tire afin de gagner au moins l’argent du voyage.

Lili était excédée par les fréquentes prises de bec qui avaient lieu entre ses parents et pour éviter d’y assister, elle s’arrangeait toujours pour arriver à la maison tard dans l’après-midi. Ce qui lui permettait d’ailleurs de rencontrer en cachette un garçon de son âge qui était épris d’elle et qui avait coutume de faire en sa compagnie une promenade durant laquelle ils faisaient des projets d’avenir.

Thomas, lui, au retour du collège où il étudiait, s’enfermait dans sa chambre et n’en sortait qu’un moment où le dîner était prêt. Qu’y faisait-il ? Mystère…                                                                                                             Un soir parmi d’autres mais qui allait s’avérer différent des autres soirs, après une énième dispute entre le couple à propos de vacances au bord de la mer, Louis exhiba sous les yeux ébahis de son épouse et de ses enfants quatre billets de train pour Cannes et le contrat de location d’un meublé pour quinze jours.

Tous se demandèrent comment Louis, d’ordinaire si peu enclin au travail avait pu se débrouiller pour acheter des billets de TGV à deux cents euros l’un. Il préféra garder le secret pour lui. Pour le moment il avait plaisir à lire dans les yeux de Camille la joie de voir enfin son rêve en voie d’être exaucé.

Néanmoins, une question lui taraudait l’esprit : comment allait-il faire pour payer la location du meublé et subvenir aux dépenses qui seraient occasionnées durant leur séjour à Cannes ? Cette question le tracassait mais il fit mine de ne point y penser tant la joie qui se lisait sur les visages de tous les membres de sa famille faisait plaisir à voir.

Le départ pour Cannes était fixé à la fin du mois de Juin, début des vacances scolaires. Chacun de son côté s’y préparait avec délices.

Les jours passèrent et la veille du départ personne ne trouva le sommeil.

Camille se leva plus d’une fois la nuit pour vérifier l’heure au cadran de la vieille horloge qui trônait dans la cuisine, juste au dessus de l’affiche…

A un moment elle crut déceler un clignement de l’œil chez l’homme qui composait le couple de l’affiche. Elle voulut y regarder de plus près, se rapprocha de l’affiche et crut entendre l’homme lui dire :

- Ne crains rien, Camille, vous serez mes hôtes durant votre séjour à Cannes. Elle sursauta de surprise et l’homme cligna encore de l’œil. Elle ne fit part à personne de ce qui lui arriva.

Le matin trouva les membres de la famille confortablement installés dans le train qui se rendait à Cannes.

Le voyage se déroula dans d’excellentes conditions et quand ils arrivèrent à destination, ils eurent la surprise de se faire happer leurs bagages par des porteurs qui leur demandèrent de les suivre. Ces derniers s’arrêtèrent devant une luxueuse limousine d’où descendit un chauffeur en livrée qui les pria de monter dans cette luxueuse voiture. Encore sous le coup de la surprise ils ne se firent pas prier. Après avoir parcouru quelques kilomètres durant lesquelles ils eurent le loisir d’admirer le spectacle de rêve qu’offraient les rues de Cannes, la voiture s’arrêta devant l’hôtel figurant sur l’affiche.

 

 

Un couple, le même que celui de l’affiche, s’avança pour les accueillir. Un groom leur montra leurs chambres : une grande pour le couple et deux autres plus petites pour les enfants.

Quelques instants plus tard ils se retrouvèrent en compagnie du mystérieux couple à la terrasse  de l’hôtel en train de siroter des boissons glacées.

Un garçon très stylé, le même que celui de l’affiche leur apporta une bouteille de champagne et chacun eut droit à une flûte du meilleur cru. On trinqua de bon cœur et alors le même spectacle qui s’était offert à eux des années durant par le biais de l’affiche, se déroula à leurs yeux réellement.

Ils passèrent tout l’été dans cet hôtel de rêve et leur note fut réglée à l’avance par le couple de l’affiche.

Aucun d’eux n’osa penser à la fin des vacances et au retour là-bas. Ils étaient en plein rêve et voulaient en profiter au maximum. 

 

 

 

BCe qui est modifié par rapport au texte original :

La narration :

       Au niveau de la narration d’abord, il n’y a pas de changement puisque dans les deux récits, l’histoire est racontée par un narrateur extradiégétique. En outre il n’est pas impliqué dans l’histoire : il est donc hétérodiégétique. Néanmoins à ce niveau une remarque s’impose. En effet si dans le récit original nous avons relevé de fréquentes intrusions du narrateur dans le récit pour exprimer des sentiments, donner des points de vue (à l’aide des formules subjectives relevées dans le premier point), dans le conte qui reprend la diégèse développée, aucune intrusion du narrateur n’est relevée et le conte est raconté à la troisième personne exclusivement.

 

 

 

 

Le temps :

Si dans le conte le temps de l’histoire coincide avec le moment de sa narration avec l’utilisation de l’imparfait pour la description ou pour les actions qui durent dans le passé et du passé simple

 pour les évènements, dans le récit de Philippe Raulet, il est difficile de se prononcer tant le récit se déroule de manière déroutante. Il se déroule par « saccades », par touches successives. Il ressemble à un tableau de peinture mais pas n’importe lequel, surtout pas un tableau classique.

A un moment le narrateur parle du ciel bleu qu’il voit à travers les carreaux. Il le compare au ciel du film (qui passe à la télévision). Ce qui lui permet à travers le procédé de l’enchâssement de raconter la scène du film et l’intermède consacré au spot publicitaire et cela au présent de narration avec des intrusions du conditionnel pour exprimer les suppositions qu’il semble faire plutôt que semble faire Louis…

Il utilise aussi le même temps (le présent de narration) pour décrire l’affiche publicitaire alors que dans un récit classique c’est l’imparfait qui aurait été utilisé.

 

 

L’ordre : 

Dans le conte les évènements suivent un ordre chronologique : il y a une situation initiale où l’on présente la famille, le déroulement des évènements et la situation finale ou dénouement qui diffère de celui du récit de Raulet.

Dans ce dernier il a un peu de tout mais pas d’ordre régressif.

 

 

La focalisation :

 Dans le récit de Raulet les choses et les évènements sont donnés du point de vue d’un narrateur omniscient qui surplombe et domine le récit. Il sert aussi de régie à d’autres points de vue par les variations de focalisation.

Le récit se focalise à tour de rôle sur l’un ou l’autre personnage (les membres de la famille notamment).

Le narrateur rapporte leurs pensées, leurs « ruminations », il sait tout sur eux.

Le conte lui, est raconté à la troisième personne par un narrateur omniscient aussi mais il semble se dérouler de lui-même, il « coule de source ».

 

 

La voix :  

Dans le conte, cette focalisation est traduite linguistiquement à la troisième personne car il n’y a que du récit.

Ce qui n’est pas le cas dans le roman de Philippe Raulet car il y a le récit et le discours : discours direct dans les dialogues, discours indirect libre lorsque chacun des personnages est « dans sa tête » et discours rapporté.

Donc il ne peut pas y avoir une seule personne mais on notera la prédominance de la troisième personne du singulier à savoir le pronom indéfini on

 

 

Verbal / non verbal :

Dans le conte il n’y a que de la narration donc les paroles supposées prononcées sont métabolisées par le récit.

Ce qui n’est pas le cas du roman où nous avons relevé des dialogues lorsque les personnes concernées sont l’une en face de l’autre, des paroles supposées prononcées et traduites en dialogue indirect ainsi que d’autres transposées en style indirect libre.

 

Néanmoins ce qui distingue fondamentalement les deux textes, c’est le dénouement. Dans le roman la fin est ouverte : on ne sait pas comment « l’aventure » se terminera « là-bas »… Ce qui donne lieu à l’incertitude.

 

 

Dans le conte, parce que c’est un conte donc un récit où intervient l’inattendu, le merveilleux, la fin est heureuse : c’est le » happy- end « et le manque initial est comblé, du moins pendant la période des vacances. On aurait pu imaginer une autre fin où le retour dans l’autre « là-bas » ne

se ferait plus mais comme une fin n’est jamais totalement finie, il y a donc moult  possibilités d’imaginer le dénouement d’un conte merveilleux.                      

À propos de Artisan de l'ombre

Natif de Sougueur ex Trézel ,du département de Tiaret Algérie Il a suivi ses études dans la même ville et devint instit par contrainte .C’est en voyant des candides dans des classes trop exiguës que sa vocation est née en se vouant pleinement à cette noble fonction corps et âme . Très reconnaissant à ceux qui ont contribué à son épanouissement et qui ne cessera jamais de remémorer :ses parents ,Chikhaoui Fatima Zohra Belasgaa Lakhdar,Benmokhtar Aomar ,Ait Said Yahia ,Ait Mouloud Mouloud ,Ait Rached Larbi ,Mokhtari Aoued Bouasba Djilali … Créa blog sur blog afin de s’échapper à un monde qui désormais ne lui appartient pas où il ne se retrouve guère . Il retrouva vite sa passion dans son monde en miniature apportant tout son savoir pour en faire profiter ses prochains. Tenace ,il continuera à honorer ses amis ,sa ville et toutes les personnes qui ont agi positivement sur lui

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