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Le 19 ème siècle

26 janvier 2009

Non classé

     Dans la plaine rase, sous la nuit sans étoiles, d’une obscurité et d’une épaisseur d’encre, un homme suivait seul la grande route de Marchiennes à Montsou,  dix kilomètres de pavé

  Coupant tout droit, à travers les champs de betteraves. Devant lui, il ne voyait même pas le   sol noir, et il n’avait la sensation de l’immense horizon plat que par les souffles du vent de mars, des rafales larges comme sur une mer, glacées d’avoir balayé des lieues de marais     et de terres nues. Aucune ombre d’arbre ne tachait le ciel, le pavé se déroulait avec la rectitude d’une jetée, au milieu de l’embrun aveuglant les ténèbres.

     L’homme était parti de Marchiennes vers deux heures. Il marchait d’un pas allongé, grelottant sous le coton aminci de sa veste et de son pantalon de velours. Un petit paquet, noué dans un mouchoir à carreaux, le gênait beaucoup ; et il le serrait contre ses flancs, tantôt d’un coude , tantôt de l’autre, pour glisser au fond de ses poches les deux mains à la fois, des mains gourdes que les lanières du vent d’est faisaient saigner. Une seule idée occupait sa tête vide d’ouvrier sans travail et sans gîte, l’espoir que le froid serait moins vif après le lever du jour. Depuis une heure, il avançait ainsi, lorsque sur la gauche à deux kilomètres de Montsou, il aperçut des feux rouges, trois brasiers brûlant au plein air, et comme suspendus. D’abord il hésita, pris de crainte ; puis, il ne put résister au besoin douloureux de se chauffer un instant les mains.      

    Un chemin creux s’enfonçait. Tout disparut. L’homme avait à droite une palissade, quelque mur de grosses planches fermant une voie ferrée ; tandis qu’un talus d’herbe s’élevait à gauche, surmonté de pignons confus, d’une vision de village aux toitures basses et uniformes. Il fit environ deux cents pas. Brusquement, à un coude du chemin, les feux reparurent prés de lui, sans qu’il comprit davantage comment ils brûlaient si haut dans le ciel mort, pareil à des lunes fumeuses. Mais, au ras du sol, un autre spectacle venait de l’arrêter. C’était une masse lourde, un tas écrasé de constructions, d’où se dressait la silhouette d’une cheminée d’usine ; de rares lueurs sortaient des fenêtres encrassées, cinq ou six lanternes tristes étaient pendues dehors, à des charpentes dont les bois noircis alignés vaguement des profils de tréteaux gigantesques ; et, de cette apparition fantastique, noyée de nuit et de fumée,  une seule voix montait, la respiration grosse et longue d’un échappement de vapeur, qu’on ne voyait point. (…)

   Le Voreux, à présent, sortait du rêve. Etienne  , qui s’oubliait devant le brasier à chauffer ses pauvres mains saignantes , regardait , retrouvait chaque partie , le hangar goudronnée du criblage  , le beffroi  du puits , la vaste chambre de la machine d’extraction , la tourelle carrée de la pompe d’épuisement  . Cette fosse tassée au fond d’un creux , avec des constructions trapues de briques , dressant sa cheminée comme une corne menaçante , lui semblait avoir un air mauvais de bête goulue , accroupie là pour manger le monde .                    

                                                                           Extrait de la 1ère partie de « Germinal » d’Emile Zola                                                

       QUESTIONS

I -   1 – Par quoi se caractérise le  19ème siècle ?  2 pts

       2 – Citez les différents  courants littéraires qui ont marqué cette époque   2 pts

       3 – En quoi sont-ils différents ? 3 pts

       4 – En quoi consiste le naturalisme ?  2 pts

       5 – Quels sont les grands principes sur lesquels s’appuie Zola pour édifier le cycle romanesque des  

             Rougon-Macquart ?  1,5 pt

       6 – Quelle est la fonction du titre et quel rapport entretient-il avec son texte ? 1,5 pt

II    1 – Donnez un bref aperçu sur le titre « Germinal » 1,5 pt

         2 – Que décrit-on dans cet extrait ?  1,5 pt

         3 – Quels sont les thèmes développés  1 pt

         4 – Par quoi se caractérise Etienne Lantier 1pt

      5 – Analysez le passage suivant : « il n’avait la sensation de l’immense horizon plat que par les    

             souffles du vent de mars » 1,5 pt

        6 – En quoi l’apparition fantastique de la mine était-elle effrayante ? 1,5 pt

                                                                                                                                                     

   UNIVERSITE  IBN KHALDOUN  DE TIARET.                             Année universitaire 2004-2005

   FACULTE DES SCIENCES HUMAINES.

   MODULE : AUTEURS FRANÇAIS.                                                                               

   TEXTE : 

À propos de Artisan de l'ombre

Natif de Sougueur ex Trézel ,du département de Tiaret Algérie Il a suivi ses études dans la même ville et devint instit par contrainte .C’est en voyant des candides dans des classes trop exiguës que sa vocation est née en se vouant pleinement à cette noble fonction corps et âme . Très reconnaissant à ceux qui ont contribué à son épanouissement et qui ne cessera jamais de remémorer :ses parents ,Chikhaoui Fatima Zohra Belasgaa Lakhdar,Benmokhtar Aomar ,Ait Said Yahia ,Ait Mouloud Mouloud ,Ait Rached Larbi ,Mokhtari Aoued Bouasba Djilali … Créa blog sur blog afin de s’échapper à un monde qui désormais ne lui appartient pas où il ne se retrouve guère . Il retrouva vite sa passion dans son monde en miniature apportant tout son savoir pour en faire profiter ses prochains. Tenace ,il continuera à honorer ses amis ,sa ville et toutes les personnes qui ont agi positivement sur lui

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