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Oranges sataniques (H.S)

11 août 2008

Non classé

Oranges sataniques

Posté par Rabah le 9 août 2008

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Le journal des locales Edition du 28/7/2003

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Une ville, une histoire
Oranges sataniques
Par Hanane Saker 

Songe Il entrevit une sainte habillée en blanc et le fit savoir à tout le village.

Au village, il était considéré comme le grand sorcier blanc. Nous sommes en 1950 et Trezel (aujourd’hui Sougueur) gros bourg rural planté sur la plaine du Nador, dans la Sersou, n’était peuplé que de quelques milliers d’âmes dont la majorité était des colons. Il touchait à tout M. Mommeja, il savait tout et pouvait réparer un vase de cristal cassé en petits morceaux.
        En 1948, au lendemain de l’Armistice alors que le village s’éclairait à la bougie et au quinquet, il bricola un groupe électrique avec Dieu seul sait trop quoi et réussit à donner du courant à tous ceux qui le demandaient. L’inconvénient était que ce groupe faisait beaucoup de bruit, qu’il ne laissait personne dormir et n’alimentait les foyers que jusquà 23h. Résultat des courses : le film projeté dans la petite salle de cinéma de M. Lahcène Benbrahim  s’arrêtait au beau milieu du spectacle et personne n’y pouvait rien. Lorsque l’EGA prendra la suite, M. Mommeja, qui habitait hors du village, se découvrait un autre violon d’Ingres. Acclimater la mandarine au pays du blé.
         Au bout de quatre ans de soins intensifs, les premiers orangers offrirent enfin leurs fruits. Et ils étaient délicieux.
Tellement délicieux que des chenapans désoeuvrés se firent un point d’honneur d’en vider méthodiquement tous les arbustes. M. Mommeja, qui avait plus d’une flèche à son arc, eut, un soir de grande déprime, une idée lumineuse : faire croire à la population, en général crédule, que ses champs étaient habités par un esprit sacré.
Pour cela, il fera courir le bruit ? le fameux téléphone arabe ? qu’il avait entrevu au cours d’un songe une sainte habillée tout de blanc et qui lui demandait de lui construire une «haouita», c’est-à-dire un espace de quelques mètres carrés entourés d’un petit mur en pierre construit en demi-cercle. Et pour bien montrer aux Arabes qu’on ne badinait pas avec le sacré, il construira en effet cette «haouita», au bout de son orangeraie et sacrifiera même un mouton.
      La légende de Lalla Kheïra était née. On viendra la prier de tout le canton.
Et, curieusement, depuis ce jour-là, aucune mandarine ne sera volée à M. Mommeja. Quelques pochards, en quête de vin, viendront, le soir, tenter le diable pour y piquer la petite monnaie que les pèlerins de Lalla Kheïra avaient laissée.

H. S.

À propos de Artisan de l'ombre

Natif de Sougueur ex Trézel ,du département de Tiaret Algérie Il a suivi ses études dans la même ville et devint instit par contrainte .C’est en voyant des candides dans des classes trop exiguës que sa vocation est née en se vouant pleinement à cette noble fonction corps et âme . Très reconnaissant à ceux qui ont contribué à son épanouissement et qui ne cessera jamais de remémorer :ses parents ,Chikhaoui Fatima Zohra Belasgaa Lakhdar,Benmokhtar Aomar ,Ait Said Yahia ,Ait Mouloud Mouloud ,Ait Rached Larbi ,Mokhtari Aoued Bouasba Djilali … Créa blog sur blog afin de s’échapper à un monde qui désormais ne lui appartient pas où il ne se retrouve guère . Il retrouva vite sa passion dans son monde en miniature apportant tout son savoir pour en faire profiter ses prochains. Tenace ,il continuera à honorer ses amis ,sa ville et toutes les personnes qui ont agi positivement sur lui

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