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L’être et le paraître

12 septembre 2008

BENBRAHIM DJILALI

clmentmarot1.jpgZitna fi bitna L’être et le paraître  

De Benbrahim Djilali

L’être et le paraitre

Au tout début, nous étions  cinq personnes, qui s’ennuyaient à ne rien faire et qui décidèrent un jour de se rendre utiles. Nous constituâmes le noyau central de ce qui allait devenir une association caritative prenant en charge les enfants scolarisés malvoyants en difficulté.

Nous avons gagné à notre cause plusieurs enseignants, des opticiens et des ophtalmologues ; chacun  d’eux était décidé à porter assistance à ces pauvres chérubins qui ne demandaient qu’à étudier. Des parents d’élèves venaient nous féliciter pour le travail que nous faisions, et pour les bons résultats acquis à l’école par leurs enfants. Nous étions fiers et comblés de bonheur car nos efforts n’étaient pas vains. Nous avons travaillé ainsi durant deux bonnes années … notre association a pris de l’ampleur, dans une ambiance familiale, mais non sans embûches.

              Un jour, je fus convoqué par les autorités locales, qui me félicitèrent pour le travail accompli par mon groupe et qui décidèrent de nous octroyer un local ainsi qu’une aide financière, à titre d’encouragement…. seulement, pour cela, il nous fallait, avoir un agrément, en tant qu’association légalement constituée.

            Les préparatifs allèrent bon train et  nous prirent plusieurs mois pour ce faire. Le jour de l’assemblée générale,  en pénétrant  dans la salle de conférence  mise à notre disposition par le maire pour l’occasion,   j’étais très réjoui de voir qu’elle était pleine à craquer, et que notre mission intéressait autant de monde.

            C’est peut être en voyant cette assistance se lever pour m’ovationner que j’ai pris la grosse tête.  En effet, après la désignation des membres du bureau, il ne restait qu’une formalité à remplir, à savoir ma désignation comme Président de l’Association. Or, au moment où le président de la séance se tournât vers moi pour proposer à l’assistance un plébiscite en ma faveur, un jeune, se leva dans l’assistance pour protester contre cette façon de faire à la Soviet Suprême, et proposa sa candidature.

            Au moment où je rédige ce papier, je ne m’explique pas encore sur ce qui m’est arrivé…, me sentant touché dans mon orgueil et voyant dans mon for intérieur mes platebandes piétinées, j’ai bondi de ma place, hors de moi, en arrachant le micro au président de la séance en tançant vertement ce jeune, qui a osé remettre en cause,   l’ « Ordre Etabli »,  en lui lançant : «  Qui es tu jeune sot ! Toi, qui ne respecte même pas tes aînés, et qui vient, toute honte bue, me disputer un  poste qui me revient de droit car je me considère légitimement légitime et conforté dans ma légitimation…. »

Le lourd silence régnant dans la salle me rappela à l’ordre ; je me suis calmé subitement en lançant un regard interrogateur et hagard vers une assistance, hébétée, étonnée et surprise d’entendre de ma bouche de tels propos.

             Le jeune effronté reprenant la parole me cloua aux piloris encore une fois et me donna l’estocade en m’affirmant que son souci n’était point de briguer ce poste mais de mettre à l’épreuve l’esprit d’abnégation du futur président de l’Association. Ce qui m’obligea à ravaler ma vanité.

             « Oustad ! » me dit il, « je vous croyais différent des autres et je constate  que finalement vous n’êtes pas celui que vous paraissiez être,  je laisserai Clément Marot vous répondre par ceci : « …la différence de nous deux est l’être, tu ne peux être ce que je suis, et ce que tu es, chacun le peut être. »

Désabusé par ce qui m’est arrivé, j’ai décidé de renoncer définitivement à tout  mandat électif…

                                                           Djilali Benbrahim

L’écho de Tiaret -hebdomadaire régional d’informations générales  - N°15 du 21 au 27 décembre 2006

À propos de Artisan de l'ombre

Natif de Sougueur ex Trézel ,du département de Tiaret Algérie Il a suivi ses études dans la même ville et devint instit par contrainte .C’est en voyant des candides dans des classes trop exiguës que sa vocation est née en se vouant pleinement à cette noble fonction corps et âme . Très reconnaissant à ceux qui ont contribué à son épanouissement et qui ne cessera jamais de remémorer :ses parents ,Chikhaoui Fatima Zohra Belasgaa Lakhdar,Benmokhtar Aomar ,Ait Said Yahia ,Ait Mouloud Mouloud ,Ait Rached Larbi ,Mokhtari Aoued Bouasba Djilali … Créa blog sur blog afin de s’échapper à un monde qui désormais ne lui appartient pas où il ne se retrouve guère . Il retrouva vite sa passion dans son monde en miniature apportant tout son savoir pour en faire profiter ses prochains. Tenace ,il continuera à honorer ses amis ,sa ville et toutes les personnes qui ont agi positivement sur lui

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